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Une question de volonté et d’empathie pour Abdelhakim Aouhal

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MAGAZINE. En 2026, la célébration du ramadan par la communauté musulmane se tiendra du 17 février au 19 mars. L’Express Magazine s’est entretenu avec un pratiquant de longue date drummondvillois pour comprendre ce que ce rituel représente sur le plan personnel.

Abdelhakim Aouhal est un consultant réglementé en immigration canadienne. Âgé de 47 ans, le musulman est né et a grandi au Maroc. Ce dernier a passé une partie de sa vie en France avant de s’installer à Montréal, en 2009, puis à Drummondville, en 2012.

Celui qui est également sociologue et politologue de formation effectue le ramadan depuis qu’il a 13 ans. La pratique devient obligatoire pour les musulmans au moment d’atteindre la puberté, mais Abdelhakim l’effectuait quelques journées durant le mois avant cela.

«Souvent, les enfants ont envie de relever ce défi avec leurs parents. Je me souviens que j’étais hypercontent la première fois que j’ai pu le faire [en entier] parce que c’est quand même tout un défi. C’est aussi une belle célébration pour la famille quand ça arrive», relate-t-il.

Les pratiquants du ramadan ne peuvent manger ou boire qu’après le coucher du soleil. (Photo : Deposit)

Depuis sa première expérience, le Drummondvillois n’a jamais eu trop de difficulté à passer à travers ses nombreux ramadans. «Pour celui de cette année, ce sera facile. [Quand ça arrive] l’hiver, tu as le temps de veiller le soir et de te reposer, mais c’est clair que lorsque ça tombe durant l’été, c’est plus difficile», reconnait le quadragénaire.

Exercice physique et mental

Pour Abdelhakim Aouhal, le ramadan est, certes, un exercice physique, mais tout autant «une discipline émotionnelle et psychologique». «C’est vraiment une question d’organisation : si tu t’hydrates bien, si tu sais gérer ton alimentation et que tu adaptes ton horaire pour arriver à bien dormir, tu ne devrais pas avoir de souci», énumère-t-il.

Pour lui, tout se joue au mental. «C’est aussi l’occasion de museler ses envies et de développer notre patience, que ce soit en se retenant de prendre un café ou de fumer une cigarette durant le jour. On doit être capable de s’autocontrôler en tant qu’humain», croit M. Aouhal.

Si pour certains la période annuelle rime avec une baisse d’énergie, c’est tout le contraire pour le marocain d’origine. «Le mois où j’ai le plus d’énergie, c’est durant le ramadan parce que je mange peu, je m’hydrate bien et je me concentre plus sur moi-même. Le jeûne intermittent est bon pour [ma] santé», indique le sociologue.

Par ailleurs, Abdelhakim Aouhal a compris, au fil des années, que la pratique lui sert également à mieux comprendre la réalité des gens dans le besoin. «Quand je fais le ramadan, je sens, par exemple, la souffrance des nécessiteux qui n’ont rien à manger. En n’avalant rien pendant toute la journée, je ressens ce que ça fait de ne pas manger et je comprends ce qu’ils ressentent», soutient-il.

C’est aussi le moment où la communauté musulmane s’entraide. Quelqu’un qui ne peut pas effectuer le ramadan, pour des raisons de santé notamment, peut compenser en nourrissant quelqu’un qui le fait, explique Abdelhakim.

Pour lui, le ramadan transmet des valeurs universelles comme la gratitude, la solidarité et l’échange. C’est ainsi une occasion pour soutenir les gens dans le besoin que ce soit financièrement ou en denrée alimentaire. «C’est vraiment le mois où l’on incite [les gens de la communauté] à donner davantage. Ça m’invite aussi à donner plus», témoigne le pratiquant de longue date.

Perceptions évolutives

Depuis son arrivée à Drummondville, il y a 13 ans, Abdelhakim Aouhal a remarqué une évolution à la fois dans le nombre de personnes effectuant le ramadan, mais aussi en ce qui a trait aux gens qui s’intéressent au rituel.

Le consultant réglementé en immigration canadienne pratique le ramadan depuis l’âge de 13 ans. (Photo : William Hamelin)

«C’est sûr que, au niveau culturel, c’est un peu différent parce que, dans mon pays, tout le monde, ou presque, fait le ramadan. Le Maroc est composé d’environ 90 % à 95 % de musulmans et on n’a pas beaucoup d’autres communautés en fait. Quand je suis arrivé à Drummondville, il y avait peut-être une dizaine de familles musulmanes, mais pas autant qu’à Montréal», détaille-t-il.

«Aujourd’hui, on est pas mal plus nombreux et on est même rendu avec un centre communautaire : le Centre communautaire Musulman de Drummondville. Le soir, après la rupture du jeûne, autour de 250 personnes se rassemblent dans un local pour manger. Vers la fin du ramadan, on peut être jusqu’à 1000 personnes», s’émerveille le Drummondvillois.

Il y a aussi des non-musulmans dans son entourage qui le questionnent pour en savoir davantage. «On est moins dans cette logique de méconnaissance et de méfiance. Maintenant, les gens cherchent l’information et te posent des questions sur comment ça se passe. Il y en a encore qui ont des préjugés, mais, en général, le monde est ouvert à notre culture», observe le politologue.

En terminant, pour celles et ceux qui voudraient accompagner une connaissance dans sa pratique du ramadan, Abdelhakim Aouhal a quelques conseils. Il recommande de planifier sa journée pour s’assurer de bien s’hydrater et bien dormir, ne pas trop manger le soir après la journée de jeûne puisque ce n’est pas bon pour l’estomac et le sommeil, et être prêt mentalement pour durer tout le mois.

En quoi consiste le ramadan?

Le ramadan correspond au neuvième mois du calendrier islamique, pendant lequel les musulmans doivent s’astreindre à certaines privations entre le lever et le coucher du soleil. Les pratiquants ne doivent, entre autres, ni manger, ni boire, ni fumer, ni avoir de rapports sexuels durant la période du jeûne quotidien.

Le calendrier islamique est un de type lunaire réglé sur les phases de la Lune. Chaque mois commence après la nouvelle lune, lorsque le premier croissant est visible, contrairement au calendrier grégorien qui se base sur le cycle de révolution de la Terre autour du Soleil. C’est pour cette raison que le ramadan n’arrive jamais à la même période chaque année.

Abdelhakim Aouhal mentionne que le ramadan est l’un des cinq piliers de l’islam et sert aussi à fêter la nuit du Destin commémorant la révélation du Coran, le livre sacré de la religion musulmane, au prophète Mahomet.

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