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Un groupe autochtone a intenté la toute première contestation judiciaire en lien avec la construction de la route vers le Cercle de feu. Le groupe Friends of the Attawapiskat River (Les Amis de la rivière Attawapiskat), demande à la Cour fédérale d’annuler l’approbation qu’Ottawa a attribuée à la route d’approvisionnement de Webequie, en raison de préoccupations concernant les droits autochtones et l’impact environnemental.
Le ministère de l’Environnement avait révisé une évaluation d’impact fédérale qui a pris six ans avant de donner son autorisation, bien que le rapport final prévient que le projet est susceptible d’entraîner des effets négatifs sur les peuples autochtones .
L’appui fédéral a donné le feu vert à l’Ontario pour entamer la construction d’une route de 107 kilomètres praticable en toute saison, qui relie la Première Nation de Webequie à la région du lac McFaulds, où se trouve le gisement minier du Cercle de feu.

Michel Koostachin se dit surpris que d'autres communautés n'aient pas encore intenté d'action en justice pour s'opposer à la construction des routes vers le Cercle de feu.
Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo
Friends of the Attawapiskat River estime qu’il est nécessaire d’effectuer une révision judiciaire du projet qu’il qualifie de fondamentalement déraisonnable et vicié à la base .
« C’était très surprenant de voir qu’elle l’a approuvé [le projet de construction de route] dans les six jours qui ont suivi la publication de ce rapport », lance Michel Koostachin, fondateur du groupe citoyen.
Ils savent que tout dommage, destruction ou contamination de notre territoire traditionnel aura des effets irréversibles. Nous ne pourrons jamais réparer ce qui aura été endommagé, étant donné que nous dépendons du poisson et de la faune , ajoute-t-il.
Ils sont censés nous informer, et non approuver des projets qui détruiraient notre territoire traditionnel.

Les tracés à l'étude pour relier le Cercle de feu au réseau routier de l'Ontario.
Photo : Gouvernement de l'Ontario
Une contestation nécessaire
La route d’approvisionnement de Webequie n’est pas le seul projet routier dans le viseur du gouvernement provincial pour développer le Cercle de feu. La route d’accès communautaire de Marten Falls, ainsi que la route de raccordement du Nord, font également l’objet de deux évaluations environnementales et d’impacts distinctes.
Kate Kempton, avocate principale au cabinet d’avocats Woodward and Company, croit que le fait d’évaluer les trois projets séparément, plutôt que conjointement, minimise la prise en compte réelle des impacts.
L’avocate précise que les évaluations environnementales mènent majoritairement à des approbations.

Kate Kempton affirme que d'autres recours judiciaires verront bientôt le jour.
Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo
L’une des façons dont ils [les gouvernements] s’en tirent pour tout approuver est de se contenter de faire une évaluation environnementale sur un petit segment d’un projet, plutôt que d’examiner adéquatement l’ensemble, déclare-t-elle.
Leur véritable but est d’ouvrir l’ensemble du territoire. Quand on regarde la situation dans sa globalité, les impacts seront au-delà du dévastateur. Ils pourraient très bien être catastrophiques.
Malgré les résultats d’évaluations qui attestent d’importants effets néfastes pour les communautés autochtones, l’avocate déclare qu’il est tout à fait possible qu’ils [Friends of the Attawapiskat River] perdent cette cause.
Le groupe citoyen espère que d’autres communautés des Premières Nations se rallieront à leur cause.
Il ne fait aucun doute qu’il y aura d’autres contestations judiciaires plus vastes. Je ne peux pas en dire davantage, mais je suis au courant d’au moins l’une d’entre elles , souligne l’avocate.
Le fédéral et la province se renvoient la balle
Dans un courriel, le ministère de l’Énergie et des Mines de l’Ontario souligne que cette action en justice vise le gouvernement fédéral ; c’est donc à lui qu’il convient de poser vos questions !
Interrogé à son tour, Service aux Autochtones Canada répond que vos questions relèvent plutôt du ministère des Affaires autochtones et de Réconciliation économique avec les Premières Nations de la Province de l’Ontario .
Le ministère des Affaires autochtones de l’Ontario, ainsi que le ministère de l’Environnement du Canada n’ont pas répondu à notre demande d’entrevue.


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