NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Vendredi dernier, alors que la ministre de la Santé présentait sa nouvelle politique en première ligne, elle a affirmé du même souffle vouloir faire du CLSC la porte d’entrée du système de santé. Très peu de mesures concrètes ont été annoncées, outre celle de permettre aux usagers et à leurs proches de remplir des demandes en personne, et non seulement par téléphone. Si nous en savons très peu sur la forme que prendra cette porte d’entrée, nous savons toutefois ce qu’elle ne sera pas. « Si vous souffrez de fièvre, la solution n’est pas le CLSC », a expliqué la ministre.
Mais la première ligne, c’est quoi, au juste ? C’est s’occuper de la majorité des besoins en santé des individus et des communautés, en équipe. Alors, pourquoi en exclure le médical ? Les CLSC ont été fondés pour faire exactement l’inverse : intégrer les soins et la prévention en favorisant l’interdisciplinarité.
On le sait, dans plusieurs milieux, les CLSC ont été boudés par les médecins, ce qui les a empêchés de devenir ce qu’ils auraient dû devenir. Mais les autres professionnels ont répondu présents. Les programmes se sont développés, l’interdisciplinarité y a fleuri. Affirmer que les médecins n’ont pas à être des chefs d’orchestre, alors qu’ils ont été aux abonnés absents, c’est ne pas reconnaître ce qui existe depuis toujours. C’est aussi ne pas reconnaître les besoins du milieu.
Comme infirmière clinicienne au soutien à domicile en région, je travaillais avec une équipe complète : intervenantes psychosociales, en réadaptation, éducateur spécialisé, nutritionniste, inhalothérapeutes et auxiliaires en santé et services sociaux. Enfin, presque complète… aucun médecin ni IPS (infirmière praticienne spécialisée) n’en faisait partie.
Lorsque je dirigeais un usager vers l’urgence, c’est parce qu’il avait besoin d’une évaluation médicale. La santé des patients se détériorait trop souvent à domicile, faute de suivi. J’étais parfois confrontée à des médecins qui refusaient de me parler — j’ai constaté plus tard qu’il s’agit de la norme dans certains milieux.
Le CLSC a pourtant besoin de médecins et d’IPS.
Le gouvernement souhaite mettre fin au réflexe de se tourner vers un médecin. J’allais écrire qu’on ne peut pas supprimer un réflexe quand les ressources font défaut… Sauf qu’aujourd’hui, je suis IPS en CLSC, à Montréal. Je travaille avec des médecins et des IPS. Et, oui, les gens viennent nous voir pour de la fièvre. Nous offrons du sans rendez-vous, en plus de la prise en charge.
À ce CLSC se trouve un médecin qui y pratique depuis les années 1970. J’adore l’écouter raconter ce qu’était l’endroit à ses débuts : la trentaine de médecins qui y pratiquaient, les patients vus chaque jour en urgence mineure. Fascinant, mais triste, aussi, que ce modèle ait été abandonné au fil des ans. Les gouvernements successifs ont choisi de miser sur les GMF, alors que ce modèle privé s’attire son lot de critiques. À cela s’ajoutent maintenant les inscriptions collectives.
J’ai commencé ma pratique le mois dernier. Ma nouvelle région compte une importante enseigne de cliniques médicales. Très rapidement j’ai cessé de compter le nombre de patients vus en sans rendez-vous qui sont associés à ce GMF — des patients qui, dans un très grand nombre de cas, l’ignoraient. Cette clinique reçoit fort probablement des sommes considérables pour des usagers qu’elle n’est pas en mesure de servir, et que le GAP dirige vers le CLSC. Quel gaspillage de fonds publics, alors que Santé Québec impose des économies de bouts de chandelle au réseau.
Parmi les patients associés à cette clinique figure une personne que j’ai prise en charge à domicile et qui n’est plus en mesure de sortir de chez elle. Une autre personne vulnérable est venue à notre clinique : le GAP (guichet d’accès à la première ligne) l’avait dirigée vers une de mes plages horaires pour un renouvellement de médication. Cette personne n’a jamais mis les pieds dans cette clinique et je lui ai offert de la prendre en charge. C’est ce GMF qui continuera de recevoir les sommes, puisque j’attends que les IPS puissent faire des inscriptions à la Régie de l’assurance maladie du Québec.
On dit que les CLSC ne sont pas devenus ce qu’ils auraient dû être en raison des médecins. Mais les temps ont évolué. Rien n’empêche de créer des postes pour les IPS ; nombreuses sont celles qui répondront présentes. Et on pourra toujours compter sur le petit pourcentage de médecins qui y pratiquent — en continuant d’espérer qu’il grossira.
Comme le dit la mère d’une petite patiente dans la conclusion du très beau documentaire À mon chevet : « La santé, c’est pas un business. » Si le CLSC doit réellement devenir la porte d’entrée de la première ligne, encore faut-il le traiter comme tel — et avoir le courage de choisir le système public. Pour que, si vous souffrez de fièvre, le CLSC soit la solution.


3 month_ago
14



























.jpg)






French (CA)