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Plus d’un an après son lancement, la plateforme de covoiturage Embarque BSL ne connaît pas le succès attendu. Le Collectif régional de développement (CRD) du Bas-Saint-Laurent compte maintenant mettre les bouchées doubles pour améliorer le service et mieux le faire connaître.
Le site web qui permet de créer des liens entre des automobilistes et des passagers potentiels a été développé pour offrir une solution complémentaire au transport en commun.
L’utilisation a été intéressante, mais pas à la hauteur de ce qu’on aurait pu espérer, mentionne la directrice au développement régional pour le Collectif régional de développement du Bas-Saint-Laurent, Shanti Sarrazin.
Entre le lancement de la plateforme, le 20 septembre 2024, et le 1er décembre 2025, 17 000 personnes ont visité le site Internet. 1006 personnes l’ont utilisé, soit pour offrir un déplacement ou en rechercher un, ce qui a généré 642 transports.

La directrice au développement régional pour le Collectif régional de développement du Bas-Saint-Laurent, Shanti Sarrazin
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
La directrice croit fermement en ce projet et estime qu’il faut prendre le temps de connaître la plateforme, de se familiariser avec et de la consulter fréquemment. Ça demande surtout des changements de comportement, donc on se rend compte que c’est peut-être un petit peu plus lent que ce qu’on aurait espéré, ajoute-t-elle.
On a mis beaucoup d’argent public là-dedans, puis on veut lui donner la chance de vivre, lui donner la chance de bien s’implanter dans le territoire.
Les résultats sont tout de même encourageants pour la suite, selon Shanti Sarrazin. On se rend compte que c’est sur du long cours qu’on réussit à implanter des solutions comme ça.
L’arrivée d’un nouveau joueur
Le CRD voulait créer une offre structurée jusque-là inexistante. Quand on a décidé d’aller vers l’implantation d’une solution technologique de covoiturage [...], c’était pour combler un manque, combler un vide, indique Mme Sarrazin.
Embarque BSL n’est cependant pas resté seul bien longtemps. L’hiver dernier, le service de covoiturage AmigoExpress, fondé il y a vingt ans, a décidé d’étendre son offre à toutes les régions du Québec avec son volet local.
L’entreprise est présente au Bas-Saint-Laurent depuis le printemps. On a vraiment mis le Québec à l’ère du covoiturage pour ce qui est des longues distances, alors je me suis dit : pourquoi ne pas faire la même chose sur de plus courtes distances? soulève le directeur général et fondateur d’AmigoExpress, Marc-Olivier Vachon.
On partait avec une masse critique d’abonnés. Depuis les débuts, je pense qu’il y a un million de personnes qui sont passées par AmigoExpress, ajoute M. Vachon.
De son propre aveu, les chiffres sont plutôt faibles. C’est très modeste la percée qu’on a dans toutes les régions. Le nombre d'abonnés est toutefois en progression dans des villes comme La Pocatière, Rivière-du-Loup, Rimouski et Matane.

Entre avril et décembre 2025, le nombre d'inscriptions sur AmigoExpress Local est passé de un à 26 pour Rimouski et de deux à 13 pour Rivière-du-Loup. (Photo d'archives)
Photo : Getty Images / miodrag ignjatovic
Le fondateur d’AmigoExpress entend cependant garder le cap. Peut-être que d’ici trois ans, on va avoir réellement une masse critique de gens, puis que, là, ça va vraiment démarrer.
Le CRD ne s’inquiète pas de l’arrivée de cette autre plateforme de covoiturage. Tout ce qu’on veut nous, c’est que la population du Bas-Saint-Laurent ait accès au plus large éventail de solutions de transports sur le territoire, fait valoir Shanti Sarrazin.
S’il y a d’autres options, on ne les voit pas comme concurrentes, on les voit comme complémentaires. Plus il y en a, plus les gens sont bien desservis.

Embarque BSL est un site web, mais le Conseil régional de développement n'exclut pas en faire une application mobile. Les avantages de cette option seront évalués. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Le développement et la mise en place de la plateforme Embarque BSL a coûté 233 000 $. Mme Sarrazin estime qu’annuellement, l’entretien du site et quelques améliorations continues nécessitent une quinzaine d’heures de travail. On sait que, pour la prochaine année, on a les budgets de disponibles dans le fonds qui était déjà octroyé pour ce projet là.
Il existe une disparité d’utilisation entre les MRC du territoire et le Collectif régional de développement compte accentuer ses efforts où le service Embarque BSL est moins connu, notamment dans Les Basques et La Matapédia. Ce sont peut-être celles qui ont le plus à gagner à aller vers des solutions alternatives, conclut la directrice au développement régional.


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