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“Une personnalité d’exception, qui ne laissait personne indifférent” : le monde politique et académique en deuil après la disparition d'Hervé Hasquin

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C'est une figure francophone majeure qui tire sa révérence. Hervé Hasquin est décédé à l'âge de 83 ans, a annoncé l'Université libre de Bruxelles (ULB), lundi. Une information confirmée par le Mouvement réformateur. L'homme était tout à la fois une personnalité politique (libérale) de premier plan et un académique de haut vol, qui a notamment occupé les postes de recteur de l'ULB et de secrétaire perpétuel de l'Académie royale de Belgique.

Hervé Hasquin était né à Charleroi le 31 décembre 1942, en plein conflit mondial. Fort d'une licence et d'un doctorat en histoire de l'ULB, il mène une carrière académique à l'ULB, tout en se lançant dans une carrière politique qui le conduira au gouvernement bruxellois, comme ministre des Travaux publics et du Transport du deuxième gouvernement Picqué, et jusqu'à la ministre-présidence de la Communauté française (à l'époque, on ne parlait pas encore de Fédération Wallonie-Bruxelles). Une fonction qu'il occupera de 1999 à 2004, avant de céder son siège à la socialiste Marie Arena.

Hervé Hasquin, ancien ministre et recteur de l'ULB, est décédé

D'abord dans le mouvement wallon

Pourtant, c'est d'abord dans le mouvement wallon que Hervé Hasquin s'était investi. Il fut l'un des fondateurs du Parti des réformes et de la liberté de Wallonie (PRLW), avant de prendre part à la création du Parti réformateur libéral (PRL, l'ancêtre du MR), dont il fut vice-président de 1986 à 1989.

Lundi soir, nombreux sont ceux qui ont rendu hommage à Hervé Hasquin. À commencer par son université, qui salue "une personnalité d'exception, qui ne laissait personne indifférent" : "Notre université perd l'un de ses plus grands esprits, l'une de ses plus fortes personnalités et un homme qui a profondément marqué son histoire".

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"Il avait fait une vilaine chute"

Richard Miller, compagnon de route libéral, témoigne également : "Il avait fait une très vilaine chute, il y a un mois, dans sa salle de bain. Nous devions manger ensemble. Il a voulu venir malgré ses douleurs. C'est un vrai ami qui est parti."

"C'était un libéral convaincu, mais un libéral humaniste, prolonge Richard Miller. Le libre examen n'était pas une formule en l'air pour lui ; il respectait le débat et les idées. Il ne supportait pas que des intellectuels aient préféré soutenir les États communistes. Il avait une haute conscience de la responsabilité de l'intellectuel vis-à-vis de la société."

"Nos vies se sont croisées à plusieurs reprises, poursuit M. Miller. La première fois que je l'ai rencontré, c'était dans le cadre du conseil facultaire de l'ULB. Il dirigeait la faculté de Philosophie et Lettres, et j'avais été élu représentant par les étudiants. C'est là que j'ai appris à le connaître. J'étais alors un étudiant gauchiste, au point d'avoir organisé une manifestation contre lui et d'avoir inscrit "Hasquin requin" un peu partout sur les murs de l'université. Des années plus tard, il m'avait invité chez lui et m'avait montré, encadrée sur le mur de son bureau, une caricature de presse légendée par cette phrase : "Hasquin, requin, c'est ma plus belle phrase."

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"Autoritaire mais juste"

Olivier Chastel (MR) fut trois mois ministre sous sa présidence à la Communauté française". "Je retiens de lui qu'il a toujours œuvré pour le bien général. Il était certes autoritaire - c'était un homme à poigne - mais il était juste. En conseil des ministres, il savait écouter, puis trancher. Il a mené de front une brillante carrière académique et politique, grâce à son intelligence brillante."

Quant au président du MR, Georges-Louis Bouchez, il a rendu hommage à un homme qui était "plus qu'une personnalité politique, académique ou scientifique". "C'était avant tout un monument au sens noble du terme. Un dirigeant visionnaire pour les francophones, un recteur à l'esprit brillant et un auteur de grand talent. La famille libérale, les francophones et le Pays perdent un homme rare par sa personnalité, son intelligence et sa grandeur."

Un hommage partagé par le socialiste bruxellois Ahmed Laaouej. : "Son érudition forçait l'admiration comme son ouverture d'esprit à l'altérité amenait grand respect".

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