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Une mère de Val-d’Or lance une pétition demandant au gouvernement du Québec d’installer des radars pédagogiques pour sécuriser les zones scolaires situées sur les routes provinciales de l'Abitibi-Témiscamingue.
Ces radars pédagogiques, qui apparaissent de plus en plus aux quatre coins du Québec, permettent d’indiquer visuellement à un conducteur s’il respecte ou non la limite de vitesse.
Pour Ève-Lyne Sylvestre, maman de deux enfants qui fréquentent une garderie à Vassan, il y a urgence d’agir.
À tous les jours quand je vais porter mes enfants, je me fais klaxonner ou coller de très près quand je veux tourner à gauche, même si on est dans une zone de 50, au début d’une zone scolaire, explique-t-elle. Je n’ai pas de radar, mais c’est évident que les gens vont très vite. La limite n’est pas respectée et ce n’est pas sécuritaire.

La vitesse à laquelle roulent les véhicules s'affiche rapidement sur le radar pédagogique.
Photo : Radio-Canada / Clara Fortin
Elle voit les radars pédagogiques comme une solution simple et peu coûteuse. Du même souffle, elle déplore que les démarches des municipalités pour obtenir des radars semblent souvent longues et complexes.
Quand je vois un radar qui me dit de ralentir, tout de suite, je me sens mal, ajoute-t-elle. Pourquoi ne pas mettre en place rapidement une mesure comme ça près des zones scolaires, que ça soit une solution temporaire ou permanente?
Pas d’autorisation automatique
Pour obtenir la permission d’installer des radars pédagogiques sur une route provinciale, une municipalité doit d’abord formuler par résolution une demande au ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD).
La direction régionale confirme que de 5 à 10 demandes de radars pédagogiques sont analysées chaque année en Abitibi-Témiscamingue. Présentement, on en retrouve sur des routes provinciales dans 32 municipalités.

La porte-parole du MTQ, Nicole Gaulin. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / ANNIE-CLAUDE Luneau
Selon Nicole Gaulin, conseillère en communications à la direction régionale du MTMD, l’acceptation d’un projet de radar pédagogique n’est pas automatique.
Ça ne s’installe pas n’importe où, n'importe comment, explique-t-elle. Il y a des normes à respecter. Il doit y avoir une analyse de plusieurs facteurs, comme la fréquence et la gravité des accidents dans le secteur, la pertinence du site ou encore le gain obtenu en installant un radar. Le Ministère peut aussi suggérer à la municipalité de procéder autrement pour améliorer la sécurité.
Pas d’argent disponible
Une fois cette permission obtenue, la municipalité doit ensuite décider si elle débourse elle-même les frais reliés au radar, ou si elle présente une demande de subvention dans les différents programmes du Ministère.
À Sainte-Gertrude-Manneville, la municipalité attend un tel radar depuis près de cinq ans.
On trouve ça important pour faire réduire la vitesse, compte tenu de la configuration du village, explique le conseiller municipal Michel Rivard. Mais en 2021, la demande de subvention a été refusée. On doit encore revenir à la charge cette année. Si on reçoit une autre réponse négative, on va peut-être devoir le budgéter.

Le radar pédagogique peut afficher un message aux automobilistes.
Photo : Radio-Canada / Clara Fortin
Le dossier est aussi dans les cartons de la Ville de Val-d’Or depuis plusieurs années, pour protéger les zones scolaires à Vassan et Val-Senneville.
Après avoir amorcé des démarches auprès du Ministère l’été dernier, la Ville est revenue à la charge en mars, avant d’apprendre que le Programme d’aide financière du Fonds de la sécurité routière n’a pas d’argent disponible présentement.
On a pris les choses en main et on va finalement acheter des radars et les installer, affirme le conseiller municipal Jean-St-Jules. Ça devrait coûter environ 30 000 $ pour quatre radars, ce qui n’est pas très dispendieux. Oui, c’est vrai qu’il y a des délais dans ce genre de dossier, pour des raisons qui appartiennent au Ministère. Mais je pense aussi que ce genre d’installation devrait être automatique. Dans le plan d’action déposé par la ministre Geneviève Guilbault en 2023, le transport actif sécuritaire vers les écoles est un domaine prioritaire d’intervention, avec plein de dispositifs et d’aménagements proposés.
Avant d’aller de l’avant, Val-d’Or devra obtenir l’autorisation du Ministère pour déterminer l’emplacement exact des radars.

Dans des rues proches des zones écoles, la limite de vitesse est parfois de 30 km/h. (Photo d'archives)
Photo : iStock
Le souhait d’Ève-Lyne Sylvestre de voir des radars pédagogiques à Vassan pourrait donc être exaucé dans les prochaines semaines, mais elle étend sa demande à toutes les zones scolaires de la région, dans une pétition déposée en ligne lundi sur le site de l’Assemblée nationale.
Je sais qu’il y a des problématiques et de longs délais ailleurs, rappelle-t-elle. Est-ce que c’est la meilleure solution à appliquer partout? Je ne sais pas. Mais c’est un moyen qui coûte seulement quelques milliers de dollars et qui permet aussi au Ministère de recueillir des données sur la vitesse. Pendant qu’on attend, le risque reste présent.
Le MTQ se dit conscient que les radars pédagogiques peuvent présenter des bénéfices, mais tout en émettant des réserves.
Pour renforcer sa fonction pédagogique, un radar doit être en place pour une période maximale de 14 à 30 jours ou encore en mode nomade, en le déplaçant, précise Nicole Gaulin. Un usager pourrait ne plus y porter attention après être passé devant 10 fois. On sait par ailleurs que c’est plus pertinent dans des zones scolaires où il y a une présence importante de piétons. Il y a des bénéfices, mais à condition d’être bien utilisé.


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