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À seulement 15 ans, Eva Hand-Cortes aspire déjà à devenir une grande ballerine. Dès la prochaine rentrée scolaire, elle se rapprochera un peu plus de ce rêve, puisque la Saskatchewanaise poursuivra sa scolarité à l'École de ballet de l'Alberta.
Baignée dans l'univers de la danse depuis l'âge de trois ans, c’est lors d’un premier stage d’été à l'École de ballet de l'Alberta qu’elle a eu un véritable coup de foudre pour cette discipline.
Quand je danse, ça me procure tout simplement de la joie et j'ai l'impression que c'est vraiment qui je suis.
Afin de mettre toutes les chances de son côté, la jeune danseuse a fait preuve d'une préparation rigoureuse et d'un investissement total pendant une année entière avant son audition.
Un travail qui n’est pas passé inaperçu : en plus d’être admise au sein de la prestigieuse école, elle a été invitée à rejoindre les rangs de l’équipe de World Performers Canada. C’est avec cette formation que l’adolescente s'envolera pour l’Irlande dans les prochains jours afin de participer à une compétition internationale.
Toutefois, derrière les sourires, les costumes à paillettes fuchsia et les lumières de la scène, se cachent de nombreux sacrifices, tant pour la jeune fille que pour sa famille.
Pratiquer, pratiquer, pratiquer
Eva s'entraîne et suit des cours de danse, dont le ballet, presque tous les soirs. Entre l’école, les deux à trois heures de studio quotidiennes et les devoirs, l’adolescente trouve le moyen de tout concilier, quitte à devoir se coucher tard.
Si je dois réviser parce que j'ai un contrôle le lendemain, je révise jusqu'à environ minuit ou 1 heure du matin, raconte l'adolescente.
Car si la danse est sa vocation, ses parents exigent d'elle qu’elle obtienne de bons résultats scolaires.
Au travers de cet horaire chargé, elle doit aussi trouver le temps de s'entraîner avec la division Saskatchewan-Alberta de World Performers Canada.
Au début de la saison, il n’y avait pas assez de jeunes pour former une équipe saskatchewanaise, ce qui obligeait l’adolescente à se joindre à celle de l'Alberta. Or, même si les choses ont changé depuis, elle a choisi de doubler sa participation plutôt que de changer de division.
Être une maman de danseuse
La personne qui rend possible sa participation à toutes ces répétitions, c’est sa mère, reconnaît Eva. Ce sont toujours les mamans qui font le plus gros du travail. Elles sont toujours dans les coulisses des concours de danse pour aider les enfants à se changer, et personne ne s'en rend vraiment compte.
Paula Hand-Cortes est entièrement dévouée à sa fille, et c’est probablement elle qui lui a transmis son amour de la scène, ayant elle-même fait du ballet jusqu'à l'âge de 10 ans. Non seulement elle accompagne sa fille à ses répétitions et fait le voyage jusqu’à Edmonton tous les mois, mais elle sera aussi à ses côtés pendant les 10 jours de compétition en Irlande.
Cette maman de danseuse s’apprête d'ailleurs à franchir une étape supplémentaire : Paula déménagera à Calgary et commencera un nouvel emploi, tout cela pour suivre sa fille. Elle laissera à Saskatoon son mari et son fils plus âgé. On va faire beaucoup d'allers-retours entre Saskatoon et Calgary, juste pour se voir. Ce va être difficile. Mais bon, il y a la technologie aujourd’hui, déclare Paula.
Un sacrifice qui en vaut la peine pour soutenir sa fille, assure-t-elle.
J'ai toujours dit que, si j'avais des enfants, je voudrais m'assurer qu'ils aient toutes les chances et toutes les possibilités de faire ce qu'ils veulent faire.
Selon Paula Hand-Cortes, il s'agit d'une vision de la parentalité héritée de ses propres parents. Je pense que ça me touche davantage parce que je suis une Canadienne de première génération et que mes parents sont venus au Canada pour nous offrir une vie meilleure ; c'est simplement ma façon de perpétuer cette tradition , raconte la mère de famille.

Paula Han-Cortes a transmis la passion de la danse à sa fille.
Photo : Radio-Canada / Édith Boisvert
Un milieu difficile
Eva l'affirme sans détour : son système de soutien et son bouclier contre le monde de la danse, qu'elle qualifie de milieu difficile, c'est essentiellement sa mère.
C'est un fait bien connu : la danse, c'est vraiment très effrayant. Elle est à l'origine de nombreux troubles alimentaires et de problèmes de poids, verbalise Paula.
Elle en sait quelque chose car, lorsqu'elle avait 10 ans, on lui a fait comprendre que son corps n'était pas le bon. Un souvenir encore douloureux aujourd'hui.
Pour préparer sa fille, elle lui parle ouvertement de l'image corporelle, mais aussi de l'importance de s'alimenter suffisamment. Nous sommes tous différents. Nous sommes tous beaux. Et il faut qu'elle sache que si quelqu’un, même un professeur, lui fait croire qu’elle n’a pas le corps qu’il faut ou qu’elle n’est pas assez mince, ce n’est pas elle le problème, ce sont eux, insiste Paula Hand-Cortes.


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