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Une mère de Québec lance sa propre plateforme pour faciliter l’accès aux garderies

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Trouver une place en garderie en moins de 24 heures, bien des parents au Québec en rêvent. C’est pourtant la surprise à laquelle ont eu droit Pauline et Pierrick, arrivés de France au mois de mars avec leur petite fille de 2 ans. Après plusieurs semaines de recherches infructueuses, le couple a trouvé sa solution de garde sur la plateforme MamSwitch, lancée le mois dernier par une mère faisant face à la même réalité, et qui connaît depuis un succès grandissant.

« Nous avons envoyé une annonce à 4 heures du matin. Nous avons reçu une réponse dans la matinée, puis avons effectué une visite de la garderie en après-midi. Et en soirée, nous donnions notre accord. MamSwitch nous a vraiment sauvé la mise. Quand je vois tous les gens qui galèrent pour se trouver une place, ça a été pour nous un game changer », explique aujourd’hui Pierrick Rispaud.

Alors que près de 30 000 enfants attendent encore une place en garderie au Québec, MamSwitch met directement en relation parents, garderies subventionnées et non subventionnées, milieux familiaux et autres haltes-garderies. Une solution relativement simple de matching mise au service des parents.

Derrière cette solution « maison », il y a Flavie Alhama Decaen, que rien ne prédestinait à lancer un tel portail. Répartitrice responsable des stocks de pétrole d’une grande entreprise québécoise, la mère de famille de 42 ans, installée dans la ville de Québec avec son mari depuis plus de trois ans, a eu un déclic à l’automne 2024.

Alors enceinte de son deuxième enfant, elle faisait face, comme de nombreux parents, à des difficultés pour trouver une place en garderie à sa petite Ana.

« Avant même de savoir que j’étais enceinte, j’avais déjà inscrit mon enfant pour une place en garderie, raconte-t-elle au Devoir. À Québec, il faut parfois attendre trois ou quatre ans pour avoir une place. »

Flavie mûrit alors son projet, puis finit par se lancer dans l’aventure en autodidacte, à grand renfort de tutoriels trouvés sur YouTube. Elle passe des heures à développer le site MamSwitch, qui deviendra « son troisième bébé », comme le note affectueusement son mari.

Une meilleure réactivité

Pour développer sa plateforme, Flavie s’est nourrie d’un double constat. D’abord, sur le portail du gouvernement, il est impossible d’avoir accès aux établissements proposant des places de garderie ni d’avoir une vision « en direct » du nombre de places disponibles. Puis, sur les réseaux sociaux, les structures d’accueil croulent sous les messages de famille dès lors qu’elles proposent une place.

« Ce matin, par exemple, une offre a été publiée par un milieu familial sur Facebook. En quelques heures, ce sont 62 messages qui ont été publiés en réponse à cette offre », déplore la mère de famille.

Le site MamSwitch a donc été pensé dans le but de faire se rencontrer l’offre et la demande. Pour les parents, il faut s’inscrire sur la plateforme et remplir une fiche en donnant l’âge de l’enfant, le secteur concerné, etc. Moins de deux jours plus tard, un courriel de confirmation leur est envoyé. Dès qu’il y a un match, la famille est contactée directement par la garderie ou le milieu familial concerné.

De son côté, le milieu de garde reçoit une fiche détaillée avec toutes les informations concernant l’enfant et sa famille. Il peut alors choisir de contacter directement les parents. Il peut aussi directement offrir des places sur la plateforme.

« Moi, je n’entre aucunement — c’est superimportant — dans les décisions de validation de place », affirme Flavie Alhama Decaen.

Cette dernière se défend par ailleurs d’être en compétition avec le portail d’inscription aux services de garde du gouvernement. Elle y voit plutôt une proposition complémentaire, qui a l’avantage d’être plus réactive, plus souple.

Plus de 3000 parents se sont déjà inscrits sur la plateforme MamSwitch depuis son lancement, le 17 mars dernier. En un mois, ce sont 64 mises en relation qui ont débouché sur un comblement de place.

« Une idée tellement simple »

« Je n’arrive pas à m’expliquer que ça n’existait pas avant. C’est une idée tellement simple. Ce n’est même pas quelque chose de wow… Comment expliquer que personne n’y a pensé avant moi ? » se demande aujourd’hui Flavie Alhama Decaen face au succès inattendu de sa plateforme.

Pour l’instant, la mère de famille ne fait pas d’argent avec ce projet développé sur ses deniers personnels. Pour rentabiliser les investissements consentis et faire éventuellement appel à un développeur pour améliorer sa plateforme au design assez rudimentaire, elle envisage de proposer prochainement des options payantes. Le dépôt des annonces demeurera gratuit.

En quelques semaines, MamSwitch a dépassé les frontières de la Capitale-Nationale, puisque des structures de garde ailleurs au Québec, dans les Laurentides, dans la région de Montréal ou encore à Gatineau, se sont montrées intéressées.

« Et même à Ottawa, au Nouveau-Brunswick ou en Nouvelle-Écosse ! » lance avec enthousiasme Flavie. Elle a d’ailleurs présenté dernièrement sa plateforme au député fédéral de Limoilou, Steeve Lavoie, qui souhaitait en savoir davantage sur le projet.

« MamSwitch, c’est un projet basique, résume-t-elle, mais qui peut aller loin, car il est d’intérêt public. »

Au-delà du fait qu’il permet d’optimiser le placement en garderie en aidant parents et centres de garde, MamSwitch vient répondre, selon la mère de famille, à de vrais enjeux économiques, car il permet aux parents de continuer à travailler, et donc de contribuer à la productivité de la province.

« Quand une famille n’a pas de solution de garde, ça signifie qu’une maman ou qu’un papa doit rester à la maison parce qu’elle ou il ne peut pas retourner travailler. Donc, ça veut dire une famille qui va faire face à une baisse de revenus et éventuellement à des difficultés financières, avance-t-elle. MamSwitch répond aussi à un autre problème, celui des employeurs qui sont déjà en pénurie de salariés. »

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