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Dans les premiers jours de la guerre, Téhéran aurait bombardé le camp Buehring avec un F-5 construit aux États-Unis à partir de la fin des années 1950 et livré avant la Révolution islamique, rapporte NBC News.
Passer la publicité Passer la publicitéL’administration Trump a-t-elle été totalement transparente sur l’étendue des dommages subis par les bases des États-Unis dans le Golfe ? La question a été soulevée ce week-end par le média américain NBC News, avec la publication d’un article démontrant que l’Iran a causé bien plus de dégâts que ceux ayant été rendus publics depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. En Jordanie, au Koweït, aux Émirats arabes unis ou encore en Arabie saoudite, Téhéran aurait détruit bon nombre de pistes d’atterrissage, de systèmes radar de pointe, d’avions, d’entrepôts, de quartiers généraux, de hangars ou encore d’infrastructures de communication.
«Les réparations pourraient coûter jusqu’à 5 milliards de dollars», selon nos confrères, citant des hauts responsables américains. De quoi remettre en cause le discours selon lequel l’armée de l’air iranienne aurait été rendue complètement inopérante dans la première phase de la guerre lancée par Israël et les États-Unis le 28 février dernier. L’information la plus stupéfiante de l’article est le bombardement mené dans les premiers jours par un avion de chasse F-5 iranien sur le camp Buehring au Koweït. Ce jet est parvenu à déjouer le système de défense aérienne de la base, réalisant une «percée rare». «C’est la première fois depuis des années qu’un avion de combat ennemi frappe une base militaire américaine», souligne NBC News.
Modèle utilisé dans le film Top Gun
D’autant plus surprenant que le F-5 est un avion de construction... américaine, dont la production par Northrop s’est étalée entre 1959 et la fin des années 1980. En clair, les États-Unis ont été frappés par l’un de leurs modèles les plus obsolètes, qu’eux-mêmes n’utilisent plus guère qu’à l’entraînement, et dont les capacités sont censées être largement inférieures à celles des F-35, F-22 et autres avions de nouvelle génération. Pour les amateurs de Top Gun (1986), les Mig-28 du film sont en réalité des F-5 repeints en noir. C’est dans les années 1960, du temps des bonnes relations avec Washington, que Téhéran a acheté plus d’une centaine de F-5. Les Gardiens de la Révolution islamique les ont conservés et maintenus en service.
Pour tromper les systèmes de missiles sol-air Patriot, les Iraniens auraient eu recours à une improvisation tactique ingénieuse, volant à basse altitude et larguant des bombes non guidées, c’est-à-dire sans système de guidage. Selon le site spécialisé Defence Security Asia, cette frappe réussie d’une base américaine moderne par un avion vieillissant est une «leçon militaire intemporelle : la survie dans un espace aérien ennemi dépend moins souvent du prestige de l’engin que du timing, de l’itinéraire et de la ruse, ainsi que du laxisme de l’adversaire». Surtout, la «portée symbolique est considérable», puisque ce bombardement «projette une image de vulnérabilité» dans la région. De quoi mettre à mal les prétentions des États-Unis d’une domination aérienne totale au Moyen-Orient.


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