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Par Le Figaro avec AFP
Publié le 05/09/2026 à 08h00
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«La myriade d’obstacles évoqués et le temps négligeable pour les responsables de se familiariser avec les nouvelles procédures rendra le respect de ces règles par les responsables locaux et des États virtuellement impossible» d’ici le 3 novembre, selon la juge.
Passer la publicité Passer la publicitéUne juge fédérale américaine a prolongé vendredi jusqu'aux élections cruciales de mi-mandat en novembre la suspension d'un décret présidentiel de Donald Trump visant à encadrer plus strictement le vote par correspondance. Il s'agit de la dernière salve en date dans une bataille judiciaire qui s'intensifie, alors que l'envoi aux électeurs des premiers bulletins de vote par correspondance vient de commencer dans certains États.
Cette juge de Boston (nord-est), qui avait suspendu le 27 août pour deux semaines l'entrée en vigueur des nouvelles règles concernant l'envoi des bulletins de vote adoptées par la Poste américaine (USPS) a prolongé, dans une décision rendue vendredi, cette suspension jusqu'au 3 novembre, date des élections de mi-mandat.
«Moins de 70 jours avant les élections de novembre»
«La myriade d'obstacles évoqués et le temps négligeable pour les responsables de se familiariser avec les nouvelles procédures (sans parler de réussir à appliquer les nouvelles exigences) rendra le respect de ces règles par les responsables locaux et des États virtuellement impossible» d'ici le 3 novembre, conclut-elle. La magistrate réitère par ailleurs ses craintes quant à la «privation de millions de citoyens des États-Unis de leur vote» par cette réglementation édictée le 21 août, soit «moins de 70 jours avant les élections de novembre».
L'administration Trump a fait appel de la décision vendredi. La veille, elle avait déjà saisi la Cour suprême, majoritairement conservatrice, sur la suspension initiale décidée par la juge. Donald Trump dénonce régulièrement la possibilité dans de nombreux États américains de voter par correspondance, et il cite cette modalité de vote comme l'une des raisons principales de sa défaite - qu'il ne reconnaît toujours pas - en 2020 face au démocrate Joe Biden.
Il avait signé le 31 mars un décret destiné à encadrer plus sévèrement le vote par correspondance, une mesure contestée en justice par un groupe d'États gouvernés par les démocrates et une organisation d'électrices. Le nouveau système informatique élaboré par l'USPS, s'il entre en vigueur, risquerait d'empêcher des millions d'Américains de voter en novembre, avait d'ailleurs averti mardi un lanceur d'alerte.
Un tiers des électeurs ont voté par correspondance en 2024
Le décret ordonne aux services de l'immigration et de la Sécurité sociale de créer une liste fédérale des électeurs habilités à voter, et à la Poste de ne délivrer des bulletins de vote par correspondance qu'aux personnes figurant sur cette liste. L'objectif affiché est de limiter le risque que des étrangers puissent voter aux élections américaines, un spectre régulièrement agité par Donald Trump et le camp républicain, bien que le phénomène soit extrêmement rare selon les statistiques officielles.
L'impopularité de Donald Trump atteint de tels niveaux que les républicains craignent qu'elle leur fasse perdre la majorité à la Chambre des représentants, voire au Sénat, lors des élections de mi-mandat en novembre. Aux États-Unis, près d'un tiers des électeurs ont voté par correspondance en 2024, selon l'organisation States United.


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