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Une infirmière du Centre des sciences de la santé (HSC) de Winnipeg se voit infliger une lourde amende par son ordre professionnel, le Collège des infirmières et infirmiers du Manitoba. En cause : elle a systématiquement nié ses condamnations pénales antérieures lors de son inscription et de ses renouvellements de licence.
Une amende salée pour faute professionnelle
L'infirmière, en poste au plus grand hôpital de Winnipeg depuis mai 2025, a été condamnée à verser une amende de 7500 $, à laquelle s'ajoutent 4000 $ de frais, en plus de recevoir un avertissement formel.
Cette sanction découle d'une décision du Collège des infirmières et infirmiers du Manitoba rendue le 27 novembre dernier, mais rendue publique récemment.
Devant le comité disciplinaire, l'intéressée a plaidé coupable de faute professionnelle. Elle a admis avoir omis de divulguer son passé judiciaire lors de son adhésion initiale en 2020, ainsi que lors de ses trois renouvellements annuels subséquents.
Trente-cinq chefs d'accusation dissimulés
L'affaire remonte à avril 2009. À l'époque enseignante, la femme avait été arrêtée pour possession de cartes de crédit volées à ses collègues. Elle faisait face à 35 chefs d'accusation. Bien que la majorité ait été suspendue ou retirée, elle avait plaidé coupable à sept d'entre eux.
Condamnée alors à trois ans de probation, elle avait obtenu une libération conditionnelle après avoir rempli ses obligations. C’est d'ailleurs ce qui a causé l'imbroglio : ses condamnations n'apparaissaient plus dans son casier judiciaire standard, ayant été retirées à l’issue de sa période de probation.
Estimant que l'affaire était réglée et trop ancienne, l'infirmière a affirmé au Collège n'avoir jamais été trouvée coupable d'un délit pénal. Une justification jugée irrecevable par l'ordre, car contraire aux obligations éthiques et professionnelles de la profession.
Malhonnête, égoïste et égocentrique
Lors d'une audience tenue l'an dernier, l'infirmière a exprimé ses regrets, qualifiant son propre comportement de malhonnête, égoïste et égocentrique . Le comité a pris en compte ses excuses, sa réponse à l’accusation et l'absence d'autres antécédents disciplinaires dans sa carrière d'infirmière pour déterminer la peine.
La supercherie a finalement été découverte en avril 2023. Martin Lussier, responsable des communications du Collège, a expliqué à Radio-Canada qu’un rapport médical avait alors fait mention de ces anciennes accusations.
Ce cas n'est pas isolé. En 2024, le Collège a sanctionné trois autres infirmières pour avoir caché des condamnations liées à la conduite avec facultés affaiblies.
Pour Sonia Udod, professeure agrégée en sciences infirmières à l'Université du Manitoba, cette affaire illustre une tension éthique majeure.
Bien qu'elle comprenne que l'infirmière ait pu croire que son dossier était blanchi , Mme Udod souligne que cela ne l'autorisait pas à enfreindre les règles de l'organisme de réglementation.
Dans cette situation, la décision se situe en quelque sorte à la croisée de la confiance du public et de la responsabilité réglementaire, a-t-elle déclaré.
Elle précise toutefois qu'une condamnation pénale passée ne signifie pas nécessairement qu'une personne sera incompétente sur le plan professionnel ou qu'elle représentera un risque pour la sécurité des patients.
Avec les informations de CBC News


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