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Politique 19/07/2026 12:16 Actualisé le 19/07/2026 12:23
Benjamin Haddad a assuré qu’il n’y a « pas d’objectif numérique » sur les visas accordés aux ressortissants algériens, alors que l’extrême droite était montée au créneau.
Par Maïwenn Furic avec AFP

ALAIN JOCARD / AFP
La France n’a pas d’objectif chiffré terme de visas accordés aux ressortissants algériens et affirme que son retour vers la normale est conditionné.
Un correctif pour répondre à l’emballement. Au sujet de la possibilité d’augmenter le nombre de visas accordés aux ressortissants algériens, le ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a affirmé samedi 18 juillet : « Il n’y a pas d’objectif numérique, de quota ou de trajectoire sur la question des visas qui soit discutée. »
Plus tôt dans la semaine l’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, avait évoqué la possibilité de délivrer 250 000 visas par an aux ressortissants algériens. « Ce chiffre a chuté et notre objectif, c’est de faire en sorte (...) que ce chiffre puisse redémarrer à la hausse et revenir probablement au niveau qui était celui antérieur à la crise », avait-il déclaré dans un entretien filmé diffusé mercredi par le média Tout sur l’Algérie.
Ces déclarations ont vivement fait réagir les tenants français d’une ligne dure à l’égard d’Alger, à commencer par Jordan Bardella. Le président du Rassemblement national a dénoncé sur X une « capitulation du macronisme face au régime algérien (...) malgré les provocations et la détention d’un journaliste français », Christophe Gleizes, emprisonné depuis plus d’un an.
Son allié (UDR) Éric Ciotti a renchéri dans la foulée, dénonçant « une capitulation, une humiliation, une trahison ». Même tonalité chez le patron des Républicains, Bruno Retailleau, ex-ministre de l’Intérieur et partisan du bras de fer avec Alger : « la diplomatie n’est pas l’aplaventrisme », tonne le candidat de LR à la présidentielle qui veut que la France exige des contreparties.
La « défense des intérêts de la France » en priorité
Sur le plateau de LCI, Benjamin Haddad a donc rappelé que « la ligne est très claire » et que l’ambition reste la « défense des intérêts de la France ». Il a par la suite affirmé qu’au vu des relations diplomatiques avec l’Algérie, la question des visas était « réversible et conditionnée ».
Et de citer comme conditions « la question migratoire la question sécuritaire, la question de la lutte contre le narcotrafic », mais aussi le cas de Christophe Gleizes, incarcéré en Algérie depuis plus de deux ans, « qui doit pouvoir retrouver sa famille ». « C’est avec ces exigences, de façon très claire, que nous abordons cette relation avec l’Algérie (...) Et ce n’est qu’en fonction des résultats que nous avancerons ou pas dans une direction », a-t-il assuré.
L’ambassadeur a aussi été appelé par pour « lui rappeler quelle est la ligne », a indiqué une source diplomatique au Parisien. La même source estime qu’« il s’agissait d’une communication pour le moins maladroite de l’ambassadeur » et qu’il « n’y a pas d’objectif chiffré de délivrances de visas, que ce soit à la hausse ou à la baisse ».
Relations diplomatiques tendues
Une crise profonde avait éclaté à l’été 2024 entre la France et l’Algérie lorsque Paris avait apporté son soutien à un plan d’autonomie sous « souveraineté marocaine » pour le territoire disputé du Sahara occidental. L’Algérie, qui soutient les indépendantistes du Front Polisario, avait immédiatement rappelé son ambassadeur en France.
La crise s’était aggravée avec l’arrestation en novembre 2024 de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal (gracié et libéré en novembre 2025), puis la mise en examen en avril 2025 d’un agent consulaire algérien accusé d’être impliqué dans l’enlèvement en France d’un influenceur algérien, Amir DZ. Cette affaire avait conduit à l’expulsion réciproque d’une douzaine de diplomates et agents consulaires et au rappel de l’ambassadeur Romatet.
Pendant la période de glaciation entre la France et l’Algérie, qui ont renoué le dialogue au printemps à travers plusieurs visites ministérielles, « le nombre de visas accordé à des ressortissants algériens a baissé de plus de 20 % en 2025 », a indiqué le Quai d’Orsay.


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