«Cette violence n’est pas gratuite. A force de ne pas écouter les gens, de ne plus leur laisser joindre les deux bouts, il y a une frustration qui ne peut plus s’exprimer autrement. Et franchement, moi, j’espérais que cela se passe le plus mal possible. Ce que je veux, c’est que ce mouvement aboutisse, et il faut que cela se passe comme ça pour espérer obtenir quelque chose.» Frédéric, 51 ans, est consultant informatique dans le privé. Il essayait ce samedi d’entrer sur la place de la République à Paris alors que des débordements, des incendies de poubelles ou de voitures et des affrontements avec la police avaient commencé avant même le début du cortège prévu en début d’après-midi.
Frédéric est un gilet jaune historique, il était déjà là en 2018, avec sa fille qui avait une quinzaine d’années et qui avait été «traumatisée par les violences policières». Ce samedi, elle était toujours à ses côtés. Peut-être encore plus en colère que lui. Désormais assistante sociale de 23 ans, en banlieue parisienne, elle lance: «Dans ce pays, ce n’est pas le mérite qui paye. Croyez-moi, je vois des familles très méritantes qui sont complètement perdues. Le sors de leurs enfants est réglé. Il faut absolument plus de moyens à l’éducation nationale pour pouvoir assurer l’avenir de tous les jeunes Français.»


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