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La Ferme de La Dérive, au Bic, lance un projet de distribution alimentaire de la terre à des organismes communautaires de la MRC de Rimouski-Neigette. L'objectif est de créer un circuit court dans lequel des aliments locaux frais seraient fournis en fonction des besoins plutôt que de la capacité de payer des consommateurs.
Des tomates, des poivrons, des concombres, des choux, des carottes, des betteraves, de l'ail, des oignons, du sirop d'érable et même de la viande pourraient ainsi être distribués dès cet été.
Le co-coordonnateur de la Ferme de La Dérive, Gabriel Leblanc, évalue à 25 000 $ la valeur des aliments qui seraient offerts dans la première année du projet.

Les coordonnateurs de la Ferme de La Dérive, Gabriel Leblanc et Mélodie Anderson
Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux
Il soutient que ce projet émane d'abord d'un travail de concertation entre les artisans de la Ferme et des organismes de la MRC de Rimouski-Neigette.
On a été en mesure de constater que les organismes communautaires ont de plus en plus de difficulté à joindre les deux bouts. Puis ça, c'est dû au fait que la situation de précarité sociale augmente, décrit Gabriel Leblanc.
De plus en plus, les gens ont de la misère à se loger, mais aussi, de plus en plus, les gens ont de la misère à bien se nourrir.
La co-coordonnatrice de la Ferme, Mélodie Anderson, explique que l'idée est d'amasser des fonds, en obtenant du financement public et en organisant une campagne de sociofinancement, pour produire des aliments. Les récoltes seraient ensuite redistribuées gratuitement, ou contre une contribution symbolique, à des organismes, par exemple, à des soupes populaires.
Le constat qu'on fait c'est que [les produits de] l'agriculture durable à petite échelle diversifiée, ce n'est pas accessible à tous.
On ne veut justement pas que la transition vers un système alimentaire qui soit plus durable se fasse en laissant du monde derrière. Donc, que ce soit seulement disponible à des gens qui ont les moyens d'y accéder, finalement, poursuit la co-coordonnatrice de la Ferme.
Gabriel Leblanc soutient que la Ferme tente de trouver des moyens d'adapter la distribution des aliments aux besoins de la clientèle des différents organismes qui les recevront.
Par exemple, une personne âgée qui n'est pas en mesure de cuisiner des choses, on peut bien lui amener des choux, mais ça se peut qu'elle ne les mange pas parce qu'elle ne saura pas quoi faire avec, explique le co-coordonnateur de la Ferme de La Dérive.
Il ajoute que le but est aussi de bien comprendre les besoins pour éviter le gaspillage. Des organismes pourront contribuer à la transformation de certains produits. Des tomates pourraient, par exemple, être mises en conserve.
Un financement à attacher
Le financement du projet reste à être finalisé, mais les coordonnateurs de la Ferme de La Dérive assurent qu'il ne s'agit que d'une question de temps.
On est dans des démarches pour sécuriser le financement pour ce qui est de la valeur des légumes et des autres aliments qu'on va aller chercher dans d'autres fermes en tant que telles, ajoute Mélodie Anderson.

La Ferme souhaite augmenter son cheptel d'animaux dans les prochaines années.
Photo : Radio-Canada / Marie-Christine Rioux
Elle affirme qu'une campagne de sociofinancement est aussi organisée pour financer l'achat d'aliments complémentaires, la réparation du camion de livraison, la sécurisation de l'approvisionnement en eau de la ferme, l'acquisition d'agneaux pour ajouter des protéines animales aux distributions alimentaires, la construction d'abris pour des chèvres et des moutons et la restauration d'une haie brise-vent et la bande riveraine.
Ce qu'on essaie de faire avec la campagne de sociofinancement, c'est de s'assurer qu'on a les moyens de production à long terme et les moyens de distribution pour mener ce projet-là pour les trois prochaines années, précise la co-coordonnatrice de la Ferme.
Si tout se déroule comme prévu, des organismes pourraient recevoir les fruits des premières distributions dès cet été.


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