NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Le soleil frappait sans relâche. Une chaleur écrasante enveloppait la cérémonie. Pourtant, des milliers de personnes étaient au rendez-vous. Des citoyens, des familles, des collègues, des représentants des différents corps policiers municipaux, provinciaux et fédéraux, ainsi que des délégations venues de l’étranger, étaient réunis dans un même recueillement.
Les uniformes étaient impeccablement portés. Les bottes parfaitement alignées. Les mouvements précis. La parade avançait au pas cadencé avec une rigueur presque militaire. Puis venait le silence. Des femmes et des hommes demeuraient immobiles, sous un soleil de plomb, sans un geste, sans une plainte, dans ce que le jargon militaire appelle « en place repos » (« stand easy » en anglais). L’attente était longue, éprouvante. À un moment, une policière a même eu un malaise, rappelant à tous la dureté de ces instants vécus debout, immobiles, sous la chaleur.
Mesdames et Messieurs, tout cela était pour un seul homme.
Pour Mohamed Lamine.
Oui, Mohamed. Un prénom qui évoque immédiatement le monde musulman. Pourtant, ce jour-là, ce nom ne représentait ni une religion ni une origine. Il incarnait un policier tombé dans l’exercice de ses fonctions, un homme qui avait choisi de protéger les autres, sans distinction.
Comme ancien officier des Forces armées canadiennes et Canadien d’origine nord-africaine, cette cérémonie m’a profondément touché. Je connais la portée d’une garde d’honneur, d’un salut, d’un silence militaire. Aucun de ces gestes n’est anodin. Ils expriment le plus grand respect qu’une institution puisse rendre à l’un des siens.
Mais cette journée m’a aussi laissé une image que je n’oublierai jamais.
Une femme policière québécoise, grièvement blessée dans l’exercice de son devoir. Un policier musulman d’origine maghrébine, Mohamed Lamine, mort en servant la population. Et Michel Mizrahi, un citoyen de confession juive, emporté par cette même tragédie.
Qui aurait pu imaginer un tel scénario, même dans un film ? Les circonstances l’ont écrit. Le hasard, peut-être. Mais la leçon, elle, est certaine.
Le métier a uni une femme et un musulman dans une même mission : protéger la vie. L’histoire a réuni un musulman et un juif, tous deux issus de familles dont les racines plongent en Afrique du Nord. Deux parcours différents, deux croyances différentes, mais une même humanité.
À une époque où l’on parle souvent de ce qui nous oppose, cette tragédie rappelle avec une force bouleversante ce qui nous rassemble.
La haine, elle, n’a pas vu une femme.
Elle n’a pas vu un musulman.
Elle n’a pas vu un juif.
Elle n’aurait probablement pas vu la couleur.
Elle a frappé des êtres humains.
Voilà pourquoi cette cérémonie allait bien au-delà de l’hommage rendu à un policier. Elle rappelait que le courage n’a ni religion, ni origine, ni sexe. Qu’il existe des femmes qui risquent leur vie pour des inconnus. Des hommes nommés Mohamed qui tombent en protégeant tous les citoyens. Des citoyens comme Michel Mizrahi qui deviennent, eux aussi, les victimes d’une violence qui ne choisit pas ses cibles.
Si les circonstances ont écrit cette histoire, il nous appartient d’en retenir le sens.
Aujourd’hui, un policier nommé Mohamed a reçu les plus grands honneurs de toute une société. Des milliers de Québécois, de toutes origines et de toutes convictions, se sont levés pour lui rendre hommage. À ses côtés, une femme policière lutte pour se rétablir, tandis qu’une famille pleure Michel Mizrahi.
Il serait facile de ne voir dans cette journée qu’un fait divers tragique. J’y vois plutôt une leçon d’humanité.
Parce qu’au-delà des noms, des origines et des croyances, ce qui demeurait aujourd’hui sous ce soleil accablant, dans le silence des rangs et des drapeaux inclinés, c’était une vérité simple : lorsque la haine frappe, elle ne demande jamais qui nous sommes. Lorsque nous choisissons de nous rassembler, en revanche, nous rappelons qui nous pouvons être.


3 month_ago
33



























.jpg)






French (CA)