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La grande séduction au Canada de la sud-coréenne Hanwha Ocean se poursuit en vue d’obtenir l’un des plus importants contrats d’approvisionnement militaire de l’histoire du pays. Mardi, à Calgary, l’entreprise a annoncé cinq nouvelles ententes avec des partenaires du Canada, dont une avec la québécoise Techsol Marine, pour fournir 12 sous-marins KSS-III à l’horizon 2043.
La flotte vieillissante de sous-marins Victoria de la Marine royale canadienne atteindra la fin de sa durée de vie utile au cours de la prochaine décennie, et Ottawa accélère la cadence en vue de se doter de 12 nouveaux appareils submersibles. À la clé : un contrat d’achat qui oscille pour le moment entre 20 et 25 milliards de dollars, plus une facture d’entretien, de formation, de modernisation et d’infrastructures sur un horizon de 40 ans évaluée à entre 100 et 120 milliards.
Deux entreprises sont en lice pour décrocher ce lucratif contrat : Hanwha Ocean, dont le chantier se situe à Geoje, en Corée du Sud, et ThyssenKrupp Marine Systems, établi en Allemagne. La sud-coréenne mise sur sa rapidité d’exécution et sur son enracinement dans le tissu industriel du Canada pour s’attirer la faveur d’Ottawa.
Hanwha promet la livraison d’un premier sous-marin KSS-III dès 2032, suivi de trois autres en 2035 et de l’ensemble de la flotte en 2043. L’entreprise multiplie également les ententes de partenariat avec des fournisseurs canadiens afin de répondre aux exigences de la politique fédérale sur les retombées industrielles et technologiques qui guide Ottawa dans l’octroi de ses contrats.
Trois des cinq nouveaux partenaires annoncés mardi dans la métropole albertaine ont leur siège social en Colombie-Britannique, soit OSI Maritime Systems, EMSC Industries et Jastram Technologies. Une autre, Curtiss-Wright INDAL Technologies, est basée en Ontario.
Retombées jusqu’à Québec
Une dernière, enfin, se situe à Québec. Techsol Marine, fondée en 1996 et aujourd’hui spécialisée dans la conception de systèmes électriques, de consoles et de distribution d’énergie, a posé le pied dans l’industrie de la défense il y a quelques années.
Ce choix s’avère déjà fructueux, aux dires du président et chef de la direction, François Lessard. « Dans les deux dernières années, notre carnet de commandes a été multiplié par six », explique-t-il. Dans un avenir proche, la main-d’œuvre, présentement de 85 personnes, devrait en compter 120, et ce, même si Hanwha ne décroche pas le contrat des sous-marins canadiens.
Le rôle exact que Techsol Marine jouerait dans la fabrication de la nouvelle flotte de sous-marins canadiens reste à déterminer. La construction des KSS-III — « l’épine dorsale de la force sous-marine de la marine sud-coréenne », selon Hanwha — permettrait néanmoins à l’entreprise de Québec d’établir une relation d’affaires à long terme avec le géant sud-coréen de la construction navale.
« Le contrat des sous-marins de la Marine royale canadienne pourrait nous amener à devenir un fournisseur officiel d’Hanwha, explique François Lessard. C’est une entreprise très connue dans le domaine de la défense. Même si ce partenariat ne concernait que les sous-marins, ça représenterait une opportunité d’affaires très intéressante. »
Le gouvernement fédéral entend annoncer le consortium sélectionné dès ce printemps. Ottawa ne s’en cache pas : la marque que le fournisseur promet de laisser sur l’économie canadienne pèsera lourd dans la balance. Hanwha l’a manifestement compris : elle promet de « jeter les bases d’une présence industrielle à long terme au Canada » et fait miroiter, sur la foi d’une étude qu’elle a commandée à la firme KPMG, la création d’environ 15 000 emplois par an, entre 2026 et 2040.


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