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Pourquoi est-ce qu'on prête un caractère élitiste à la gastronomie? C’est une des questions sur lesquelles la copropriétaire du restaurant Projet La Ruche, Gabrielle Trigaux, s’est penchée, mercredi, lors d’une table ronde sur la cuisine et l’identité territoriale du Bas-Saint-Laurent.
Elle était accompagnée d’autres panélistes issues de la recherche et de l'industrie, lors de l’événement organisé par l’UQAR et deux centres de recherche sur le développement territorial.
On a accordé un caractère plutôt haut de gamme et élitiste au terme " gastronomique ", comme si ça se définissait par quelque chose qui n’est pas accessible à tout le monde. Alors que la gastronomie d'un territoire, finalement, c'est son identité, c'est sa culture, c'est sa culture culinaire, analyse la restauratrice de Baie-des-Sables au micro de l’émission Plein phare.

Gabrielle Trigaux avoue qu’elle aurait aimé voir des élus assister à la table ronde intitulée « Cuisine et identité territoriale du Bas-Saint-Laurent ». (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Guillaume Tellier
Comme si c’était un luxe de bien manger! Alors qu’il faudrait un peu le ramener à son caractère élémentaire, qui est de se nourrir. Pourquoi est-ce que ce n’est pas tout le monde qui aurait accès à de la bonne nourriture?
L’événement proposait de réfléchir à la notion de gastronomie et à la possibilité d'inclure dans le terme la bonne compagnie, l'accessibilité, le territoire, le mode de production.

L’événement intitulé « Gastronomie et territoire » était organisé conjointement par le Groupe de recherche interdisciplinaire sur le développement régional de l’Est-du-Québec et le Centre de recherche sur le développement territorial de l’UQAR (CRDT-UQAR), au musée de Rimouski. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
L’humain derrière l’assiette
Le Projet La Ruche, dont Gabrielle Trigaux est copropriétaire, est une table champêtre, c’est-à-dire qu’une grande majorité des produits servis sont produits par le restaurant, dont la cuisine est à aire ouverte. C'est carrément notre maison, celle de mon conjoint, celle de nos deux enfants. Quand on accueille les gens, on les accueille dans notre maison, décrit-elle.
La gastronomie devrait être une expérience centrée sur l’humain et le territoire, selon l’entrepreneuse. Ça ne passe pas seulement par ce qu'il y a dans l'assiette, ça passe par l'histoire des produits qu'il y a dans l'assiette, précise-t-elle, en mentionnant la transformation, le lien entre les producteurs, les consommateurs, les restaurateurs.
Dans un monde idéal, j'aurais aimé que les gens de la communauté s'approprient un peu plus le lieu et viennent cogner à notre porte, nous dire : " ça serait intéressant d'organiser tel événement ", admet Gabrielle Trigaux.
Malgré ses ambitions, elle nuance : on jongle toujours entre la rentabilité d'un investissement en temps et en énergie, on a des gens à rémunérer, on a des denrées à payer, on a des assurances, des taxes municipales.

Le Projet La Ruche organise des événements ponctuels, comme ce marché de Noël pour artisans. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marguerite Morin
D’ailleurs, le Projet La Ruche tiendra un événement en mai, en accueillant l’écrivain paysan Dominique Lamontagne, afin de discuter, notamment, de la difficulté de tenir une ferme vivrière et autosuffisante.
Avec les informations de Philippe Arseneault et Maria Juneau


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