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Les scientifiques insistent depuis longtemps sur l’importance des espaces verts en milieux urbains, notamment parce qu’ils jouent un rôle crucial pour la protection de la biodiversité. Le Jardin botanique de Montréal en est d’ailleurs un bon exemple, puisqu’il offre l’occasion d’observer plusieurs dizaines d’espèces d’oiseaux, dont une chouette rayée photographiée récemment par Le Devoir.
Cet oiseau de la famille des hiboux, dont la taille peut atteindre les 50 centimètres de hauteur, pour une envergure d’ailes de plus d’un mètre, était au repos dans un arbre situé dans une zone boisée de ce vaste muséum nature de Montréal. Elle est surtout reconnaissable à son plumage rayé, sa poitrine, son dos et ses ailes étant parsemés de rayures brunes.
« C’est toujours un défi de tenter d’observer cette espèce, même si elle est relativement imposante et qu’elle est résidente, et donc qu’elle demeure ici toute l’année. Elle est essentiellement active la nuit et de nature plutôt discrète », résume Nathalie Jreidini, directrice de l’éducation au Zoo Ecomuseum, à Sainte-Anne-de-Bellevue. Même son nid, installé généralement au fond d’une cavité dans un vieil arbre, est difficile à localiser.
La chouette rayée, qui peut vivre plus d’une vingtaine d’années, a toutefois la réputation d’être « la plus loquace » des 10 espèces de hiboux du Québec, souligne la plus récente édition de l’Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional : « Ses hululements puissants, émis par les deux membres du couple, peuvent être entendus du printemps à l’automne, parfois en plein jour. »
Un hibou en ville ?
La présence du rapace au Jardin botanique de Montréal a été signalée sur les groupes d’ornithologues amateurs. Certains ont ainsi pu tenter leur chance pour la repérer dans le secteur. Les experts rappellent que l’observation doit toutefois se faire à bonne distance et pour une courte période, afin d’éviter le dérangement, voire le harcèlement dont sont parfois victimes les animaux qui fréquentent cet espace vert.
Comment expliquer sa présence au cœur de Montréal ? Nathalie Jreidini explique que la population de cette espèce se porte bien et qu’elle peut utiliser différents habitats, notamment en raison de son régime alimentaire relativement diversifié et comprenant des rongeurs, des oiseaux, des reptiles ou des amphibiens. « S’il y a un parc ou un espace vert relativement grand, il peut être un habitat propice pour son alimentation, même s’il est situé en milieu urbain. Le Jardin botanique peut être un exemple de ce type d’habitat. »
Règle générale, cependant, la chouette rayée vit principalement « dans de grandes étendues intactes de forêts matures et non fragmentées », précise Environnement et Changement climatique Canada. « La conservation de cette espèce soulève des préoccupations en raison de son lien étroit avec les forêts matures et non fragmentées et des effets de l’exploitation des forêts sur la réduction de la disponibilité de ce type d’habitat », ajoute le ministère fédéral.
En plus de la protection des écosystèmes forestiers essentiels pour plusieurs espèces d’oiseaux, l’accord mondial sur la biodiversité signé à Montréal en 2022 stipule que les pays s’engagent à restaurer et à créer des espaces « verts » et « bleus », comme des milieux humides, dans les zones urbaines.
Avec sa diversité végétale, la présence d’arbres matures et de milieux humides, le Jardin botanique est un bon exemple. Les visiteurs peuvent y croiser des renards, mais aussi certaines espèces de la faune aviaire qu’on observe très rarement en ville.
C’est le cas, par exemple, du grand-duc d’Amérique, un rapace qui peut atteindre une hauteur de près de 60 centimètres, pour une envergure d’ailes dépassant 1,5 mètre. Un individu a été observé à plusieurs reprises en décembre dernier. Le Devoir a d’ailleurs eu l’occasion de photographier cet oiseau perché dans un arbre.


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