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La version audio de cet article est générée par la synthèse vocale, une technologie basée sur l’intelligence artificielle.
KatloTech Communications, une entreprise autochtone basée à Yellowknife, a pour projet de bâtir une nouvelle ligne de fibre optique ainsi qu’un petit centre de données sur le territoire de la Première Nation Kátł'odeeche, près de Hay River.
La compagnie soutient qu'une telle installation stimulera la concurrence dans le secteur des télécommunications des Territoires du Nord-Ouest et renforcera la souveraineté numérique du Nord.
Selon Lyle Fabian, président de KatloTech Communications, un tel système permettrait la continuité de services lorsque les autres services de télécommunication sont hors service.
Nos infrastructures critiques permettront à tout le monde de rester connecté.
Lui-même membre de la Première Nation Kátł'odeeche, M. Fabian souligne que les télécommunications dans le Nord sont largement dominées par la compagnie Northwestel, qui exploite la principale ligne de fibre optique de la région.
KatloTech souhaite donc construire une ligne de fibre optique souterraine de 329 kilomètres reliant Hay River à High Level, en Alberta.
La ligne serait également branchée au futur centre de données de la compagnie, baptisé IceFox.
L’installation permettrait notamment aux entreprises, gouvernements autochtones et clients de stocker leurs données sur le serveur local de KatloTech, en plus de proposer certains services d’intelligence artificielle.

Lyle Fabian, président de la société KatloTech Communications, basée à Yellowknife, dit vouloir offrir davantage d'options aux résidents du Nord en matière de téléphonie mobile, de télévision et d'autres services.
Photo : Swift Sparrow Photography / Fournie par Lyle Fabian
Un centre à petite échelle
Le projet de KatloTech fait toutefois l'objet de critiques.
L’ancienne cheffe de la Première Nation Kátł'odeeche, April Martel, a exprimé des réserves sur les réseaux sociaux quant à l’impact potentiel d’un tel centre de données sur l’environnement et sur la faune.
M. Fabian soutient que l’infrastructure proposée se distingue nettement des centres de données géants, comme celui que prévoit Meta en Alberta.
Ces mégas infrastructures sont critiqués en raison de leur haute demande énergétique, de la hausse des coûts de l’électricité, de leur forte consommation en eau et de la pollution sonore accrue qu'elles engendrent.
Or, l’installation IceFox consistera selon lui en des modules ayant la taille de conteneurs, et sera alimentée par de l'hydroélectricité et refroidit par air.
Le nôtre n’est pas un centre à très grande échelle , souligne-t-il. C’est un centre de données traditionnel qui ne nécessite pas d’eau, seulement un refroidissement à l’air.
Il ajoute que de telles salles de serveurs à petite échelle existent déjà à travers le pays, notamment à Yellowknife.
Plusieurs étapes clés devront toutefois être franchies avant que le projet ne voie le jour.
D'après M. Fabian, l’installation de la ligne à fibre optique et l'alimentation du centre de données dépendront d’abord de l’obtention d’un fonds de 12 millions de dollars de l'Agence canadienne de développement économique du Nord (CanNord).
L’alimentation du centre de données dépendra également de l’agrandissement de la centrale hydroélectrique Taltson, un grand projet d’infrastructure qui est toujours en phase de développement.
La souveraineté numérique du Nord
Rob McMahon, professeur associé en études des médias et des technologies à l’Université de l’Alberta, a travaillé avec Lyle Fabian sur d’autres projets. Il précise n’avoir aucun intérêt personnel ou financier dans le projet actuel de KatloTech.
Alors que le Canada s'efforce de protéger sa souveraineté numérique et de gérer ses propres données sans dépendre de sociétés étrangères ou d'autorités juridiques externes, explique-t-il, de plus petites collectivités canadiennes construisent des infrastructures locales pour combler les lacunes en matière de connectivité.

Rob McMahon, lors d'un atelier avec des responsables du Conseil de bande Gwich'in en 2018. Selon lui, des communautés à travers le Canada se dotent d'infrastructures locales pour combler les lacunes existantes en matière de connectivité.
Photo : Fournie par Rob McMahon
Selon lui, dans un esprit de souveraineté numérique, les Premières Nations auraient grandement avantage à garder le contrôle sur les réseaux où sont stockées les données administratives ou de santé, par exemple, qui concernent leurs membres.
Avec un tel stockage local ou régional des données, les communautés s’assurent de garder un contrôle direct sur leur avenir numérique, indique-t-il.
Avec les informations de Yumna Iftikhar (nouvelle fenêtre)


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