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Un nouveau témoignage au procès de celui qui se faisait appeler le « roi de la crypto » indique qu'Aiden Pleterski n'était plus en mesure de rembourser ses investisseurs dès février 2022 et qu'il était incapable de leur avouer que leur argent avait disparu. L'homme de 27 ans est inculpé pour fraude et blanchiment des produits de la criminalité pour des faits reprochés qui remontent au début de la décennie dans la région de Toronto.
Dans ce procès, la Couronne soutient que M. Pleterski n'a jamais investi l'argent de ses investisseurs dans les métaux précieux, les cryptomonnaies ou les devises étrangères comme ils le croyaient, mais qu'il s'en est plutôt servi à des fins personnelles pour se payer un train de vie somptueux.
Témoignant par visioconférence, Sacha Singh a affirmé avoir une excellente connaissance des marchés, tout en reconnaissant que ses compétences en cryptomonnaies et en devises étrangères se limitaient à quelques notions.
Je suis prudent en matière de risques et je préfère des investissements sécuritaires comme dans l'immobilier, avoue-t-il.

Sacha Singh témoigne de l'étranger par téléphone au procès d'Aiden Pleterski, le 14 octobre 2026, à Toronto. L'accusé est à la fois visible à l'écran et assis à la gauche du procureur Scott Patterson.
Photo : Radio-Canada / Pam Davies
L'agent et promoteur immobilier souligne qu'il a rencontré Aiden Pleterski en avril 2021 dans un restaurant de Pickering avec trois autres investisseurs, parce que certaines de ses connaissances avaient déjà commencé à investir des fonds dans la compagnie de l'accusé.
Il nous a expliqué la façon dont il faisait fructifier son argent et celui de ses proches, je connaissais certains de ses investisseurs qui étaient devenus prospères grâce à lui, dit-il.
Sacha Singh décrit l'accusé comme étant un jeune homme intelligent et très averti en technologie, en réseaux sociaux et en finances.
3,6 millions en investissements
Il précise qu'il a revu Aiden Pleterski chez lui quelques jours plus tard à Whitby pour lui donner une traite bancaire d'un premier versement.
Il habitait une grande maison et il avait quatre voitures de luxe dans son entrée de garage, se souvient-il en pensant que l'accusé devait faire de très bonnes affaires.
Sacha Singh ajoute qu'il lui a versé 10 000 $ pour tester ses habiletés de courtier, surtout en matière de devises étrangères, mais aussi dans les commodités, comme l'or et les cryptomonnaies.

Le procureur Scott Patterson interroge l'agent et promoteur immobilier Sacha Singh sous le regard du juge Shaun Nakatsuru, de la Cour supérieure de l'Ontario.
Photo : Radio-Canada / Pam Davies
Il souligne qu'Aiden Pleterski lui offrait la possibilité de faire des gains de 2 à 5 % en une semaine sur son capital, mais qu'il garderait une part de 30 % de ses fonds s'il souhaitait faire un retrait.
Satisfait des taux de rendement de son premier versement, Sacha Singh continuera à investir dans la compagnie de l'accusé d'avril 2021 à janvier 2022 pour un total de 22 versements, soit 3,6 millions de dollars canadiens.
De premiers messages textes de l'accusé montrent que Sacha Singh enregistre, à partir de mai 2022, des gains hebdomadaires de 7,11 %, de 6,23 % et de 7,44 %.
Je n'étais pas inquiet de la situation en Chine à l'époque, poursuit-il.

Sacha Singh affirme qu'il a entendu parler d'Aiden Pleterski de la part de ses investisseurs qui lui ont vanté ses talents de courtier dans les cryptomonnaies et les devises étrangères.
Photo : Radio-Canada / Pam Davies
Je pensais que tout allait comme prévu, affirme Sacha Singh au procureur Scott Patterson qui l'interroge.
Il mentionne toutefois qu'il n'aurait jamais investi dans la compagnie d'Aiden Pleterski s'il avait su que son argent servirait à rembourser d'autres investisseurs ou à s'acheter des propriétés luxueuses.
Sacha Singh précise que les choses ont commencé à tourner au vinaigre lorsque les textos d'Aiden Pleterski sur les fluctuations de ses fonds sont devenus plus rares.
Seulement 1/5 des fonds récupérés
Il affirme qu'il lui a demandé en novembre 2021 de retirer un million de dollars.
J'ai reçu, après quelques délais, 700 000 $ conformément à la règle des 30/70 comme stipulé dans le contrat, confirme-t-il en précisant qu'il avait besoin d'argent pour un projet immobilier.
Sacha Singh affirme que sa confiance est en partie revenue jusqu'au jour où il apprend dans une conversation téléphonique en avril 2022 que les fonds de 700 000 $ proviennent de l'argent de poche du jeune homme et non de sa compagnie de courtage au Belize.
On comprend dans l'appel téléphonique, enregistré à l'insu de l'accusé, qu'Aiden Pleterski a expliqué à Sacha Singh que les fonds de sa compagnie FXChoice étaient bloqués et que l'entreprise de courtage ferait faillite si tous les fonds étaient retirés.

Aiden Pleterski, qui suit l'interrogatoire à la fois sur son écran et le grand écran du prétoire, a refusé de contre-interroger Sacha Singh.
Photo : Radio-Canada / Pam Davies
Aiden Pleterski ajoute au téléphone qu'il paye de sa poche ses investisseurs depuis février 2022.
Sacha Singh mentionne qu'il a alors voulu retirer tout son argent, mais qu'il n'a reçu qu'un montant de 10 000 $. L'investisseur n'aura donc pu récupérer que 19,7 % de son capital.
Il ajoute qu'il a embauché un avocat pour enquêter sur les transactions de ses fonds, mais le procureur Patterson l'a interrompu derechef en disant que ses démarches ne cadraient pas avec ce procès criminel.
Il mentionne que l'accusé lui a expliqué au cours d'une autre conversation téléphonique qu'il était en train de créer une autre plateforme de courtage de niveau supérieur en Floride au nom de Forex.com.
L'accusé qui se défend seul n'a pas contre-interrogé Sacha Singh. Je n'ai pas les connaissances juridiques pour contester les incohérences de ce témoignage, Votre Honneur, dit-il.
Des fonds de 311 millions de dollars
Ce dernier témoignage corrobore celui de l'ancien associé de l'accusé, Mitchell Learning, dont les révélations ont eu l'effet d'une bombe vendredi dernier.
Mitchell Learning a expliqué qu'il s'était aperçu, en 2022, que FXChoice ne possédait pas 311 millions de dollars comme l'accusé le lui avait fait croire avec une capture d'écran affichant le solde du compte.
Il avait dit au jury qu'il avait réussi à accéder au compte de messagerie de M. Pleterski sur l'ordinateur de son ancien associé, en se rendant au manoir de l'accusé à Burlington, en juin 2022, alors que ce dernier s'était absenté.
Il avait précisé qu'il avait alors découvert un courriel de FXChoice qui confirmait qu'Aiden Pleterski avait supprimé avec succès le compte où étaient censés se trouver les 311 millions de dollars.
Le compte avait été fermé, si bien que les fonds n'y étaient plus.

Le procureur Scott Patterson interroge Mitchell Learning à la barre des témoins le 9 octobre 2026 au procès d'Aiden Pleterski, assis en bas à gauche. Le procureur Akshay Aurora est assis au milieu.
Photo : Radio-Canada / Pam Davies
Mitchell Learning, qui a lui-même investi 400 000 $, a par la suite révélé qu'il avait trouvé des relevés de la plateforme Forex.com dans l'ordinateur de l'accusé, mais dont les fonds n'ont jamais été supérieurs à 1000 $.
Il a ensuite raconté qu'Aiden Pleterski était rentré chez lui et qu'il lui avait raconté une histoire selon laquelle il effectuait des opérations sur le cours des changes et que tout allait bien jusqu'à l'été 2021, au moment où la situation a apparemment basculé.
À la fin de l'été, en septembre 2021, Aiden disposait de 40 millions de dollars sur un compte de transaction, a-t-il déclaré en rapportant les propos de l'accusé à l'époque.

Mitchell Learning affirme qu'il a récupéré au total plus d'un million de dollars auprès d'Aiden Pleterski (grâce à un investissement initial de 400 000 $), mais qu'il en a reversé une partie à d'autres investisseurs lorsque la situation a fini par s'effondrer.
Photo : Radio-Canada / Pam Davies
Mitchell Learning a précisé que la situation n'avait fait qu'empirer par la suite et que l'accusé avait alors tenté de réaliser des opérations plus risquées pour regagner ses pertes, ce qui lui avait fait perdre le reste de ses fonds.
C'est alors qu'Aiden a commencé à mettre en place une pyramide de Ponzi, avait-il déclaré à la cour.
Mitchell Learning a ajouté qu'il avait appelé Aiden Pleterski deux jours plus tard, qu'il était furieux parce qu'il lui avait menti et l'avait placé dans une telle position en tant qu'associé dans leur entreprise.
L'enregistrement téléphonique a été présenté au jury.
On y entend Aiden Pleterski exprimer des regrets pour ne pas avoir été honnête avec tous ses investisseurs lorsque leurs placements ont commencé à battre de l'aile et avant qu'il ne perde par la suite tout leur argent.
Avec des informations de Nicole Brockbank, CBC News


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