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Une photo souvenir d'une partie de chasse sur les Chasses de la Couronne de Saint-Michel Freyr (Saint-Hubert) en a choqué plus d'un dernièrement. La photo, prise le mardi 16 décembre, montre des dizaines de gibiers tués. Certaines personnes n'ont d'ailleurs pas hésité à qualifier ce moment de pur carnage, d'autant plus qu'il semblerait que de nombreuses laies ayant mis bas tout récemment et des laies pleines ont été abattues lors de cette partie de chasse.
"Au total, plus de 129 animaux ont été tirés, explique l'un des chasseurs présents pour l'occasion et qui souhaite rester anonyme. Parmi ces animaux, essentiellement des sangliers, des chevreuils, des faons et des biches. Les instructions de tirs étaient uniques et particulières car nous avions l'autorisation de tirer sur tous ces animaux, peu importe leur âge, leur sexe, leur nombre."
Depuis 1982 et le règne du roi Baudouin, la Couronne a souhaité renoncer à exercer directement et personnellement son droit de chasse sur les territoires de Saint-Michel-Freyr et de l'Hertogenwald (Hautes Fagnes). Le vœu du roi Baudouin était alors de conférer aux Chasses de la Couronne des missions telles que l'organisation d'un territoire cynégétique exemplaire, le développement d'un site expérimental de choix pour la recherche scientifique appliquée et la création d'un lieu potentiel socio-pédagogique. Des missions dévolues à une administration composée du SPW Agriculture, Ressources naturelles et Environnement, du Département Nature et Forêts ainsi que du Département de l'Étude du Milieu Naturel et Agricole de Gembloux.

Plus de 50 chasseurs
Sur le territoire de Saint-Michel-Freyr, on utilise la poussée de traque à l'affût, une technique de chasse silencieuse où les chasseurs, postés dans des miradors, tirent sur du gibier lentement poussé vers eux par des traqueurs qui parcourent calmement le territoire avec ou sans chiens.
"Ce mardi 16 décembre, nous étions plus de cinquante chasseurs alors qu'habituellement, nous sommes environ 25, poursuit notre interlocuteur. Être autant et tirer sur tous les animaux visibles, c'est une stratégie qui avait été définie par l'administration en charge du territoire. Cette chasse gigantesque et exceptionnelle rassemblait plusieurs enceintes avec des chasseurs expérimentés et capables de tirer sur tous les animaux sans sentiments particuliers. En effet, si certains chasseurs évitent de tirer les mères qui ont des jeunes, ce n'était pas le cas lors de cette journée."
La Wallonie est-elle un Disneyland de la chasse ?Si les motivations d'une telle chasse restent floues, on nous signale que l'objectif principal était un maximum de résultats afin de diminuer au maximum les populations présentes sur le territoire. Le nombre de chasseurs peut expliquer les nombreux animaux tués mais d'autres facteurs sont aussi à prendre en compte. "En ce mois de décembre, les arbres sont complètement nus et le gibier a donc moins la possibilité de se cacher, précise le chasseur. De plus le postage à l'intérieur des enceintes fait en sorte que les groupes d'animaux se font tirer dessus plusieurs fois, contrairement à la battue traditionnelle où les chasseurs n'ont qu'une seule fois l'occasion de tirer sur un animal ou un groupe d'animal puisqu'on ne tire qu'à l'extérieur de l'enceinte".
Des marcassins orphelins
Le couple de loups qui s'est récemment installé dans la région n'est sans doute également pas étranger à cette grosse "performance". En effet, en présence du loup, les animaux de la forêt ont tendance à se rassembler pour pouvoir se défendre davantage. Il semble donc plausible que ce rassemblement ait eu lieu en plein milieu de la zone de chasse. Quid alors du nombre important de laies tuées lors de cette journée ? "Avec le réchauffement climatique et la sécheresse, la tombée des glands au sol arrive plus tôt qu'auparavant, poursuit le chasseur. Cette nourriture numéro un chez le sanglier, amène les laies à être en chaleur bien plus tôt qu'autrefois. Habituellement, elles mettaient bas en février alors qu'elles le font maintenant en novembre-décembre. Conséquence de cela, les laies qui viennent de mettre bas nourrissent encore leurs tout petits marcassins en cette fin de mois de décembre."
Céline Tellier veut interdire certaines pratiques liées à la chasse: "Cela n'a aucune autre fonction que celle d'amuser quelques-uns"Abattre une laie qui vient de mettre bas dernièrement est très interpellant en termes de bien-être animal. En effet, les marcassins naissent quasi sans poils et ont donc besoin de leur mère pour se chauffer mais aussi se nourrir. "Pas mal de marcassins orphelins ne vont donc pas survivre dans les prochains jours dans cette forêt de Saint Hubert", reconnaît le chasseur. Et ce qui est interpellant, c'est d'avoir vu cette journée se poursuivre l'après-midi alors que la matinée comptait déjà une soixante d'animaux abattus.
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