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Lorsque Jenny Roberts est arrivée dans la petite caserne de Teslin, au Yukon, en 2017, elle était seulement la deuxième femme à se joindre à l'équipe de pompiers volontaires. Aujourd'hui, sur les neuf membres, cinq sont des femmes.
Entre les deux camions stationnés dans la caserne du petit village d'environ 500 habitants, son préféré est le vieux Freightliner 2002 de Fort Garry Fire Trucks.
J'ai commencé à étudier pour mon permis de conduire de classe 3, j'ai suivi mon cours sur les freins à air comprimé et j'ai passé mon permis sur notre autopompe ici même, dit Jenny Roberts, en désignant de la main le vieux camion rouge à la tôle étincelante.
Je n’avais encore jamais eu la chance dans ma vie d'acquérir ces qualifications.
Jenny Roberts dit ne pas avoir réalisé qu’une étape avait été franchie au moment où son équipe a accueilli sa cinquième pompière.
Cela me rend très fière, dit-elle.

Jenny Robert s'est jointe au service de pompiers volontaires de Teslin, au Yukon, en 2017. Elle s'occupe principalement de l'alimentation en eau durant les interventions.
Photo : Radio-Canada / Liny Lamberink (CBC/Radio-Canada)
Je ne l’avais pas remarqué, puisque nous sommes avant tout une équipe et que le genre n’a pas d’importance. Mais j’y ai réfléchi ces derniers jours, et je crois que c’est vraiment génial.
Le détail n'a toutefois pas échappé à Gillian Rourke, responsable de la formation à la caserne.
Je l’ai remarqué le jour même où c’est arrivé, dit-elle en riant.
Gillian Rourke est la directrice adjointe du camp de formation Ember, un programme annuel du gouvernement du Yukon, créé en 2014 et destiné notamment aux femmes et aux personnes non binaires.
Selon elle, le camp Ember est l’une des raisons pour lesquelles davantage de femmes combattent des feux à travers le territoire aujourd'hui.

Selon Gillian Rourke, directrice adjointe du camp de formation Ember et membre de la caserne de Teslin, la diversité de genre offre une variété d'aptitudes complémentaires et peut être très bénéfique dans un service de lutte contre les incendies.
Photo : Radio-Canada / Liny Lamberink (CBC/Radio-Canada)
Selon Julia Duchesne, porte-parole du ministère des Services aux collectivités du Yukon, 142 recrues ont participé au programme depuis son lancement. Depuis, 40 sont devenues pompières.
Chacun ses forces
D'après le chef pompier de Teslin, James Smarch, le fait d'avoir une équipe composée à majorité de femmes ne change pas le fonctionnement de la caserne.
Le plus gros changement de ces 20 dernières années, c'est simplement les qualifications et les responsabilités requises pour occuper le poste, dit-il.
Nous faisons également davantage d’interventions, peut-être plus de 20 par année, dans une communauté d’environ 500 personnes. La plupart impliquent des véhicules motorisés.
Quelles aptitudes les femmes apportent-elles à l’équipe? Tout ce qu'un homme peut apporter à l’équipe , répond Gillian Rourke.
Chacun ses forces. L’un sera plus fort physique, un autre sera plus massif. Parfois, être plus petit vous offrira un meilleur accès à certains espaces, explique-t-elle.
La pompière Veronica Huggard faisait partie de l’équipe du camp Ember de 2025.
Elle était enceinte de son deuxième enfant au moment d’intégrer le service de lutte contre les incendies de Teslin et vante aujourd’hui l'accueil et l’aide auxquels elle a eu droit.

Veronica Huggard, du service de pompiers volontaires de Teslin avec sa fille Mina qui, à 2 mois, passe beaucoup de temps à la caserne.
Photo : Radio-Canada / Liny Lamberink (CBC/Radio-Canada)
Sa fille est née ce printemps. Souvent, Mina m’accompagne dans à peu près tout ce que nous faisons à la caserne, dit-elle, son bébé dans les bras.
Jenny Roberts, qui est atteinte de sclérose en plaques et de polyarthrite rhumatoïde, parle également d’un lieu accueillant, avec des emplois adaptés à toutes les compétences.
En temps normal, elle est responsable de l’alimentation en eau. Je veille à ce que le réservoir d’eau soit toujours presque plein lors des interventions, explique-t-elle.
Le chef James Smarch dit s’attendre entièrement à ce qu’une femme occupe un jour son poste à la tête du service de lutte contre les incendies de Teslin.
Mon petit garçon dit déjà qu’il sera le prochain chef. Je n’arrête pas de le taquiner en lui disant que sa petite sœur va probablement lui donner du fil à retordre, confie-t-il.
Selon l’Association canadienne des chefs de pompiers, les pompières représentent 12 % de la profession au Canada.
Avec les informations de Liny Lamberink


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