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POMPIERS. La Ville de Drummondville a inauguré sa caserne 1, qui a subi une cure de jouvence ces dernières années.
Le repère des soldats du feu de la rue Cockburn, construit en 1963, a été presque entièrement réaménagé au terme de travaux réalisés au coût de 3,8 millions de dollars, dont 1,2 million provenant du programme d’amélioration et de construction d’infrastructures municipales (PRACIM) du gouvernement du Québec.
Les nouveaux locaux, dévoilés jeudi lors d’une conférence de presse suivie d’une visite, doivent offrir une meilleure réduction des risques liés aux maladies professionnelles en raison de l’établissement de trois zones distinctes (rouge, jaune et verte) et de la mise à jour d’équipements mécaniques. Chaque zone doit séparer les pompiers et leurs équipements en fonction de leur niveau de contamination.
Une fois une intervention terminée, les pompiers doivent procéder à une première décontamination sur les lieux. De retour à la caserne, une baie en zone rouge a été construite dans une zone séparée. C’est à cet endroit que les véhicules seront nettoyés et où les sapeurs retireront leur habit souillé. Ensuite, trois espaces dédiés leur permettront de déposer leurs équipements mécaniques, respiratoires et leur habit pour le nettoyage complet. Des mesures de sécurité, comme le port de gant de nitrile, de masques respiratoires ou la mise en sac de plastique des habits souillés, sont désormais nécessaires pour réduire au maximum les risques de contamination croisée, a expliqué Andrew Barr, directeur du service de sécurité incendie et sécurité civile (SSISC) de Drummondville, lors de la visite des lieux.
L’espace dit de zone jaune est réservé à la préparation et l’entretien des équipements. Elle comprend aussi les espaces de garage où sont stationnés les véhicules d’intervention. De plus, chaque baie est maintenant équipée d’un système de captage des gaz d’échappement à la source. C’est aussi dans cette zone que se trouvent les espaces de douche des pompiers. D’ailleurs, les équipes comptent maintenant sur sept douches, dont une réservée aux femmes, comparativement à seulement deux auparavant.
La zone verte comprend les espaces de vie des pompiers, soit le salon, les dortoirs, le vestiaire, la cuisine et la salle de formation. Notons aussi que chaque zone possède ses propres laveuses et sécheuses et que les systèmes de ventilation sont indépendants selon les zones.
Réduction de risques
La séparation des casernes en ces trois zones distinctes est une pratique encore récente dans la province. La Ville de Drummondville planifie la construction de sa future caserne 3, à Saint-Nicéphore, selon ces mêmes principes.
«Cette séparation peut sembler simple, mais elle change énormément de choses, a signalé Daniel Pelletier, délégué à la sécurité incendie et sécurité civile et élu du district 11 de Drummondville. Elle permet de limiter la contamination croisée et de réduire les risques d’exposition aux substances nocives qui peuvent être rapportées après une intervention. Aujourd’hui, ce type d’aménagement fait partie des meilleures pratiques reconnues en sécurité incendie. Il est important pour nous que cette caserne reflète ces standards.»
Andrew Barr, directeur du service de sécurité incendie et sécurité civile. (Photo : Ghyslain Bergeron)«Les aires de décontamination sont loin des aires de vie. Les chances de contamination croisée sont presque éliminées, a ajouté Andrew Barr. C’est sûr qu’il demeure un facteur humain; il y a un petit travail à faire pour changer les habitudes de vouloir aller chercher une collation dans la cuisine en revenant d’un feu. C’est presque éliminé maintenant, mais on a le parcours de décontamination et des installations mieux adaptées à notre réalité et qui préviennent des cancers.»
Ce dernier souligne que ces nouveaux aménagements doivent contribuer à garder au travail des pompiers en santé. «Quand les pompiers sont au travail et non arrêtés pour des raisons de maladie, c’est au bénéfice de la population. Un pompier malade a des impacts sur sa famille, ses collègues, le service incendie et il peut éventuellement en avoir sur la communauté. En santé et sécurité, on dit qu’un dollar investi en prévention rapportera éventuellement trois dollars à l’organisation», a énoncé Andrew Barr.
Il n’était pas possible de quantifier la proportion de réduction des risques de maladies professionnelles liées aux nouvelles installations, puisque ces façons de faire sont encore trop récentes, ont indiqué les représentants de la Ville questionnés à ce sujet. Ils ont néanmoins souligné que le risque zéro est difficilement atteignable en raison de la nature du travail des pompiers.
«C’est la réalisation de deux éléments importants, a affirmé le maire Jean-François Houle. Le premier étant, bien entendu, de répondre à des obligations et des volontés de sécurité pour le personnel du service incendie. La Ville a décidé d’aller au-delà des normes, parce que c’est important de protéger nos pompiers qui ont une prévalence plus importante que la population générale à certaines maladies. Ensuite, on en a profité pour moderniser un bâtiment existant en le valorisant pour en faire le meilleur usage possible.»
Actuellement, des équipes de six pompiers se relaient en tout temps à la caserne 1. Il est prévu de la faire passer à sept pompiers l’an prochain et d’atteindre une équipe de 10 en 2029. Des équipes de cinq sapeurs sont établies à la caserne 3. L’objectif est d’avoir 15 pompiers en devoir en tout temps dès 2029, selon le plan de développement du service incendie.


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