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Une attaque canadienne encore plus relevée qu’à la Confrontation des 4 nations

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MILAN – C’est une formation plutôt semblable à celle de la Confrontation des 4 nations que le Canada a emmenée aux Jeux olympiques de Milan-Cortina, mais cette équipe n’a pas le choix de continuer de se tirer vers le haut si elle veut conserver sa place au sommet de la pyramide hockey.

On a un autre niveau, ou du moins, j’espère qu’on a un autre niveau, parce qu’on s’attend à ce que notre compétition en trouve un, a déclaré le directeur général de l’équipe canadienne, Doug Armstrong, mercredi, à la veille du premier match du Canada face à la Tchéquie.

Il faudra qu’on soit prêt à répondre.

Le rêve de voir Sidney Crosby, Connor McDavid et Nathan MacKinnon ensemble sur la scène olympique est enfin sur le point de se réaliser, et les trois supervedettes pourraient être au cœur de l’une des attaques les plus redoutables que le Canada ait présentées sur la scène internationale.

Avec les changements apportés à la formation par rapport aux 4 nations et en dépit des blessures avec lesquelles il doit composer, le Canada a un meilleur groupe d’attaquants que ce qu’on a vu l’an dernier, à Montréal et à Boston.

Le fait que Crosby soit employé au centre du troisième trio est un bon indicateur de la profondeur de cette équipe.

On croit avoir mis sur pied un groupe avec qui l'entraîneur n'aura pas à se soucier des confrontations. On veut que les autres équipes s'ajustent à ce qu'on va faire.

Le plus gros changement est l’entrée en scène de Macklin Celebrini, qui pourrait bien être le facteur X dans l’équation canadienne.

S’il est en mesure de s’élever et de déployer ses ailes encore plus, maintenant qu’il est entouré des meilleurs joueurs de son pays, qui sait quel impact l’attaquant de 19 ans pourra avoir?

Ce que Celebrini montre depuis un an donne à croire qu’il pourrait être une sorte de dauphin ou de fils spirituel à Crosby. C’est un atout immense que le Canada n’avait pas au tournoi des 4 nations.

Il est impressionnant, a confié Crosby. Il fait tout bien, il travaille fort, il est très doué, mais c’est avant tout son niveau de compétition qui le différencie des autres.

Sa production et son rendement parlent d’eux-mêmes, mais il est responsable des deux côtés de la rondelle. Il a une bonne ardeur au travail et il mérite beaucoup de félicitations pour avoir amené San José dans le portrait des séries.

MacKinnon et Horvat inversent leurs rôles

À l’entraînement, mercredi, l’entraîneur-chef Jon Cooper a fait un seul changement, soit d’inverser MacKinnon et Bo Horvat au centre de leur trio respectif.

On se retrouvait donc avec ceci :

  • Celebrini - McDavid - Wilson
  • Hagel - MacKinnon - Reinhart
  • Stone - Crosby - Marner
  • Marchand - Horvat - Suzuki

(en rotation : Bennett et Jarvis)

Cette formation est peut-être plus en phase avec la hiérarchie des attaquants en présence que ce qu’on avait vu lors du premier entraînement, en début de semaine.

Autre signe que l’équipe est supérieure à celle de la Confrontation des 4 nations : Horvat et Nick Suzuki repoussent Sam Bennett et Seth Jarvis dans des rôles de réservistes, alors qu’ils patinaient dans un trio partant lors de la finale des 4 nations face aux États-Unis.

La possibilité d’employer 13 attaquants permettra d’utiliser Bennett et Jarvis de façon ciblée et en fonction de l’adversaire, mais les dirigeants insèrent avec Suzuki et Horvat deux joueurs qui cadrent bien avec leur vision du jeu sur 200 pieds.

Ces deux centres naturels vont en outre partager les responsabilités d’Anthony Cirelli en désavantage numérique. Suzuki devrait être jumelé à Marchand, tandis que Horvat jouera vraisemblablement avec Brandon Hagel, qui forme avec Cirelli un excellent tandem dans l’unité d’infériorité numérique du Lightning de Tampa Bay.

Seule l’absence de Brayden Point prive le Canada d’une formation optimale, mais les amateurs du Canadien se consoleront à l'idée que son forfait assure plus ou moins Suzuki d’un poste par les 12 premiers attaquants.

Je ne peux pas l’affirmer à 100 %, mais je serais très surpris si les trios restaient les mêmes pour tout le tournoi, a indiqué Armstrong.

Un joueur de hockey du Canada donne la main à ses coéquipiers au banc des joueurs.

Nathan MacKinnon (no 9) commencera le tournoi olympique flanqué de Brandon Hagel et de Sam Reinhart.

Photo : Associated Press / Fredrik Sandberg

De la familiarité

On entend souvent que la Confrontation des 4 nations a permis à l’équipe canadienne de se familiariser avec ses effectifs l’an dernier, et que de ne pas avoir à partir de zéro lui procure un avantage aux Jeux olympiques.

Bien sûr, les États-Unis, la Suède et la Finlande peuvent dire la même chose. Les Suédois, par exemple, entendent utiliser leur mauvais tournoi de l’an dernier comme réveil pour redresser la barque à Milan.

C’est du moins la conclusion qu’en a tiré Sam Hallam, l’entraîneur-chef des Trois Couronnes.

On va devoir être meilleurs que ça, on sait qu'on doit être meilleurs, a dit Hallam. Il va falloir qu'on augmente notre cadence de jeu et qu'on pousse sur le plan de l'agressivité.

C'est un cadre différent ici, ça nous a donné un peu plus de temps pour se bâtir. On a beaucoup appris sur nous-mêmes. Espérons que l'analyse qu'on a faite (des 4 nations) était la bonne et qu'on en verra les résultats ici.

Cette fameuse familiarité acquise à la Confrontation des 4 nations n’est pas autant un avantage concurrentiel qu’une situation qui simplifie tout à l’interne.

Le fait que les entraîneurs connaissent les joueurs davantage, ça aide un peu à travailler les combinaisons, les trios et les duos de défense. Ça a été beaucoup plus facile cette fois-ci que la dernière fois, à cause du niveau de familiarité, a observé Julien BriseBois, l’un des adjoints à Armstrong.

Pour ce qui est des joueurs entre eux, pour jouer vite, il faut anticiper ce que nos partenaires de jeu vont faire. En ce sens, cette expérience-là va aider. C'est sûr que ce n'était pas un gros échantillon [...], mais c'est mieux que ce qu'on avait avant les 4 nations.

Le Canada amorcera le tournoi olympique contre la Tchéquie et la Suisse, deux formations qui n’étaient pas des 4 nations, mais qui ont eu aussi la chance d’apprendre à se connaître. L’immense majorité de l’équipe tchèque était de l’édition qui a remporté le Championnat du monde de 2024, tandis que tous les joueurs de la Suisse ont participé à l’un ou l’autre des deux derniers mondiaux.

Confiance en Binnington

Jon Cooper n’a pas voulu annoncer qui serait son gardien en vue du match face à la Tchéquie, car il ne veut pas l’annoncer publiquement avant d’avoir avisé ses gardiens.

Si le Canada a décidé de donner un poste à Jordan Binnington, c’est assurément pour l’utiliser.

Il aura probablement une marge de manœuvre plus petite qu’aux 4 nations, d’autant plus que le calendrier du tournoi devrait forcer l’utilisation d’un autre gardien. Mais Armstrong, qui au quotidien est le DG des Blues de St. Louis et qui a vu le meilleur et le pire de Binnington, ne bronche pas quand il est question de lui.

Quand un joueur se lève dans les grandes occasions, tout le monde le voit. Ça ne prend pas un recruteur pour voir ce qu’il a fait dans les séries de la Coupe Stanley ou à la Confrontation des 4 nations, a dit Armstrong. Et quand les joueurs voient ça d'une fois à l'autre, ça jette les bases pour qu’ils se disent qu’au moment critique, ils auront confiance en ce gars-là. Et c’est là où en sont les joueurs par rapport à Binner.

Il a deux excellents partenaires avec lui. Je sais qu’il est beaucoup question de nos gardiens, mais j’ai la plus grande confiance qu’on pourra trouver le bon chemin avec ces trois gardiens.

L’alternative à Binnington est aussi une amélioration par rapport à ce qu’on a vu aux 4 nations. N’en déplaise à Samuel Montembeault et à Adin Hill, Logan Thompson a été le meilleur gardien du Canada depuis deux ans. Hockey Canada n’a aucun historique avec lui, et il faudra voir si l’équipe lui témoignera une réelle confiance, mais Thompson est sans doute la meilleure option à sa disposition dans ce tournoi.

Il y a néanmoins de la précarité devant le filet, et dans une moindre mesure en défense, où il n'y a aucun changement par rapport à la Confrontation des 4 nations. Voilà pourquoi, dans l'ensemble, on ne peut pas dire que le Canada amorce le tournoi avec des éditions aussi redoutables que celles de 2002 ou de 2010.

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