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Après 17 ans de travail, Brice, commerçant à Toulon (Var), découvre sa boutique vandalisée et livre sa détresse.
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Par Léa Nicosia Publié le 19 oct. 2026 à 6h02
Derrière une vitrine étoilée de fissures, il y a 17 ans de travail, de sacrifices et de passion. À Toulon, Brice, qui tient le magasin de vêtements pour hommes Strada, a découvert son commerce vandalisé lors de la journée de mobilisation du samedi 17 octobre 2026. Depuis, il tente de mettre des mots sur un sentiment qui dépasse largement les dégâts matériels : celui d’avoir vu une partie de sa vie saccagée.
Sur ses réseaux sociaux, il partage une photo : celle de sa vitrine, criblée d’impacts. Derrière le verre brisé, les chaussures et les vêtements sont toujours exposés, comme si la vie du magasin s’était figée au milieu du chaos.
« Je ne sais même pas par quoi commencer. Simplement écœuré. Écœuré de voir tout ça », écrit le commerçant dans un témoignage chargé d’émotion.
« Une assurance ne rembourse pas 17 ans de sacrifices »
Depuis 17 ans, Brice se bat pour faire vivre sa boutique. Un commerce qu’il a construit au fil des années, avec son énergie et sa passion. Aujourd’hui, les dégâts touchent bien plus qu’une vitrine.
« Vous n’avez pas simplement vandalisé une boutique. Vous avez touché à mon travail, à ma passion, à une partie de ma vie. »
Le commerçant évoque aussi les difficultés déjà rencontrées par les commerces de centre-ville : le pouvoir d’achat en baisse, les clients qui se font plus rares et les conséquences des manifestations sur la fréquentation des boutiques. Des difficultés auxquelles s’ajoutent désormais les dégradations.
Face à ceux qui lui rappellent qu’il pourra être indemnisé par son assurance, Brice laisse éclater sa colère : « Une assurance ne rembourse pas 17 ans de sacrifices. Elle n’efface ni la peine, ni la colère, ni ce sentiment d’injustice. »
S’il dit comprendre une partie de la colère exprimée face à la situation du pays, il refuse que les commerçants en deviennent les victimes. « Vous voulez exprimer votre colère ? Allez devant l’arsenal, la préfecture, la mairie. C’est eux l’État ! Ce n’est pas moi ! Je n’ai rien demandé ! », écrit-il.
« Vous avez surtout brisé quelque chose en moi »
Au-delà de la colère, c’est la blessure morale qui transparaît dans son message. Brice ne sait pas encore comment il parviendra à se relever de cette épreuve. « Parce que derrière cette vitrine, il y a un homme. Un homme qui a consacré 17 ans de sa vie à construire quelque chose », rappelle-t-il.
Son témoignage a suscité des réactions de soutien. « Il faut des années pour bâtir ce que quelques secondes suffisent à détruire », écrit notamment un internaute, qui l’encourage à revenir plus fort.
Le Café Pop, commerce toulonnais, a également partagé son émotion.
« Je comprends à quel point vous devez vous sentir anéanti ce soir. Et puis c’est tellement violent et choquant quand vous le vivez aux premières loges. Je partage votre chagrin. »
Le message de Brice fait écho à celui d’une myriade de commerçants confrontés aux conséquences des violences et des dégradations survenues en marge des manifestations du 17 octobre. Sur les réseaux sociaux, des témoignages de professionnels touchés par les dégâts se multiplient, mettant en lumière les conséquences humaines de ces scènes de violence.
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