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L'application web Oplan, créée par une entreprise de Thetford Mines, transforme l'enseignement de la lecture grâce à l'intelligence artificielle. L’outil permet aux enseignants de générer des textes pédagogiques sur mesure en fonction des besoins des élèves.
Dans sa classe de troisième et quatrième année à l’école du Saint-Nom-de-Marie de Sainte-Clotilde-de-Beauce, Shany Tardif souhaite faire vivre la fièvre des Olympiques à ses élèves, un sujet d’actualité.

Shany Tardif utilise l’application Oplan depuis le début de l’année scolaire dans sa classe de 3e et 4e année de l'école du Saint-Nom-de-Marie de Sainte-Clotilde-de-Beauce.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Je peux choisir des sujets qui motivent les élèves, c’est la simplicité et la rapidité d’accès, pas besoin de fouiller dans des banques de textes, explique la jeune enseignante en début de carrière.
Sur l'application web Oplan, elle indique dans l’interface le sujet du texte, le niveau scolaire de ses élèves, le type de texte (informatif ou narratif), le nombre de mots et le temps des verbes employés.
Par la suite, elle choisit le nombre et le type des questions de compréhension (choix multiples ou à développement) à ajouter à la fin du texte et elle génère des images illustrant le contenu.

Shany Tardif donne des indications à l'application web Oplan qui va générer un nouveau texte pour ses élèves.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
En l’espace de quelques secondes, un texte basé sur les exigences du ministère de l’Éducation est généré selon les critères sélectionnés.
Je n’ai pas besoin de fouiller dans des banques de textes qui motivent les élèves. D’année en année, les intérêts du groupe vont changer. Je peux facilement avoir un texte qui leur plaît.
Le texte est maintenant imprimé. Les élèves en font la lecture à voix haute à tour de rôle avant de se regrouper en équipe pour compléter les questions à la toute fin. Ces objectifs de classe sont atteints.
Répondre à un besoin
L’arrivée de l’intelligence artificielle a chamboulé le monde de l’éducation. Le cofondateur et vice-président éducation chez Oplan, Dave Tardif, a décidé de sonder les enseignants dans les deux dernières années pour connaître leur plus grand besoin pour leur faire sauver du temps. La réponse est tombée rapidement.
Le très grand nombre d'heures à rechercher des textes, des bons textes de qualité, de bon niveau en lien avec le programme, puis surtout intéressants pour les enfants, répond l’ancien enseignant et conseiller pédagogique.

Dave Tardif est vice-président éducation chez Oplan.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Pour lui, l'implication des jeunes explique aussi la réussite de l'application.
Dans la classe de madame Shany, sa grande banque de textes est teintée par les choix de ses élèves. Le petit Zack Lessard se rappelle son texte personnalisé. On a fait un texte sur le Titanic et c’était vraiment intéressant.

Les jeunes sont invités à choisir le sujet du texte.
Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier
Son enseignante s’assure de relire tous les textes lorsqu’ils sont générés avec l'IA avant de les distribuer aux élèves. On a balisé une intelligence artificielle pour qu’elle respecte des critères pédagogiques rigides, explique Dave Tardif, venu constater en personne le travail accompli par son application web en classe.
On n'est pas exempts de certaines petites erreurs, mais on force notre système à se contre-vérifier avant de générer des textes.
Partout au Canada
Depuis le début de l’année scolaire, l’application web se retrouve dans plusieurs écoles francophones de sept provinces et territoires canadiens. C’est le cas à l’école Mgr-Martin de Saint-Quentin, au Nouveau-Brunswick.
La directrice Julie Godbout aime la variété de sujets offerts par Oplan, mais aussi la précision des informations. Elle donne l’exemple d’un texte abordant la route 180 dans la région.

La directrice Julie Godbout nous montre des textes générés par Oplan dont les thèmes ont été trouvés par des jeunes de 2e année de l'école Mgr-Martin. Un code QR permet aux parents de lire le texte à la maison.
Photo : Radio-Canada / Yves Levesque
C’est quand même une petite route très connue, c'était vraiment précis, son surnom, le chemin des ressources ou des choses comme ça. Donc, ça rejoint l'intérêt de nos élèves et de nos régions, explique la directrice de l’établissement qui compte 274 élèves de la maternelle à la sixième année.
Aide à la francisation
L’école compte une quarantaine de jeunes nouveaux arrivants. J'ai 14 différents pays [et] 90 % du temps, ils n'ont aucune base en français. On doit leur apprendre l'alphabet, lance Sonny Thériault, une monitrice de langues qui aide les élèves dans l’apprentissage du français.
Oplan lui permet de simplifier un texte selon le niveau de français du jeune.

Sonny Thériault travaille avec 40 jeunes nouveaux arrivants de l'école Mgr-Martin de Saint-Quentin. Plusieurs sont arrivés en début d'année et ne parlaient pas un seul mot français.
Photo : Radio-Canada / Yves Levesque
Juste en cliquant modifier, simplifier ma version, j'ai été capable de réduire mon texte [de 300] à 150 mots avec quatre différentes questions [au lieu de 10], affirme-t-elle, ajoutant qu’il ne manque qu’un service de traduction intégré à l’application pour faciliter davantage son travail.
La directrice de l’école souhaite poursuivre l’expérience avec l’application web qui sort maintenant des classes et offre un service personnalisé de textes envoyés par courriel aux familles. Ce ne sont donc pas les projets qui manquent pour la jeune pousse de Thetford Mines.
On s'est fait demander par plusieurs enseignants des générateurs de situations problèmes en mathématiques, ajoute Dave Tardif.
Mais en attendant, au Nouveau-Brunswick comme au Québec, les jeunes ont la main levée et veulent faire connaître leur sujet pour la prochaine histoire.


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