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Trois universités canadiennes se sont unies pour lutter contre la pénurie de traducteurs juridiques et promouvoir cette profession. L’Alliance interuniversitaire canadienne pour l’avancement des professions jurilangagières réunit les programmes en traduction juridique de l’Université McGill et de l’Université de Saint-Boniface ainsi que ceux en interprétation juridique et judiciaire de l’Université Sainte-Anne, en Nouvelle-Écosse.
L'objectif est de mieux faire connaître les professions jurilangagières et de promouvoir la formation et les possibilités de carrière dans ce domaine.
Selon le coordonnateur du programme d'études supérieures en traduction juridique de l'Université McGill, Éric Dupont, le projet vise à susciter l'intérêt des traducteurs généralistes pour le métier de traduction juridique, mais aussi de combler le manque de formation.
Un des grands problèmes, c'est la formation. C'est une formation spécialisée qui exige plusieurs cours à l'université. Et les employeurs n'ont pas toujours les moyens et les ressources pour former les traducteurs qu'ils voudraient embaucher. L’Alliance interuniversitaire canadienne pour l’avancement des professions jurilangagières veut donc essayer de pallier ce manque, souligne-t-il.
Pour renverser cette tendance, l'Alliance compte organiser des activités pour faire connaître le métier de traduction juridique auprès des traducteurs généralistes et des juristes.

Éric Dupont, coordonnateur du programme d'études supérieures en traduction juridique de l'Université McGill
Photo : Photo soumise par Éric Dupont
Nous voudrions aussi les inviter à observer les traducteurs juridiques au travail afin de comprendre leur réalité, dit Éric Dupont. Cette démarche vise à lever les barrières qui empêchent certaines personnes de se tourner vers cette profession.
Vous savez, quand on parle de langage juridique, il y a beaucoup de gens qui trouvent ça intimidant et qui se disent, je n'ai pas suivi de formation en droit donc je ne pourrais pas faire ça. Mais la plupart des traducteurs juridiques sont des linguistes qui n'ont pas étudié le droit. Ils se sont formés grâce à des programmes de traduction juridique ou en milieu de travail où on leur a montré les spécificités de cette profession, fait-il remarquer.
Il ajoute que l'Alliance ambitionne de bâtir des ponts entre la traduction juridique et le bassin de traducteurs et traductrices potentiels. Pour parvenir à cet objectif, les trois universités comptent mettre en place plusieurs activités, entre autres, des conférences en ligne qui mobiliseront leurs ressources et leurs expertises.
Parce que chacun dans son coin est capable de faire quelque chose de petit, mais si on s'unit, on pourra toucher un public plus grand, indique Éric Dupont.
D'autres initiatives sont également au programme comme des activités en personne qui permettraient, d'après lui, aux traducteurs généralistes de se familiariser avec la traduction juridique. Les trois universités travaillent depuis deux ans pour la création de cette Alliance qui a reçu le financement de Justice Canada.
Le lancement a lieu mardi à 17 h à l'Université de Saint-Boniface, en présence, entre autres, des représentants de l'Association des traducteurs, terminologues et interprètes du Manitoba et de l'Association des juristes d'expression française du Manitoba.


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