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VANCOUVER — Ça faisait tellement longtemps que Claudia Gagnon avait participé au Circuit mondial de courte piste que sa mémoire et le site de l’Union internationale de patinage (ISU) ne s’entendent pas.
J’avais remplacé Kim [Boutin] l’an passé en décembre… je pense que c’était à Tilburg. C’était avant les Fêtes, donc ça fait presque un an, se souvenait-elle, dimanche, dans les entrailles du Pacific Coliseum de Vancouver.
Le site de l’ISU, cette merveille à la fine pointe de la technologie, recense bien le dernier résultat de Gagnon avant ce week-end à Tilburg. Mais on reviendrait plutôt à février 2025.
Qu’importe : il s’agit ici de démontrer que la Baieriveraine de 27 ans revient de loin.
L’avenir a déjà semblé fort radieux pour Gagnon. En 2018, elle devenait championne du monde du relais féminin, et pas avec les dernières venues non plus : ses coéquipières se nommaient Courtney Sarault, Danaé Blais et Alyson Charles.
Elle a pu faire ses débuts sur le circuit de la Coupe du monde, comme on l’appelait à l’époque. Puis est venu un premier creux, avec une exclusion des Jeux de 2022. Elle s’est tout de même reconstruite après la déception, mais le cycle olympique suivant n’a pas été un long fleuve tranquille.
Elle n’a pas participé au Circuit mondial la saison dernière. Après une chute aux sélections olympiques, elle n’a été que réserviste aux Jeux.
Malgré le fait que je ne me suis pas classée pour [le Circuit mondial] l’an passé ou pour les Jeux olympiques — ç’a été vraiment difficile —, j’ai été capable d’aller chercher une lueur, quelque chose qui pouvait me motiver à long terme ou à court terme, a souligné Gagnon. J’ai eu une très bonne coéquipière avec moi, Victoria Jean-Baptiste, qui est ici en ce moment. Elle m’a vraiment soutenue, on s’est soutenues ensemble toute la saison. Sans elle, je ne serais pas passée à travers l’année. Je la remercie. Je me dépasse à l’entraînement, j’en veux toujours plus, et j’ai du plaisir.
Honnêtement, je pense que c’est vraiment dans mes valeurs de travailler fort, de pousser la machine. Je suis une fille qui dévore les entraînements. J’adore me surpasser.
À Vancouver, elle n’a pas eu l’air en retard sur le reste de l’équipe nationale — tout comme Jean-Baptiste, d’ailleurs. Inscrite au 1500 m et aux relais, elle a atteint de belle façon les demi-finales de sa distance individuelle et a gagné l’or au relais féminin, qu’elle affectionne beaucoup plus que le relais mixte. Beaucoup plus. Pourtant, franchement, dans le relais mixte, elle a été incroyable, Claudia, a lancé son entraîneur, Marc Gagnon.
Tout le personnel d’encadrement de l’équipe canadienne, a-t-il encore indiqué, n’est absolument pas surpris de la tenue de la patineuse saguenéenne au cours du week-end.
Depuis deux ans, elle continue de progresser, a assuré l’entraîneur tout aussi saguenéen. Son enjeu n’est assurément pas physique. C’est plutôt la tactique, la confiance, savoir qu’elle est capable de défier les meilleures dans les gros moments, comme dans la demi-finale où elle a couru d’en arrière parce qu’elle voulait utiliser les opportunités au lieu de comprendre qu’elle était capable d’aller se battre avec les filles en avant.
On connaît sa valeur et ce qu’elle peut apporter à l’équipe, même au relais mixte, qui n’était même pas prévu au début de la semaine.
Avant même de participer à cette demi-finale du 1500 m, Claudia Gagnon accordait déjà une note parfaite à son week-end. Elle est fière de ses résultats, mais aussi fière de comment je suis. Elle aime se sentir souriante et pétillante, et son énergie est certes contagieuse.
On a vraiment travaillé fort sur la glace, cet été, a-t-elle indiqué. On s’est fait un plan qui a vraiment fonctionné à la perfection, selon moi. Je pensais que j’avais déjà eu un été incroyable l’an passé et une saison de forme physique remarquable, mais cet été, c’était encore deux fois plus. Je me sens au sommet de ma forme.
La clé, bien sûr, sera de la maintenir longtemps. Mais son entraîneur est convaincu qu’elle en est capable.
Je suis certainement un de ceux qui croient que les quatre ans, ce n’est absolument pas trop long, même à l’âge qu’elle a. Elle a beaucoup à offrir.
Aux prochains Jeux d’hiver, elle aura 31 ans. C’est l’âge que Kim Boutin avait à Milan-Cortina.


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