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Dans les débris du restaurant incendié sur la rue Wellington plus tôt cette semaine, David Lacoste cherche des vestiges d’un autre temps. Le directeur général du Musée d’histoire de Sherbrooke trouve important de « documenter », de « garder une trace de ce qui était là ». Il ne s'attendait pas à y faire une trouvaille surprenante.
Debout devant les grillages délimitant le terrain qui accueillait autrefois le restaurant O’Chevreuil et des locaux à bureaux, David Lacoste tient dans ses mains une brique incomplète, à moitié endommagée, qui tire sur le jaune.
La brique jaune qui caractérisait la devanture du bâtiment, se souvient David Lacoste.
Jusqu’ici, rien de surprenant. Mais sur la surface de la brique, l’inscription « S and F Co. » attire son attention. La Sayre & Fisher Brick Company, souligne-t-il.

Cette brique pourra s'ajouter aux archives du Musée d'histoire de Sherbrooke afin que les résidents de la ville se souviennent du bâtiment et de l'incendie qui l'a décimé.
Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette
C’était une compagnie du New Jersey qui a fait la base de la statue de la Liberté. C’est inusité que ça se retrouve ici, sur une façade à Sherbrooke.
David Lacoste compte mener des recherches approfondies pour comprendre comment cette brique a bien pu atterrir au centre-ville de Sherbrooke. Aucun matériau semblable ne se retrouve dans la collection du Musée d’histoire.
On s’est principalement intéressé aux briques rouges, qui sont typiques de Sherbrooke, explique David Lacoste.
Cette fameuse Sayre & Fisher Brick Company aurait aussi fourni des briques pour la construction de l'Empire State Building à New York.
C’est le fun, parce qu’à chaque fois qu’on découvre quelque chose, on veut chercher plus loin. On se demande comment ça se fait. On essaie de faire des liens entre ce qui s’est passé ici, ce qui s’est passé à travers le monde.
Trouver des réponses
Son équipe devra fouiller pour trouver des liens entre une personnalité, un édifice ou un promoteur d’une autre époque. C’est intrigant parce que c’est un savoir-faire qu’on n'a plus aujourd’hui, ajoute-t-il.

Le directeur général du Musée d’histoire de Sherbrooke, David Lacoste
Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette
Le restaurant O’Chevreuil avait installé ses quartiers dans le bâtiment du centre-ville en 2014, plusieurs décennies après son apparition. À l’époque de la construction, trois bâtiments se trouvaient en fait côte à côte : deux sur la rue Albert et un autre sur la rue Wellington. Des rénovations et des agrandissements les ont transformés à travers les années, ce qui explique la présence de plusieurs types de briques dans les ruines.
David Lacoste a également mis la main sur une brique de la compagnie sherbrookoise Loomis, qui viendra s’ajouter à la collection du musée, laquelle comprend notamment des reliques de la briqueterie Beckett, une des premières à Sherbrooke, selon le directeur général.
Ça complète le tout et ça permet de voir l’évolution du Sherbrooke bâti. [Ça démontre] la présence des briqueteries locales. Aujourd’hui, elles sont très rares, dit-il.
Avenir du site
Qu'adviendra-t-il du site où se trouvait le restaurant O’Chevreuil? Ni le propriétaire de l'immeuble, Le Groupe Custeau, ni le restaurateur ne peuvent répondre à cette question. Il est trop tôt.
Les assureurs exigent que le terrain soit sécurisé. La semaine prochaine, le propriétaire devra retirer les débris et décontaminer les lieux si cela est jugé nécessaire.


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