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Un traitement prometteur pour des maladies auto-immunes découvert au CHU de Québec

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Dans une première mondiale, des chercheurs du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Québec-Université Laval ont découvert comment traiter et prévenir une maladie auto-immune chez des souris.

La MOGAD, qui été découverte chez l’humain il y a environ cinq ans, s'apparente à la sclérose en plaques, et agit comme le lupus et le syndrome de la personne raide. La découverte donne de l'espoir aux personnes atteintes par des maladies auto-immunes.

Les patients atteints développent des anticorps qui attaquent leur corps et dégradent la gaine protectrice des neurones du système nerveux central, entraînant une inflammation. Les signaux envoyés sont donc bloqués ou perturbés, provoquant des crises et des symptômes sévères, parfois permanents, chez les patients.

[On a] développé un nouveau médicament pour contrer les anticorps. C’est un médicament nouveau genre qui n’existe nulle part à travers le monde, qui pourrait être transposé pour traiter directement la maladie MOGAD, mais qui pourrait être utile aussi pour toutes les autres maladies auto-immunes impliquant les anticorps.

L'équipe dirigée par le spécialiste en neuro-immunologie Luc Vallières est parvenue à insérer une mutation, d'abord découverte par la compagnie pharmaceutique Sanofi, dans les anticorps qu’il compare à des missiles autodirigés.

Luc Vallières dans un laboratoire.

L'équipe de recherche de Luc Vallières a démontré qu'une maladie auto-immune pouvait être traitée et prévenue dans des souris en créant une mutation des anticorps dommageables.

Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler

Les anticorps traités agissent donc de la même manière que les anticorps dommageables, se fixant à des protéines de la gaine de myéline, mais ils sont désarmés et ne causent pas d'inflammation.

La découverte a récemment paru dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences.

Nous, ce qu’on a fourni dans l’article [scientifique] c’est une preuve de concept pour montrer que c’est possible de traiter une maladie auto-immune avec un anticorps inerte, pour bloquer les sites, ça peut être applicable à plein de maladies, mais il faut le démontrer.

Le traitement a été validé chez des souris atteintes par la MOGAD, mais reste à être démontré chez l’humain. Selon Luc Vallières, les résultats sont majeurs et porteurs d’espoir pour les patients.

Du matériel dans un laboratoire.

Les résultats de la recherche ont été publiés dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Science.

Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler

Ça fait 30 ans que je suis dans le domaine de la recherche, puis on fait toujours de belles découvertes, ça avance, mais cette découverte est une percée dans ma carrière, explique l’homme qui dit avoir choisi le domaine pour tenter de trouver des remèdes pour les patients malades. Peut-être qu'il ne m’en arrivera jamais d'autres découvertes comme ça.

Une lueur d'espoir pour les patients

Véronique Bérubé vit avec de la raideur dans ses jambes, un manque de flexibilité dans ses chevilles et poignets et une perte de force dans un bras, des séquelles de deux crises de sa maladie MOGAD survenues depuis 2022.

Elle décrit la découverte de l'équipe de Luc Vallières comme extraordinaire et une lueur d’espoir, d’autant plus que les médicaments qu’elle prend n’ont pas été étudiés spécifiquement pour sa maladie.

Une femme assise sur un déambulatoire et une autre debout.

Isabelle Filteau et Véronique Bérubé décrivent les résultats de la recherche comme une « lueur d'espoir » pour traiter la source des maladies auto-immunes dont elles souffrent.

Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler

Présentement, il n’y a pas de médicaments pour contrer les anticorps, dit celle qui explique sa maladie comme un coup de dés.

Il n’y a rien qui dit que, demain, ou dans six mois ou dans deux ans, je ne vais pas avoir une grosse rechute qui va faire en sorte que je vais me ramasser en chaise roulante. Ce ne sont pas des traitements curatifs présentement, donc ce serait génial.

Isabelle Filteau, ingénieure de 47 ans, a dû complètement arrêter de travailler en raison des symptômes de son syndrome de la personne raide, la même maladie dont souffre Céline Dion. Elle se déplace à l'aide d’un déambulateur qu’elle nomme Johnny et subit des traitements à l’hôpital toutes les deux semaines.

Elle considère avoir de bons traitements pour ces symptômes, mais elle veut voir plus de recherches sur les causes des maladies auto-immunes. Dans ce but, elle a récemment fondé la Société canadienne des maladies auto-immunes.

Il faut encourager [les chercheurs] parce que c’est la source du problème qu’il faut attaquer, dit-elle.

Prochaines étapes

Pour appliquer les résultats de sa recherche chez l'humain, des compagnies pharmaceutiques doivent prendre la balle au bond, affirme Luc Vallières. Les chercheurs n’ont pas le financement nécessaire pour faire le travail, explique-t-il.

Même si la MOGAD est une maladie rare, il croit qu’une entreprise sera prête à investir pour développer un médicament, car c’est un tremplin vers un traitement pour d'autres maladies.

Une femme en sarrau dans un laboratoire.

La co-première auteure de l'article de recherche, Françoise Morin, a étudié les anticorps de souris atteintes de la maladie MOGAD.

Photo : Radio-Canada / Marika Wheeler

Depuis la découverte, il y a plusieurs chercheurs qui travaillent sur d'autres maladies, par exemple l'arthrite, qui m’ont dit : ''Luc, il faut faire la même chose, il y a un potentiel'', explique le chercheur.

Selon lui, la recherche de son équipe stimulera les idées et les collaborations entre chercheurs. Il la qualifie de très significati[ve] à court terme, et à long terme.

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