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Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) veut rendre les services en anglais plus accessibles dans ses installations de Témiscaming-Kipawa.
Une demande de statut particulier sera soumise à l’Office québécois de la langue française (OQLF) par l’entremise de Santé Québec.
À Kipawa, l’anglais est la langue maternelle de 42,7 % de la population, selon le dernier recensement de Statistique Canada. Dans la Première Nation de Kebaowek, enclavée dans la municipalité, cette proportion atteint 86,2 %.

En plus des soins hospitaliers, le Centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et les services jeunesse sont offerts par le CISSS-AT à Témiscaming et Kipawa.(Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile
Le maire de Kipawa, Norman Young, appuie la démarche entreprise par le CISSS-AT, mais insiste : la véritable priorité demeure le rétablissement du corridor de soins de santé vers l’Ontario, qui n’est toujours pas revenu comme avant.
[Les services en anglais] se portent très bien, dit-il. On n’avait pas trop trop de problèmes dernièrement. Oui, c’est un bon avancement, mais il y a tellement d’autres choses importantes.
Au CISSS-AT, on dit par courriel être sensible à la particularité linguistique du secteur du sud du Témiscamingue depuis plusieurs années. C’est pourquoi une demande de reconnaissance d’installation désignée et reconnue par l’OQLF a été soumise, pour assurer l’accessibilité aux soins et services dans les deux langues.
On va supporter ça, ça, va aider nos citoyens, ça c’est sûr, reconnaît M. Young, même si la demande du CISSS a quelque peu surpris le conseil municipal.

La communauté autochtone de Kebaowek est bordée par la Municipalité de Kipawa. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Qu’est-ce qu’un statut linguistique particulier?
Une municipalité, un arrondissement, un organisme scolaire et un établissement de santé et services sociaux peuvent en faire la demande.
Une autre langue, comme l’anglais dans ce cas-ci, peut être utilisée pour le nom de l’organisation, son affichage, ses communications internes et celles avec d’autres organismes reconnus. Sans statut, seul le français peut être utilisé dans l’affichage, explique le porte-parole de l’OQLF, François Laberge.
Je vous donne un exemple concret : un organisme ayant obtenu un statut linguistique particulier peut faire de l’affichage en français et dans une autre langue, toutefois, la présence du français doit occuper un espace plus important, précise-t-il.
Si une municipalité désire le statut, il faut qu’au moins 50 % de sa population soit anglophone.
Toutefois, pour un organisme comme le CISSS-AT, la reconnaissance est octroyée lorsqu’il fournit ses services en majorité à des personnes d’une autre langue que le français, explique M. Laberge.
Un tel statut permet de reconnaître que les citoyens anglophones peuvent recevoir les mêmes services que les francophones dans leur langue.
Une souplesse
Un statut linguistique particulier donne donc l’autorisation d’assouplir certaines obligations par rapport à la Charte [de la langue française], tant au niveau de l’offre de services, mais aussi pour la langue du travail, poursuit M. Laberge.
Le porte-parole rappelle toutefois que les communications orales et écrites dans le cadre des soins de santé peuvent déjà être offertes dans une autre langue, même pour un établissement sans statut particulier.
Corridor Ontario
Le maire de Kipawa Norman Young maintient que le retour du corridor de soins de santé avec l’Ontario doit se concrétiser.
Malgré l’annonce de Québec en novembre dernier qui débloquait 300 000 $ pour que les résidents du sud du Témiscamingue puissent garder leurs médecins ontariens, les choses n’avancent pas assez vite, selon M. Young.
40, 45, 50 % de notre population c’est juste l’anglais, so quand on parle de la fermeture du corridor à North Bay où on avait des services en anglais…, laisse-t-il entendre.
Un événement devrait avoir lieu dans les prochaines semaines concernant le corridor. La population n’accepte pas qu’est-ce qui se passe, affirme Norman Young.

Lors du dernier conseil, la MRC de Témiscamingue a appuyé la demande du CISSS-AT de reconnaissance de l'ensemble des services offerts dans le secteur Témiscaming–Kipawa.
Photo : Radio-Canada / Bianca Sickini-Joly
Les conseils de la Municipalité de Kipawa, de la Ville de Témiscaming et de la MRC de Témiscamingue ont chacun appuyé le CISSS-AT par résolution. La MRC considère l'importance de garantir un accès équitable et sécuritaire aux services de santé et de services sociaux pour l'ensemble de la population du territoire.
Si Santé Québec obtient le statut pour les installations de Témiscaming-Kipawa du CISSS-AT, l’Office québécois de la langue française effectuera des suivis ponctuels, comme pour tous les organismes reconnus, afin de s’assurer que les conditions soient toujours respectées.


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