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Un stage rémunéré et revu réclamé pour les futurs enseignants

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Une vaste majorité d’enseignants au Québec souhaiteraient que le dernier stage réalisé par les étudiants du baccalauréat en enseignement soit réparti sur l’ensemble de l’année scolaire, pour mieux les préparer à ce métier. Les trois quarts d’entre eux réclament aussi que ce stage soit rémunéré.

C’est ce qui ressort des résultats d’un sondage mené par la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) auprès de 5687 de ses membres à l’échelle de la province entre le 6 janvier et le 2 février, et dont Le Devoir a obtenu copie. Cette démarche a été effectuée en prévision du colloque pédagogique trisannuel de la fédération, entamé jeudi à Québec.

Concrètement, l’organisation a sondé ses membres sur la demande, qu’elle chérit de longue date, de voir le stage 4 de la formation initiale en enseignement se transformer en « une année de résidence » pour les étudiants concernés, une proposition qui reçoit l’appui de 85,5 % d’enseignants, selon ce sondage.

Ainsi, la FSE évoque la possibilité qu’au lieu d’avoir 100 % de la tâche d’un enseignant pendant quelques mois, à la fin de l’année scolaire, les étudiants dans la dernière ligne droite de leur baccalauréat dans ce domaine soient présents à temps partiel dans la classe d’une école de septembre à juin. Ils seraient ainsi en mesure de mieux saisir comment le travail d’un enseignant évolue pendant l’ensemble de l’année scolaire, ce qui n’est pas le cas actuellement, explique le président de la FSE, Richard Bergevin.

« Quand on prend un groupe en début d’année et qu’on l’amène jusqu’à la fin de l’année, ça change complètement la perspective », puisque les besoins des élèves évoluent pendant cette période, souligne M. Bergevin. Tenir ce stage sur une année scolaire complète permettrait donc aux futurs enseignants d’avoir une « vision d’ensemble » de la profession. Cela faciliterait ainsi leur « insertion professionnelle » dans le réseau scolaire, fait valoir le représentant syndical.

Cette question est particulièrement importante au moment où « au moins un quart des étudiants qui finissent l’université et qui arrivent dans la profession quittent dans les cinq premières années », poursuit M. Bergevin, qui estime que de mieux les préparer à ce métier pourrait contribuer à réduire le nombre de désertions de la profession parmi les jeunes enseignants.

Ce sont par ailleurs 88 % des répondants à ce coup de sonde qui se disent favorables à ce que la résidence proposée comprenne « une portion théorique sous la responsabilité de l’université ». L’année de résidence compterait d’ailleurs « le même nombre d’heures » que le stage actuellement demandé aux étudiants au baccalauréat en enseignement, précise Richard Bergevin.

Un stage rémunéré

Ce sont d’autre part 76,6 % des enseignants sondés qui réclament que ce stage soit rémunéré, une mesure qui contribuerait, selon plusieurs d’entre eux, à valoriser davantage cette profession auprès de la relève, au moment où une pénurie de personnel frappe le réseau scolaire.

« Le système doit s’adapter à la nouvelle réalité », qui est que le tiers des étudiants au baccalauréat en enseignement ont un profil « atypique », souvent marqué par un retour aux études après avoir occupé une autre carrière, souligne M. Bergevin. Ils ont pour plusieurs d’entre eux une famille ou encore une hypothèque à régler. Ils ont donc besoin d’une source de revenu stable.

Or, « on ne peut pas être en train d’étudier, de faire un stage sur toute l’année et d’ensuite aller travailler le soir et les fins de semaine. À un moment donné, ça devient impossible. Et donc, il faut tenir compte de la nouvelle réalité des étudiants qu’on a dans nos universités », souligne le représentant syndical.

À l’automne 2024, l’ancien ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, mais aussi celle qui était alors ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, avait tous deux évoqué leur intérêt à voir « éventuellement » les étudiants être rémunérés lors de leur dernier stage au baccalauréat en enseignement.

Depuis, cependant, le contexte de restrictions budgétaires à Québec a amené le gouvernement à mettre de côté cette possibilité, qui n’est plus prévue, du moins à court terme.

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