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Un soulagement pour Bolduc, une nécessité pour le Canadien

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Du haut de la galerie de presse, on avait bien cru entendre une injonction péremptoire, le genre qu’on ne peut remettre en question, comme lorsqu’un joueur de hockey veut la rondelle.

C’était Jayden Struble qui, à découvert, la voulait justement.

Je l’ai entendu, il la voulait vraiment. J’ai feinté, feinté et j’ai vu l’ailier censé le couvrir venir sur moi. Alors là, j’en ai mis et je la lui ai donnée, a expliqué un Zachary Bolduc tout sourire dans le vestiaire. Struble l’a remercié en inscrivant son premier but de la saison, qui donnait alors l’avance 1-0 au CH dans ce match qu’il a finalement remporté 2-1 contre les Blue Jackets de Columbus.

De prime abord, rien d’anormal ici.

Sauf que, juste avant de passer le disque à son défenseur, Bolduc se trouvait en très bonne position pour décocher lui-même un tir. Un peu haut en zone offensive peut-être, mais avec une ligne directe et du trafic devant le gardien. Pour un joueur qui n’avait pas réussi à marquer une seule fois depuis le début de cet an de grâce 2026 (le 23 décembre, pour être exact), une disette de 31 matchs, la tentation devait être grande.

J’ai pensé tirer, a admis le principal intéressé.

À sa place, j’aurais lancé, a renchéri Jake Evans, son partenaire de trio. J’étais sûr qu’il allait le faire.

Le fait qu’il se soit retenu en dépit de sa léthargie afin de trouver un meilleur jeu, comme le dit souvent Martin St-Louis, est révélateur de l’état d’esprit du jeune homme. Toutes ces fois où le Trifluvien de 23 ans a assuré avoir gardé confiance pendant cette longue séquence, il fallait le croire sur parole. Bien des joueurs empêtrés dans la même situation n’auraient pas eu cette lucidité, cette sage patience.

Cela témoigne de sa maturité et de sa confiance. Il ne va pas juste essayer de marquer un but chanceux, de faire un jeu en espérant que les choses tournent en sa faveur. Il a choisi le meilleur jeu, a estimé Evans.

Mon niveau de confiance est bon et, malgré la trentaine de matchs sans but, je me sentais bien sur la glace. Je ne sentais pas que je forçais les choses ou les lancers au filet […] Ç’a fait du bien de marquer ce but.

Ah oui, parce que voilà, Bolduc a fourni la passe décisive sur le but de Struble, mais il a finalement marqué à son tour, un peu plus tard dans ce match, ce qui s’est avéré être le but gagnant.

Comme récompensé, enfin, pour son acharnement au travail. Trois mois plus tard.

Sans nommer de noms, bien des Québécois ont vécu l’enfer à Montréal en traversant des léthargies semblables. Le fait qu’il ne fasse pas partie – pas encore à tout le moins – des fers de lance offensifs de l’équipe l’a certainement aidé à relativiser les choses. À moins se faire critiquer pendant ces 31 matchs.

Mais ça prend quand même une tête bien faite pour la garder froide dans ces circonstances.

Je gère quand même bien la critique. J’ai été élevé dans ce marché. J’ai une idée de comment ça se déroule. Je suis bien encadré, ma famille est là pour moi, j’ai de super bons amis. Je m’appuie sur eux pour passer à travers ces passes-là.

Je ne suis pas dans ses souliers, mais je trouve qu’il a bien géré ça. Ça ne veut pas dire que c’était facile pour lui. On a essayé de l’aider à travers ça, de le garder positif, parce qu’il jouait du bon hockey, a observé St-Louis.

Ce bon hockey n’était pas vraiment quantifiable ces dernières semaines, puisque la production n’y était pas, mais il était certainement observable.

Bolduc, jeune, fringant, talentueux, représente l’un des plus récents projets de l’entraîneur, assez habile jusqu’ici dans sa carrière, il faut bien l’admettre, pour développer ces jeunes pépites et en faire des joueurs complets. Cole Caufield est son plus bel exemple, Juraj Slafkovsky n’est pas très loin derrière, Alex Newhook s’insère probablement dans cette liste.

Bolduc, maintenant, un jeune homme qui en est seulement à sa deuxième saison complète dans la LNH, qui a été échangé cet été, et à qui St-Louis tente d’inculquer ses principes depuis le début de la saison.

Il a toujours eu de bonnes lectures à l’attaque, il a marqué toute sa vie grâce à ça. Mais pour obtenir encore plus de chances, tu dois comprendre le jeu défensif. Que ce soit en échec avant, en repli défensif, en zone défensive, peu importe. Je trouve que, dans le dernier mois particulièrement, il a mis tout ça ensemble. J’aurais aimé qu’il se fasse récompenser plus souvent, mais on savait que ça s’en venait, a-t-il expliqué.

Réunis depuis le 17 janvier – ils ne se sont presque jamais quittés depuis – Evans et Bolduc développent une chimie franchement intéressante. Toutes les statistiques avancées leur font une belle jambe et même les moins avancées, comme celle-ci : l’équipe a inscrit huit buts à cinq contre cinq lorsqu’ils sont sur la glace et en a permis seulement deux.

Un soutien nécessaire

Cette percée arrive à point nommé. Le Canadien s’est admirablement remis sur pied après son week-end catastrophique face aux équipes californiennes il y a deux semaines, en remportant quatre des cinq matchs suivants, dont celui contre Columbus, tous contre des rivaux qui luttent avec lui pour obtenir une place en séries éliminatoires.

Il l’a fait en s’en remettant à deux choses, principalement : l’excellence de son premier trio et de Jakub Dobes. Avant le duel de jeudi soir, le premier trio du CH avait inscrit 10 des 16 derniers buts du groupe.

Une contribution secondaire a donc été fort prisée.

Pendant que Nick Suzuki, Cole Caufield et Juraj Slafkovsky survivaient de peine et de misère face à la dangereuse unité pilotée par Adam Fantilli, le trio d’Evans a eu le dessus sur celui de Charlie Coyle.

Deux buts portant la signature de Bolduc, c’est tout ce qu’il a fallu au CH pour fermer la porte, même dominé pendant les deux premières périodes de ce match. Dobes a encore une fois été impeccable, mais, au moins, la pression de produire n’est pas retombée sur les trois mêmes paires d’épaules.

Tu as besoin de ça, il faut trouver des façons de gagner, a conclu Martin St-Louis.

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