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Gordy s’avance vers les visiteurs comme s’il les connaissait depuis toujours. Le bouc est grand, imposant, mais surtout affectueux. Depuis deux ans, ce bouc a une nouvelle maison. Il vit désormais à Sckopke Farms, à St-Charles, parmi d’autres chèvres.

Gordy, un bouc accueilli il y a deux ans par Nathan et Christina Sckopke à leur ferme de St-Charles, près de Sudbury.
Photo : Radio-Canada / DEBORAH ST-VICTOR
Gordy est arrivé à la ferme avec deux autres chèvres parce que leur propriétaire, vieillissant, n’était plus en mesure de s’en occuper.
[L'homme] adorait Gordy, Gloria et Ginger, raconte Nathan Sckopke. Il voulait juste s’assurer que quelqu’un les aimerait et en prendrait soin.
Aujourd’hui, Gordy semble avoir trouvé ses repères. Mais son histoire soulève une question : que se passe-t-il lorsqu’un propriétaire n’est plus en mesure de répondre aux besoins d’une chèvre?
Des chèvres parfois difficiles à gérer

Nathan Sckopke, de Sckopke Farms, avec ses chèvres et d'autres animaux, à St-Charles, près de Sudbury.
Photo : Radio-Canada / DEBORAH ST-VICTOR
Nathan reçoit des demandes de fermiers qui ont trop de chèvres, mais aussi de personnes qui souhaitaient en faire des animaux de compagnie.
Ils se disent qu’ils ont assez de terrain et qu’elle va juste brouter gentiment, dit-il. Mais la chèvre, ajoute-t-il avec un sourire, joue à deux jeux : Est-ce que ça va casser? et Est-ce que je peux m’échapper?
Avant d’accepter une chèvre, la famille effectue une visite sur place. À son arrivée, l’animal est isolé des autres pendant une période de quarantaine afin de réduire les risques de maladies transmissibles.
Une ferme qui accueille aussi les visiteurs

Les alpagas font aussi partie des animaux accueillis par la ferme familiale de Nathan et Christina Sckopke à St-Charles.
Photo : Radio-Canada / DEBORAH ST-VICTOR
À Sckopke Farms, la réponse passe notamment par Go-at for a walk, une activité qui permet aux visiteurs de se promener sur les sentiers accompagnés de chèvres sociables. La ferme familiale de Christina et Nathan Sckopke accueille aussi des porcs et des alpagas et offre des activités d’éducation et de contact avec les animaux.
Dans le cas des chèvres, l’équipe doit aussi s’assurer qu’elles reçoivent les soins nécessaires. La ferme travaille notamment avec une équipe vétérinaire de Springer Animal Hospital pour certains suivis, dont les tests et traitements contre les parasites.
Une chèvre, ce n’est pas seulement une boule de poils
Une jeune chèvre peut facilement séduire. Selon la Dre Paula Menzies, professeure émérite à l’Université de Guelph et vétérinaire spécialisée dans la santé des moutons et des chèvres, son caractère curieux, joueur et affectueux peut donner l’impression qu’elle ferait un animal de compagnie idéal.

La Dre Paula Menzie est professeure émérite à l’Université de Guelph et vétérinaire.
Photo : Radio-Canada / DEBORAH ST-VICTOR
Mais, précise-t-elle, cette image ne doit pas faire oublier les besoins particuliers de l’animal. La Dre Menzies explique que les chèvres sont des animaux très sociaux et intelligents et qu’elles ont besoin de vivre en groupe.
Une chèvre seule ne serait vraiment pas heureuse, souligne-t-elle.
Leur curiosité peut aussi causer des problèmes aux propriétaires. Elles peuvent dévaster les jardins, grimper aux arbres et endommager les clôtures. La Dre Menzies les décrit comme de véritables reines de l’évasion.
Les soins représentent également un engagement à long terme. Les sabots doivent être taillés généralement toutes les six à huit semaines et l'espérance de vie d'une chèvre peut atteindre 12 ans.
Il n’y a presque rien de plus mignon sur la planète qu’un chevreau, reconnaît-elle.
Le pouvoir de séduction des chèvres demeure bien réel. Mais le coup de cœur peut avoir des conséquences. La vétérinaire dit avoir déjà vu des propriétaires abandonner leur chèvre parce que leurs voisins se plaignaient du bruit.
Le dimanche matin à 6 h, si elles veulent manger, elles vont le faire savoir haut et fort! dit-elle.

Les chèvres de Sckopke Farms illustrent l’attrait de ces animaux sociables, mais aussi les soins nécessaires à leur bien-être.
Photo : Radio-Canada / DEBORAH ST-VICTOR
Pourquoi les gens aiment-ils tant les chèvres?
C’est justement cette proximité avec les humains qui attire de nombreux visiteurs, selon Renée Savoie, de MountainView Farm. Elle et son mari possèdent 16 chèvres naines nigérianes et organisent notamment des séances de yoga avec les animaux.
Les visiteurs sont souvent surpris par leur personnalité, leur curiosité et leur capacité à interagir avec les humains.

À MountainView Farm, Renée Savoie organise des séances de yoga où les participants partagent leur espace avec des chèvres naines nigérianes.
Photo : Amy Zambonin
Pendant les séances de yoga, chacune montre son caractère. Certaines viennent s’installer sur les tapis. D’autres recherchent les friandises. Certaines veulent toute l’attention.
Il y en a qui aiment avoir des becs, fait qu’elles vont se mettre le nez directement dans leur face! raconte Renée Savoie.
Mais cette fascination peut aussi créer une certaine confusion. Malgré leur côté affectueux et leurs interactions avec les humains, les chèvres demeurent des animaux de ferme.
Pour Mme Savoie, avoir une chèvre représente un engagement à long terme et requiert de répondre à ses besoins quotidiens. La chèvre doit être nourrie matin et soir, avoir de l’eau, des vitamines et des soins appropriés. Les vétérinaires spécialisés en animaux de ferme sont aussi moins nombreux et peuvent coûter cher.
Peut-on simplement avoir une chèvre chez soi?
Dans le Grand Sudbury, la possibilité de garder une ou plusieurs chèvres dépend notamment du zonage de la propriété.
La Ville mentionne que garder des chèvres est considéré comme un usage agricole. Son règlement de zonage prévoit que le bétail, qui comprend les chèvres, doit être gardé sur un lot d’au moins un hectare.
Certains secteurs permettent les usages agricoles, tandis que des distances minimales peuvent aussi s’appliquer aux bâtiments destinés au bétail et aux installations de gestion du fumier.


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