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Un Québécois reconnu coupable de proxénétisme alors qu’il était déjà en prison au Manitoba

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Dans un jugement rendu en français en août, un Québécois incarcéré au Manitoba a été reconnu coupable de cinq des six chefs d’accusation qui pesaient contre lui. Cela comprend des accusations de proxénétisme, de traite de personne et d'entrave à la justice pour avoir forcé une femme à se prostituer à Winnipeg. Selon le juge, l’accusé a maintenu une pression morale sur sa victime en l’appelant des dizaines de fois depuis sa cellule.

Avertissement : ce texte comprend des descriptions pouvant être choquantes pour certains lecteurs.

Denis Guénette, juge de la Cour provinciale du Manitoba, a analysé 101 des 979 appels passés par Jean-François D’Asti-Brideau depuis sa cellule en quatre mois. L’ensemble des appels effectués sur une période de 14 mois représente en moyenne plus de 1 h 30 de communication par jour.

Dans son jugement, Denis Guénette explique qu'il n'y a pas d'interdiction placée sur les détenus en ce qui concerne les appels dans le milieu carcéral. Ces appels sont cependant enregistrés, mais pas surveillés activement.

Chaque détenu peut composer trois appels quotidiennement sans frais, puis il y a un coût pour chaque appel supplémentaire. Il n’y a pas de limite fixe au nombre d’appels qu’un détenu peut faire en une journée, mais tout appel se termine automatiquement après 15 minutes, indique le document de la décision judiciaire.

Forcée à continuer ses activités de prostituée

Parmi la centaine d’appels analysés par le juge Denis Guénette, 88 étaient des échanges entre Jean-François D’Asti-Brideau, l'accusé, et sa victime, Mme B, dont l’identité est protégée.

Ainsi, le juge a conclu que l’accusé exerçait une emprise constante sur elle, lui imposant des exigences précises dans plusieurs aspects de sa vie.

Tout au long des enregistrements, le juge Denis Guénette a fait ressortir que Jean-François D’Asti-Brideau forçait Mme B à poursuivre ses activités de prostituée à Winnipeg. Il lui interdisait d'envisager un emploi ordinaire, allant jusqu’à lui déclarer qu'elle ne travaillerait pas pour 20 $ de l'heure.

Le juge affirme que Jean-François D’Asti-Brideau considérait sa victime comme un compte en banque. Il exigeait qu'elle lui envoie continuellement de l'argent pour payer ses frais de cantine et de crédits téléphoniques, ce qui a représenté un montant de plus de 5000 $ durant son incarcération.

Denis Guénette ajoute Mme B était la seule source financière de l'accusé.

Jean-François D’Asti-Brideau a aussi imposé des limites au travail de sa victime.

En écoutant les fichiers audio en entier, il devient irréfutable que M. D’Asti-Brideau s’opposait fermement à ce que Mme B fasse affaire avec des clients d’origine africaine, ainsi que des clients ayant un pénis trop gros.

L'accusé dictait également le contenu des messages textes que sa victime envoyait à ses clients, le choix des tarifs (selon l'utilisation ou non d'un préservatif) et réprouvait les rendez-vous pris dans des hôtels.

Il prévoyait même que, une fois que la somme de 50 000 $ aurait accumulée, sa victime subirait une augmentation mammaire afin d'augmenter son potentiel commercial.

Reconnu non coupable pour des menaces pouvant causer des lésions corporelles

Même si l’emprise morale sur la victime est indéniable, selon le jugement, Jean-François D’Asti-Brideau a été acquitté du chef d’accusation de menaces pouvant causer des lésions corporelles.

Le chef d’accusation n’est pas prouvé hors de tout doute raisonnable, explique Denis Guenette.

Le juge reconnaît cependant que la victime n’avait pas de liberté d’action et de mouvement. M. D’Asti-Brideau n’hésitait pas à dire à Mme B que, si elle le quittait, il la retrouverait, indique-t-il.

La détermination de la peine doit être prononcée prochainement.

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