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Baie-Comeau pourrait accueillir une nouvelle usine capable de raffiner 75 000 tonnes de graphite par an. La compagnie Metals Australia et sa filiale canadienne, Northern Resources, ont dévoilé mercredi les résultats de leur évaluation économique préliminaire en vue de l'implantation de la raffinerie.
Le graphite serait extrait du gisement du lac Carheil, près de Fermont, avant d’être transformé à Baie-Comeau. La durée de vie de cette exploitation est estimée à 25 ans, ce qui pourrait générer plus de 2 milliards de dollars canadiens.
Pour l'économie locale, les bénéfices pourraient s'annoncer intéressants. Le projet permettrait la création de 227 emplois directs et générerait 21,5 millions de dollars américains en salaires annuels.
Alors que Sept-Îles avait d'abord été évoquée, c'est finalement la ville de Baie-Comeau qui a été retenue pour l'implantation d'une usine. La municipalité a notamment été choisie en raison de son avantage concurrentiel en matière de transport de marchandises, incluant son traversier-rail et un port en eaux profondes.
Le directeur du développement industriel à l'agence Innovation et Développement (ID) Manicouagan, Guy Simard, souligne également que le port de Baie-Comeau a une entente de développement stratégique avec le port de Rotterdam, ce qui ouvre des perspectives vers les marchés européens.
Le monde a besoin de graphite
Au micro de Bonjour la Côte, Guy Simard précise que ce projet s'inscrit dans un contexte géopolitique où la demande mondiale de graphite pourrait atteindre 3 millions de tonnes d'ici 2035, principalement pour la fabrication de batteries de véhicules électriques.
Alors que la Chine domine actuellement la production, les pays occidentaux cherchent activement à s'affranchir de cette dépendance. Le projet ajouterait à lui seul une capacité de production de 51 000 tonnes de graphite de haute pureté.

Guy Simard espère que le gouvernement du Québec allouera l'énergie nécessaire au développement de la filière du graphite. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Catherine Gosselin
Par voie de communiqué, le PDG de Metals Australia, Paul Ferguson, affirme que son usine offrirait un avantage économique et stratégique évident pour le Canada en répondant au besoin mondial d'un approvisionnement stable en minéraux critiques.
Malgré l'optimisme, l'implantation d'une telle industrie nécessite d'importantes ressources énergétiques. Dans un contexte de pénurie d'énergie au Québec, Guy Simard espère que le gouvernement reconnaîtra le besoin d'allouer les blocs d'énergie suffisants pour développer ce genre de projet.
Le développement de cette usine de raffinement passe désormais à l'étape de l'étude de faisabilité finale, qui sera menée en parallèle avec des consultations auprès des communautés locales et autochtones.
Fermont se tient prêt
Du côté de Fermont, le directeur général de la Ville, Claude Gagné, accueille ce projet avec enthousiasme, soulignant qu'il permettra à la région de contribuer activement au développement de la filière des batteries.

Claude Gagné se réjouit que Metals Australia souhaite réaliser son projet en « mode résident ». (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Gracieuseté de Claude Gagné
Selon lui, Metals Australia a l'intention de gérer son exploitation minière en mode résident, ce qui favoriserait l'embauche locale ainsi que l'octroi de contrats de sous-traitance aux entreprises de la région.
Claude Gagné fait d'ailleurs remarquer que la fosse du Labrador, historiquement reconnue pour son fer, révèle aujourd'hui d'excellents indices pour le graphite de haute pureté. Le projet du lac Carheil n'est d'ailleurs pas le seul dans le secteur, puisqu'il s'ajoute au projet de Focus Graphite situé un peu plus au sud, au lac Knife.
La collaboration entre l'entreprise australienne et le milieu local est déjà entamée. Bien que le projet n'en soit qu'à une étape préliminaire et qu'une mise en service ne soit pas attendue avant le début des années 2030, Fermont poursuit son développement et se dit déjà prête à accueillir de possibles travailleurs.
Avec les informations de Bis Petitpas, à l'émission Bonjour la Côte


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