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Accompagner les hommes innus victimes d’abus sexuels durant l’enfance est la plus récente mission de plusieurs intervenants de Sept-Îles et de Uashat mak Mani-utenam. Un nouveau programme sera lancé à l'automne afin d'adapter les interventions aux réalités autochtones.
L'organisme Homme Sept-Ils, qui offre de l'hébergement et du suivi psychologique aux pères en difficulté, met sur pied le programme Natashtau en collaboration avec des intervenants innus de Uashat mak Mani-utenam. Il deviendra bientôt une nouvelle compétence dans la boîte à outils de l'organisme.
Pour le mettre en place, Edmond Michaud a sollicité l'appui de plusieurs intervenants autochtones avec des décennies d'expérience en travail social, comme Louis-Georges Fontaine.

Mario Jourdain et Louis-Georges Fontaine ont passé leur carrière à faire de la relation d'aide. Ils mettent aujourd'hui leur expertise à la disposition d'Hommes Sept-Ils.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
L'ex-pensionnaire rappelle que plusieurs aînés innus portent toujours les cicatrices psychologiques d'abus sexuels qu’ils ont subis au pensionnat de Mani-utenam, ouvert entre 1951 et 1971.
Les problèmes de violence, d’abus, d’alcoolisme, ils viennent des pensionnats, raconte l'intervenant à la retraite. On essaie de leur faire verbaliser leurs problèmes par rapport à ce qu’ils y ont vécu comme traumatismes.
Travaillant auprès des hommes pendant 32 ans, il a remarqué tout au long de sa carrière le manque de ressources adapté pour eux.

Le directeur général chez Hommes Sept-Ils, Edmond Michaud, est certain que les apprentissages faits grâce à ce nouveau programme permettra de mieux intervenir auprès de tous les hommes, autochtones ou allochtones.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Cette clientèle nécessite des interventions douces et progressives, souligne Denis Vachon, lui aussi impliqué dans le projet.
On ne va pas focaliser uniquement sur les agressions : le but, c’est de dialoguer. La question de départ va être aussi simple que: "c’est quoi un homme aujourd’hui?"
On commence par la base, le reste suit son cours, un pas à la fois. On bâtit la confiance, tranquillement.
Mario Jourdain acquiesce. Beaucoup sont méfiants, c’est préférable d’avoir une approche plus délicate, plus douce. Même si je parle la langue, c’était difficile pour eux de me parler.
Plutôt que des activités de thérapie de groupe, les hommes participeront à des cercles de partages. Ils pourront aussi aller en nature, dormir dans une tente, pour renouer avec leur culture.
Avec le lancement du programme en automne, Homme Sept-Ils y voit un travail de longue haleine, pour déconstruire des traumatismes profondément ancrés, dont les effets se font encore sentir aujourd'hui.
D'après les informations d'Alban Normandin


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