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Un printemps marqué par des records de chaleur et de pluie à l’Île-du-Prince-Édouard

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Le bilan global du printemps 2026 affiche des températures proches des normales historiques, mais l'Île-du-Prince-Édouard a, en réalité, traversé une saison en dents de scie, marquée par de fortes précipitations en mai et des pics de chaleur.

À première vue, le thermomètre a affiché des températures printanières globalement fidèles aux normales de saison, constate Jill Maepea, météorologue pour Environnement Canada.

Les températures pour mars, avril et mai se situaient un tout petit peu au-dessus de la moyenne, avec une anomalie estimée entre 0,2 °C et 0,3 °C.

Une dynamique qui s'est prolongée sur les deux premières semaines de juin.

Des observations partagées par Don Jardine, chercheur sur le climat, responsable d’un réseau de stations météorologiques sur l'île. Il rappelle que les températures normales oscillent d'ordinaire entre 2,8 °C et 3,3 °C en avril, et entre 8,6 °C et 9,1 °C en mai.

Le chercheur a également constaté des écarts de température entre l'est et l'ouest de la province en mai.

Le comté de Kings, à l’est, s'est transformé en couloir de fraîcheur avec une moyenne de 7,8 °C à East Point, tandis que l'ouest s'est imposé comme la zone la plus chaude, avec des températures atteignant 10,5 °C à Summerside.

Des records de chaleur pulvérisés en mai et juin

Le printemps a par ailleurs été marqué par d'importants extrêmes, incluant des gelées tardives et des chutes brutales de température, suivies de plusieurs records de chaleur.

Le 20 mai, plusieurs records historiques ont été brisés :

  • Charlottetown : le thermomètre a atteint 28,0 °C, balayant le record de 25,6 °C qui datait de 1918 (relevés consignés depuis 1872).

  • Summerside  : un pic à 28,1 °C a été enregistré, battant les 23,9 °C de 2003.

  • St. Peters Bay : la station a enregistré 28,9 °C, écrasant l'ancien record de 25 °C établi en 1999.

La tendance s'est poursuivie au début du mois de juin. Le 4 juin, de nouvelles marques ont été atteintes, notamment à St. Peters Bay (27,7 °C) et à East Point (25,8 °C, battant un record de 1972).

Puis, le 11 juin, la ville de Tignish, à l’ouest, étouffait sous une température de 28 °C. Le lendemain, 12 juin, le thermomètre s'est effondré pour stagner à seulement 8 °C — une chute de 20 degrés de la température maximale en l'espace de 24 heures.

Plus de journées de chaleur extrême

Don Jardine souligne le caractère inédit de ces écarts de température. Pour lui, l'explication est claire : l'Île-du-Prince-Édouard subit de plein fouet les effets du changement climatique.

On voit plus de journées chaudes à cause du réchauffement climatique. Les vagues de chaleur s'intensifient et multiplient les records de température, affirme-t-il.

Don Jardine pose pour la photo.

Pour Don Jardine, le changement climatique explique la précocité et l'intensité des vagues de chaleur à l'île. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Wayne Thibodeau

En suivant de près l'évolution des données, Don Jardine a noté que les journées de chaleur extrême, où le thermomètre atteint ou dépasse 28 °C, se multiplient. Cette tendance est particulièrement frappante depuis le début des années 2020.

Cette dernière décennie détient le record historique de jours de chaleur extrême sur l'île depuis les années 1800 et le début des relevés météorologiques.

Quelles perspectives pour l’été ?

Au-delà du thermomètre, l’autre fait marquant reste le niveau de précipitations, bien plus élevé que la normale, surtout en mai.

Charlottetown a connu son cinquième mois de mai le plus pluvieux de son histoire, rapporte Jill Maepea.

La capitale provinciale a enregistré 156 mm de pluie, ce qui représente le double de sa moyenne habituelle de 78 mm pour un mois de mai.

La tendance s'est fait sentir partout, même si l'est a été encore plus arrosé que l'ouest. Les stations du réseau d'observation bénévole CoCoRaHS (Réseau collaboratif communautaire de mesure de la pluie, de la grêle et de la neige) ont enregistré jusqu'à 185 mm de pluie à East Point. À l'autre extrémité, à Wellington, on a relevé 117 mm.

Cette humidité a eu un effet bénéfique sur la nature. Avec plus de précipitations, ça va améliorer les conditions sèches dans la région, observe Jill Maepea.

Alors que le printemps s'achève, les regards se tournent vers l'été. Les premières prévisions à long terme d'Environnement Canada pour les mois de juin, juillet et août laissent entrevoir des températures au-dessus de la moyenne, selon Jill Maepea.

Mais, bien sûr, on va voir probablement des vagues de chaleur, et aussi des fronts froids, précise-t-elle.

Du côté des précipitations, l'incertitude plane encore pour l'été.

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