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Un plongeon dans les coulisses de la recherche avec le Musée d’histoire de Sherbrooke

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Sherbrooke est une ville riche en histoire. Certains pans sont bien connus et d’autres, moins. En ce lundi de Pâques, on s’intéresse au travail derrière les différentes chroniques historiques avec le responsable de la recherche au Musée d’histoire de Sherbrooke, Julien Bazile, qui répond à nos questions. Découvrez les sujets qui suscitent le plus de questions au fil du temps.

1. Quel est le travail de recherche derrière les chroniques historiques?

Il faut savoir que la Société d’histoire de Sherbrooke aura bientôt 100 ans, en 2027. Depuis les origines, on est dans la presse locale. On a même commencé à être dans des publications avant d’exister comme société d’histoire à proprement parler. On était dans le Messager de Saint-Michel, l’hebdomadaire, l’information religieuse qui était publiée au Séminaire Saint-Charles à Sherbrooke. Le personnel religieux faisait de petits travaux historiques. Certains laïques les aidaient également. Ils collectaient les papiers des archives et présentaient des travaux. Ce qui a changé, c’est que nous sommes dans la presse beaucoup plus généraliste, dans La Tribune et Radio-Canada. Depuis les années 1970, on a commencé à être de manière beaucoup plus fréquente dans la presse. Surtout, ça a explosé dans les années 2000-2010. On a entre six et huit chroniques différentes dans divers formats : audio, vidéo, à la télé et des chroniques hebdomadaires dans La Tribune.

2. Utilisez-vous de vraies questions de la population?

Depuis janvier 2024, on a les chroniques de M. Hist, qui sont des questions que nous posent les gens. Oui, ce sont de vraies questions des amis, de la famille, de gens qu’on ne connaît pas. Ce sont vraiment des questions de tous types : sur l’histoire de Sherbrooke, la toponymie, des éléments de folklore. On apprend toujours beaucoup de ces questions. C’est parfois un peu décevant comme réponse. Quand on nous demande s’il y avait bien un tunnel permettant de relier le Séminaire Saint-Charles et le Mont Notre-Dame, et bien non, il n’y en a pas, mais parfois, on est vraiment surpris des réponses qu’on trouve. Par exemple, quand on se fait demander si c’était vrai qu’il y avait une piste de course automobile au bord du lac des Nations. On pensait que non, mais en allant vérifier dans les sources, les journaux de l’époque, effectivement, le fait qu’il y a un aussi gros espace sur la rue de l’Esplanade, c’est parce qu’il y avait une piste de course qui passait à cet endroit. C’était une petite boucle entre le parc Jacques-Cartier et la rue Vanier. On trouve des choses qui sont vraiment intéressantes parfois.

Le Séminaire de Sherbrooke.

Le Séminaire de Sherbrooke. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Bertrand Galipeau

3. Avez-vous reçu d'autres questions qui ne se sont finalement pas avérées?

C’est une bonne question ! Quand on trie à quelles questions on va répondre, on essaie de les coller à l’actualité. Les questions plutôt estivales de sport, de parc, de plage, on essaie de les garder plutôt pour l'été. Quand ce sont les traditions comme Noël, la neige, les raquetteurs, le ski, on les garde plutôt pour l'hiver. On ne veut pas nécessairement faire de la démystification. L’idée est vraiment d’aller vers ce dont se souviennent les gens, de le mettre de l’avant et de l’illustrer avec des choses qui sont dans nos collections. On ne peut pas forcément les mettre dans nos expositions, mais on peut, surtout grâce au format numérique de La Tribune, les mettre en ligne. On peut vraiment utiliser de la photographie, mais aussi des cartes, des plans, des coupures de journaux ou d'anciens documents d'archives. On prend en photo des objets. Ça nous permet vraiment de faire comme une espèce de mini-exposition virtuelle.

Article de la Tribune de mardi 17 juin 1969.

Le Musée d'histoire de Sherbrooke conserve d'anciennes coupures de journaux. (Archives du Musée d'histoire de Sherbrooke)

Photo : Radio-Canada / Sarah Arsenault

C'est ça qui est assez intéressant aussi. C'est vraiment un dialogue entre la population générale et le musée. Ça donne des choses toujours intéressantes à voir.

4. Quelles sont les questions les plus fréquentes ou les plus surprenantes?

Les questions les plus fréquentes sont celles qui touchent à la toponymie. Pourquoi la rue s’appelle-t-elle comme ça? On peut y répondre assez facilement parce que la toponymie, c'est quand même très bien documenté. Il y a des informations qui sont disponibles. La Commission de toponymie sur Internet se trouve assez bien. Ce sont des informations qui sont assez publiques.

On se fait souvent poser des questions sur le camp Newington, l’ancien camp militaire qu'il y avait pendant la Seconde Guerre mondiale [à Sherbrooke]. Ce camp a eu deux statuts. Dans un premier temps, il a accueilli des réfugiés allemands qui étaient des ressortissants étrangers d'un pays avec lequel on était en guerre. Il se trouve que ces réfugiés avaient fui l’Allemagne parce qu’ils étaient en majorité juifs. La population de ce camp, qui était des civils allemands, était en majorité juive. Ils n'étaient pas emprisonnés pour ce motif-là, mais parce qu'ils étaient Allemands. Dans un deuxième temps, c’était des soldats allemands, des prisonniers de guerre, qui se trouvaient dans le camp.

Sinon, ce sont souvent des questions comme quel est le plus ancien parc? Quel est le premier club ? Quelle est la première église ? Etc.

5. Est-ce qu’on sait quel est le bâtiment le plus ancien à Sherbrooke ?

Les bâtiments du premier Sherbrooke, des années 1820, il n’y en a quasiment plus. Le plus vieux d’un site patrimonial de ces années, ce serait le cimetière St-Peter sur la rue Prospect. Je ne pense pas qu'il reste toujours aujourd'hui de pierres tombales ou de marqueurs de tombes qui datent de cette époque-là. La plus ancienne maison, qui est encore debout, date à peu près de 1835. Les maisons de 1830-1840 sont les plus anciennes. Il y en a sur la rue Prospect et sur la rue Dufferin.

Une pierre tombale sectionnée en deux.

Le cimetière Saint Peter est un site historique considéré comme étant orphelin. (photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Arianne Béland

6. À l’ère du numérique, comment fait-on pour rechercher dans les archives?

Une bonne partie de nos collections sont numérisées. On peut avoir accès à toutes sortes de données. De manière générale, il y a quand même beaucoup d'informations, aussi, qui nécessitent d'y mettre les mains, d'aller dans la bibliothèque, dans le centre de documentation, de sortir des cartons d'archives et de numériser les choses.

On a une manière d'indexer les journaux qui est un peu particulière aussi. On a encore les vieux tiroirs en bois avec des cardex, donc les fiches par thématiques qui nous permettent de faire une recherche un peu plus poussée, un peu plus fine dans les vieux périodiques, dans les vieux journaux. On va chercher des fois dans notre collection d'objets, des fois on va même prendre des photos. On va chercher dans les cartes, dans les plans. Il faut manier beaucoup de documentation pour finalement ne garder peut-être que 10 ou 15 % de tout ce qu'on a trouvé pour mettre dans une chronique. Il y a beaucoup de travail humain parce que les chroniques de M. Hist, on est toujours au moins deux, trois, voire quatre ou cinq à les écrire, faire un premier jet, réécrire et ajouter des choses.

Avec les informations de Sarah Arsenault

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