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Le Fransaskois Louis Julé, né le 15 juin 1935, est décédé le 8 avril dernier à l’âge de 90 ans.
Louis Julé a d'abord été enseignant à l’école primaire jusqu'en 1969, où une nouvelle modification de la Loi sur l’éducation a permis la création d’écoles françaises.
De 1969 à 1972, le Fransaskois s’est alors illustré comme consultant en langue française auprès du département de l’éducation. Il assurait la coordination et le développement des écoles francophones, de l'immersion française et du programme scolaire de base en français.
Il a ensuite poursuivi son travail auprès du gouvernement au sein de plusieurs conseils et départements, avant de devenir directeur administratif du Bureau de la minorité de langue officielle.
De 1980 à 1989, il contribuait toujours au développement des écoles et de leurs programmes, en plus du développement de l’apprentissage du français au niveau postsecondaire.
C’est durant cette période qu’il a fondé avec son collègue Robert J. Cousin le Baccalauréat en éducation française à l’Université de Regina.
Un Fransaskois de sa génération
L'avocat fransaskois Roger Lepage a eu la chance de côtoyer Louis Julé, et même de le contre-interroger.
C’était lors d'une poursuite intentée par les parents fransaskois, les associations francophones de la Saskatchewan et les écoles francophones contre le gouvernement.
Roger Lepage défendait les intérêts des groupes sociocommunautaires, et Louis Julé était, de par la nature de son travail, du côté du gouvernement.

L'avocat Roger Lepage (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Leslie Garrido-Diaz
La décision du juge Wimmer rendue en 1988 a finalement donné raison aux Fransaskois qui réclamaient le contrôle sur les écoles francophones.
Cette décision a plu à Louis Julé, l’avocat en est convaincu.
Je le savais bien qu'il aurait pris une différente position, n'eût été son emploi avec le ministère de l'Éducation, parce que c'était connu quand même comme une personne qui voulait faire avancer la francophonie, affirme Roger Lepage.
Tout faire pour faire vivre la langue et la culture francophones
Cette volonté de faire avancer l'enseignement en français ne surprend pas l’historien Laurier Gareau.
C'était le caractère de toute cette génération-là qui se battait vraiment pour la survivance de la langue française en Saskatchewan, explique-t-il.

L'historien Laurier Gareau (Photo d'archives)
Photo : Françoise Verville
Les deux Fransaskois se sont croisés pour collaborer sur des projets, notamment celui de faire l’histoire de l’enseignement du français dans la Saskatchewan.
Pour s’aider, Louis Julé avait passé des années à collecter des archives comme des documents ou des entrevues avec d'autres piliers de la Fransaskoisie.
La somme de documents a été remise à la Société historique de la Saskatchewan il y a quelques années sous le nom de Projet Julé.
J'ai toujours eu beaucoup de respect pour lui.
Pour Roger Lepage, on devrait se souvenir de Louis Julé comme d'un Canadien français né en Saskatchewan, qui a voulu tout faire durant sa vie pour faire vivre la langue et la culture francophone comme enseignant.
Avec des informations de Trevor Bothorel


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