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Après une brillante carrière de physicien à l'université Harvard (Massachusetts), le scientifique Michael Guillén aurait pu couler une retraite paisible. C'était sans compter sur sa passion pour l'astronomie –ou ce besoin étrange de vouloir matérialiser l'être suprême censé avoir créé l'univers. Dimanche 18 janvier, dans un article écrit pour Fox News, le Dr Guillén a affirmé que Dieu se trouverait à environ 439 milliards de milliards de kilomètres de notre planète.
Rassurez-vous, cette conclusion est totalement dépourvue de preuves scientifiques. Il s'agit d'une hypothèse hautement spéculative, étayée par des passages de la Bible et une version revisitée du concept d'«horizon cosmique». Restons cependant curieux et jetons un œil à cette étrange théorie.
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Nous vivons dans un univers en expansion, ce qui bouleverse en permanence notre manière d'appréhender le cosmos. À mesure que l'espace entre les étoiles, les planètes et les galaxies augmente, la partie de l'univers que nous pouvons observer se réduit au fil du temps –les objets les plus éloignés finissant par se dérober à nos instruments, malgré les technologies spatiales de pointe, comme le rappelle le média en ligne IFLScience. Connue depuis la fin des années 1920, la loi de Hubble établit que les galaxies les plus lointaines s'éloignent plus rapidement que celles proches de la Voie lactée.
Bienvenue, vous avez trouvé facilement?
«Théoriquement, une galaxie située à 439 milliards de milliards de kilomètres de la Terre se déplacerait à une vitesse de 299.792 kilomètres par seconde, soit la vitesse de la lumière, écrit Michael Guillén. Cette distance, très loin dans l'espace, est appelée l'horizon cosmique.» La lumière provenant de l'autre côté de cet horizon reste invisible aux yeux des astronomes. C'est précisément là que, selon le physicien, la Bible refait surface.
D'après le récit de la création, le ciel demeure inaccessible aux humains vivants mais abrite les âmes des personnes décédées et le créateur divin. Le chercheur y voit un lien évident. «Nos meilleures observations astronomiques –et les théories d'Einstein sur la relativité restreinte et générale– indiquent que le temps s'arrête à l'horizon cosmique. À cette distance particulière, très loin dans l'espace profond, il n'y a ni passé, ni présent, ni futur. Il n'y a que l'intemporalité, soutient-il. Contrairement au temps, l'espace existe à l'horizon cosmique et au-delà. Cela signifie que l'univers caché au-delà est habitable, mais uniquement par la lumière et les entités semblables à la lumière.» Comprendre: Dieu.
Poétique, certes, mais scientifiquement pour le moins contestable. Selon les modélisations actuelles de l'univers, rien n'indique que le temps soit figé à l'horizon cosmique. La lumière provenant de cet espace mettrait longtemps à atteindre la Terre, mais elle finirait par y parvenir. Simplement, de notre point de vue, cela prend plus de temps: l'expansion de l'univers étire la source lumineuse lorsqu'elle traverse le macrocosme. En d'autres termes, si l'on admettait l'hypothèse de l'ex-physicien et que l'on s'armait de (beaucoup) de patience, nous devrions finir par apercevoir… Dieu!
Appuyer son argumentaire sur des passages de la Bible revient à piétiner allègrement la déontologie scientifique. De surcroît, la cosmologie avancée pour étayer son idée est largement erronée: un vide observationnel ne peut pas être considéré comme un lieu physique. À part le fait de vouloir rester «très loin de la Terre» –et qui pourrait le lui reprocher?– on ne comprend pas bien pourquoi Dieu aurait pris ses quartiers à 439 milliards de milliards de kilomètres de notre planète. Bref, une théorie «fake news» qui a toute sa place sur Fox News.





























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