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Le Canadien n’est pas allé chercher de renfort à la date limite des transactions.
Le nom du défenseur droitier Rasmus Ristolainen a circulé, lui qui est d’abord et avant tout reconnu pour son style robuste.
Le Canadien a une belle profondeur en attaque, mais il n’est pas non plus allé chercher un ailier de gros gabarit qui aurait été taillé pour le hockey des séries.
L’équipe a entrepris le dernier virage de la course aux séries avec sa jeunesse et ses joueurs d’habiletés qui, dans certains cas, ne sont pas les plus gros.
La constance dans le jeu défensif demeure le plus gros point d’interrogation chez le Canadien, surtout en ce qui a trait aux ambitions qu’elle peut avoir en séries. Mais la capacité de s’imposer physiquement, qui est indirectement liée à ces limitations sans la rondelle, est aussi une facette qui n’est pas entièrement satisfaisante.
Au retour d’une fin de semaine frustrante où l’équipe avait été déçue par sa façon de jouer, le défenseur Kaiden Guhle a été très honnête dans sa lecture de la situation.
Évidemment, on se défend à cinq, je pense que toute l’équipe peut jouer avec plus d’intensité, avait déclaré le jeune défenseur mardi, à la veille du match contre les Bruins de Boston.
Peut-être qu'on est un peu trop mous (en anglais: "soft") en ce moment. Ça arrive au fil d'une saison, on traverse des hauts et des bas dans ce sens-là, mais je pense qu’il suffit simplement de jouer plus durement. Ça doit venir de moi, ça doit venir des défenseurs, mais je pense que tout le monde peut le faire. Tous les attaquants peuvent faire un peu mieux à ce niveau-là, et on le sait. C’est clairement un aspect sur lequel on peut s'améliorer.
Martin St-Louis était d’accord avec Guhle, précisant que son club pouvait tuer plus de jeux de l’adversaire dans le bas de son territoire et qu’il ne doit pas constamment chercher à reprendre possession du disque en harponnant la rondelle.
Il y a des opportunités d’être plus robustes, a mentionné St-Louis. Je ne sais pas exactement quand, mais habituellement dans notre zone, dans les coins de patinoire, ça se présente beaucoup.
C'est comme pour l’échec avant des attaquants, ça se présente plus pour eux autres en zone offensive. Pour les défenseurs, c’est de tuer des jeux en zone défensive. C'est une mentalité, c'est un état d’esprit.
Le soir venu, face aux Bruins, le Canadien était prêt pour une guerre de tranchées, et cette implication physique que St-Louis souhaitait voir est ressortie.

Kaiden Guhle veut réinstituer plus de robustesse dans son jeu.
Photo : Associated Press / Matt Slocum
À la ligne bleue, Guhle a été bien meilleur qu’il ne l’avait été dernièrement. Il s’est rapproché de la version à laquelle on s’attend de lui.
Et un joueur de soutien comme Jayden Struble, qui peine à affirmer sa robustesse de façon régulière, a offert un niveau d’étanchéité qui lui a valu des présences régulières dans les 45 premières minutes du match.
Quand je joue bien, je suis difficile à affronter, je tue plusieurs jeux en zone défensive et je suis dur, a décrit Struble, mercredi. C’est l’un des principaux aspects de mon jeu avec lesquels je dois trouver de la constance.
Anderson s'est levé
En attaque, la contribution de Josh Anderson en matière de robustesse n’est pas passée inaperçue.
On arrive à ce temps de l’année où l’enjeu et l’intensité grimpent d’un cran, et ce sont dans ces moments que l’ailier de puissance du Canadien fait valoir son utilité.
Un peu comme la marmotte annonce le printemps, le jeu plus physique d’Anderson annonce l’approche des séries.
Ça fait un petit bout déjà qu'il est un cheval, a commenté Struble à son sujet.
Anderson a servi plusieurs mises en échec aux joueurs des Bruins, dont la dernière – en fin de troisième période sur Charlie McAvoy – l’a légèrement blessé et l’a forcé à renoncer à l’entraînement de mercredi.
Il a aussi marqué un but en gagnant son positionnement devant le filet, il a talonné l’adversaire en échec avant, et sa vitesse a favorisé plusieurs rejets de rondelle en fond de territoire.
Ce genre de performance est difficile à répéter souvent au fil de 82 matchs, mais lorsqu’Anderson le fait, son style irradie sur le reste de l’équipe, et aide à compenser pour le petit nombre de joueurs qui ont une identité semblable à la sienne.
Il est capable de changer le cours d’un match en une seule présence, et c’est une qualité importante à avoir. Évidemment, on sait à quel point il est bon : c’est un excellent coéquipier, il soutient ses coéquipiers, mais c’est aussi quelqu’un vers qui, je pense, les autres se tournent pour qu’il fasse la différence.
Dans les grands matchs, Andy va être au rendez-vous, a ajouté Gallagher. Il peut marquer des buts, il peut se battre, il peut frapper, il patine bien, il est difficile à affronter – je le sais – et c'est un joueur important à avoir dans l'équipe.
Même si Anderson a raté l’entraînement de mercredi, St-Louis a indiqué que l’ailier de 31 ans serait de l’envolée vers Detroit.

John Gibson et les Red Wings de Detroit ont blanchi le Canadien 4-0 lors du dernier affrontement entre les deux équipes, le 10 janvier.
Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes
Gérer son avance... au classement
La défense de l’espace, les luttes pour la rondelle et la capacité à installer l’attaque depuis le fond de la zone adverse sont des éléments du jeu qui prennent de l’importance en fin de saison, quand les matchs sont de plus en plus âprement disputés.
Il était donc important que le Canadien se corrige face aux Bruins et qu’il y aille d’une performance capable de le replacer sur le droit chemin. Qu’il se redonne un exemple frais de ce à quoi pourrait ressembler sa marche à suivre en fin de saison.
Car personne n’est dupe : le calendrier des prochains jours continue d’être un champ de mines pour le Canadien.
Il rend visite, jeudi, à des Red Wings qui n’ont remporté que cinq de leurs 15 derniers matchs, mais qui ne sont quand même qu’à deux points du CH.
Le classement est à l’enjeu, mais c’est un sujet qui doit être abordé avec circonspection.
Les joueurs disent y jeter un coup d'œil, mais sans obséder sur ce qu'ils y voient.
St-Louis leur a déjà suggéré de faire comme à la course à pied et de regarder vers l’avant, et non pas derrière eux. Un conseil auquel adhère Phillip Danault.
Je trouve que c’est une belle optique que de vouloir rattraper celui en avant, a dit Danault. Si tu vises plus haut, tu vas atteindre plus haut… ou alors tu vas vraiment être plus déçu! Regarder en arrière ne fait qu’amener du stress. Si tu regardes en avant, tu n'es pas stressé, tu peux juste bien faire. Si tu regardes en arrière, tu vas être stressé en pensant à l’autre qui pourrait nous pogner.
C’est la même chose avec tout le reste. Si tu ne marques pas de but pendant 20 matchs, tu regardes en arrière et tu te répètes que ça fait 20 matchs que tu n’as pas scoré, au lieu de penser au prochain match. Je le sais, ça m’est arrivé...
Il reste encore au Canadien 15 rencontres à disputer, ce qui lui donne l’occasion de prendre de l’expérience à défendre sa place en séries. Il n’a jamais vécu cela depuis le début de la reconstruction.
Dans le classement plutôt que sur une patinoire, l’équipe est confrontée à l’équivalent de devoir protéger une avance dans un match.
Selon St-Louis, le Canadien va le faire en continuant à travailler sur sa façon de jouer et en gardant confiance qu’il saura se corriger en cours de route.
Peu importe la manière
Ce qui semble acquis dans l’esprit de l’entraîneur-chef, c’est que l’équipe ne peut pas se soucier de la colonne des victoires en temps réglementaire, qui constitue le premier bris d’égalité au classement en fin de saison.
Le Tricolore est vulnérable dans ce département, car à une seule exception près, aucune équipe dans la course dans l’Est – et on inclut ici les Sénateurs d’Ottawa – n’a moins de victoires à la régulière que lui.
L’exception en question se nomme les Blue Jackets de Columbus, qui ont 24 victoires en temps réglementaire comparativement aux 25 du Canadien. Or, depuis le 1er janvier, les Jackets viennent au sixième rang de la LNH pour le plus grand nombre de victoires obtenues sans l’aide de la prolongation. Si la tendance se maintient, ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne doublent le Canadien à ce chapitre.
Aux yeux de St-Louis, cette position désavantageuse ne saurait être une distraction. L’important, dit-il, est d’engranger les victoires, peu importe de quelle manière.
Je pense qu'on n’est plus au temps de l'année où l’on peut être "cute" avec ça, a-t-il fait valoir. Tu ramasses les points.
Le match de mardi face aux Bruins en a été une belle illustration. Bien que remporter le match à la régulière eut été préférable, personne n’a géré le match de façon téméraire et n’a lancé les dés inutilement dans le but de générer une chance de marquer tardive.
St-Louis utilise souvent le terme calculé pour décrire de bonnes prises de décision. Or, en évitant une attaque désespérée dans les dernières secondes de la troisième période, sa jeune équipe lui a montré qu’elle comprenait qu’il y avait là un risque inutile à éviter.
Il s’agira donc d’accumuler le plus de points possible d'ici la fin… de manière à éviter d’être victime de ce bris d’égalité.


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