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Un pêcheur de homard de Lamèque lance un appel à la solidarité pour essayer de sauvegarder l'usine de transformation de l'Association coopérative des pêcheurs de l'île.
La coop des pêcheurs, qui croule sous les dettes, s'est mise à l'abri de ses créanciers dans l'espoir de se restructurer.
Jean-Pierre Plourde a travaillé dans son usine alors qu'il était adolescent pour fileter le poisson. Aujourd'hui, à tout près de 70 ans, ce homardier reste fidèle l'Association coopérative des pêcheurs de l'île et continu de lui vendre son homard.
On est entourés de ressources, mais elles s'en vont ailleurs, sous prétexte de cinq cents, dix cents de plus.
Il fait partie d'une poignée de pêcheurs de homard ou de crabe qui n'ont pas quitté le navire.
Le manque d'accès à la ressource serait un autre des facteurs ayant contribué aux déboires financiers de la coopérative.

Quand l'usine de transformation de homard et de crabe roule au maximum de ses capacités, plus de 350 employés peuvent y travailler.
Photo : Radio-Canada / René Landry
L'Association coopérative des pêcheurs de l'Île compte 239 membres, des pêcheurs pour la plupart et des employés.
La saison dernière, seuls onze membres pêcheurs ont fourni leurs prises à leur coopérative : cinq pêcheurs de crabe et six pêcheurs de homard.
Bien moi j'aime parler au monde et je ne voudrais pas avoir la tête basse, ajoute Jean-Pierre Plourde. Si je vendais mon produit plus cher et qu'il allait à l'extérieur de la région, je ne serais pas à l'aise avec ça.
Un modèle « hybride »
M. Plourde dit d'ailleurs ne pas être certain que le modèle coopératif soit encore adapté à la situation. Il préconise, plutôt, une sorte de formule hybride qui permettrait notamment l'achat d'actions.
Le système coopératif ne marche pas, constate-t-il. On a vu des magasins s'associer à IGA avec des formules adaptées. Bien, je pense qu'il y a moyen de faire quelque chose comme ça, ici, sur l'île.
Il demande aussi aux gouvernements d'intervenir. Et, selon lui, le plus tôt sera le mieux. Il s'agirait entre autres d'aider à rembourser des dettes auprès des pêcheurs, des fournisseurs.
Entre-temps, il préfère ne pas trop songer à une fermeture définitive. Un tel scénario aurait, selon lui, des conséquences désastreuses sur le plan socio-économique.
La communauté d'abord
Il faut penser aux autres, lance-t-il. La communauté est plus importante qu'un petit noyau de pêcheurs. Si ce que je dis blesse des gens, j'en suis désolé. Mais, les pêcheurs ont une responsabilité envers la communauté. Si tu es dans la région, tu dois faire vivre ton monde.
Jean-Pierre Plourde craint un retour en arrière : la vente de l'usine à une grande compagnie de l'extérieur.

Il n'y a plus de production ni de livraisons à l'usine de Lamèque, alors que l'Association coopérative des pêcheurs de l'île se retrouve en eaux troubles.
Photo : Radio-Canada / René Landry
Mais, il y a une lumière au bout du tunnel, pense-t-il, si les pêcheurs se serrent les coudes.
Leurs parents, à un moment donné, ont eu de l'aide de la coop, rappelle-t-il. Et s'ils sont là aujourd'hui c'est grâce à ça. Qu'ils y pensent et qu'ils redonnent aux autres.


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