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Montréal est reconnue pour les tournages qui animent ses studios et ses rues chaque été. De X-Men à Transformers, en passant par le plus récent Karate Kid avec Jackie Chan, les Montréalais sont habitués à voir leur ville se transformer en décor de cinéma. Mais qu’en sera-t-il l’été prochain ? Verra-t-on des vedettes de l’envergure de Ryan Reynolds ou de Sydney Sweeney défiler dans nos rues ?
« On ne peut pas confirmer encore, mais nous, on continue à travailler. On accompagne d’ailleurs aujourd’hui même des producteurs qui sont ici à Montréal », fait savoir Stéphane Cardin, président-directeur général du Bureau du cinéma et de la télévision du Québec. L’organisme a pour mission « de contribuer au développement et à la compétitivité du Québec comme centre de production multiécran de calibre international ». « C’est un travail de tous les jours et on est convaincus, nous, de la qualité de ce qu’on a à offrir », souligne-t-il.
Bien qu’à ses yeux, l’offre de Montréal reste très intéressante, notamment grâce à « l’excellence de nos équipes créatives », force est de constater que les temps sont plus difficiles pour l’industrie. 2025 a marqué un creux dans les tournages de films à Montréal. « En 2025, on a fait à peu près le même nombre [de projets] qu’en 2024, mais ils étaient de plus petite envergure que ceux qu’on avait vus en 2024 », indique-t-il.
Le plus récent bilan de son organisation estimait à 819 millions de dollars les dépenses directes des tournages étrangers au Québec en 2024. Les chiffres pour 2025 ne sont pas encore disponibles, mais, sur le terrain, des acteurs de l’industrie rapportent qu’elle a tourné au ralenti l’été dernier.
« Je pense qu’en 2024, on a fait 24 projets d’envergure, soit séries lourdes ou longs métrages, puis je pense qu’on en a fait 6 [en 2025] », se désole Andreas Mendritzki, cofondateur de CineGround, une boîte de location et de postproduction, qui fournit entre autres des équipements de tournage. Et quel regard porte-t-il sur l’été 2026 ? « J’ai de l’espoir pour cette année. De ce que j’entends, il y a quand même plus de projets américains que l’année passée. Je pense que ce qu’il nous manque, c’est une mégaproduction américaine », constate celui qui est aussi producteur chez les productions GreenGround.
Une compétitivité en péril
Montréal a-t-elle perdu son lustre comme destination de choix pour les tournages américains d’envergure ? « Je ne pense pas », affirme sans détour Stéphane Cardin. Il cite comme exemple une vidéo publiée plus tôt cette année par l’acteur britannique Simon Pegg qui vante les mérites de Montréal et de ses équipes de tournage. On entend l’acteur, qui était dans la métropole pour le tournage du film Dr. Mason Miller, qualifier l’équipe québécoise avec laquelle il a travaillé d’« absolument brillante ».
« Je ne veux pas tout ramener à une question de soutien fiscal, mais force est de constater que l’impératif financier devient de plus en plus important », laisse savoir Stéphane Cardin.
Il explique que plusieurs destinations ont gagné en importance sur la scène des tournages étrangers. Studios Netflix au New Jersey, crédits d’impôt avantageux en Irlande et en Australie : le milieu « est devenu vraiment beaucoup plus compétitif dans les dernières années », relève-t-il. « C’est sûr que ça a eu un impact sur le Québec, quoiqu’on demeure bien reconnu pour notre expertise. »
Le protectionnisme de Donald Trump joue aussi dans la balance. « Ce protectionnisme, il est réel. Il est poussé par certains politiciens dans certains États, qui ont augmenté leur crédit d’impôt de façon appréciable », comme la Californie et New York.
« Une situation difficile pour l’industrie »
Ce ne sont pas que les tournages étrangers qui pâtissent de la conjoncture. « En 2021, on avait 66 productions télé [québécoises] qui se tournaient pendant cette période-là. À l’été 2025, on en a eu 45. Puis, à ce moment-ci, […] j’en ai 37. Ce n’est probablement pas le chiffre final, mais, comme vous le voyez, après avoir eu une moyenne dans les 60, là, on est vraiment dans les 40 », laisse tomber Hélène Messier, présidente-directrice générale de l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM).
À ses yeux, les causes de ce déclin des tournages de séries télé, qui comprennent les séries de fiction, les séries jeunesse et les quotidiennes, sont multifactorielles : auditoire qui se débranche du câble, accaparement des revenus publicitaires par les plateformes en ligne, fragmentation des auditoires. « Je pense que le constat, c’est qu’on est dans une situation difficile pour l’industrie. »
Les coûts de production, qui ont explosé, font aussi mal à ses membres. « Si, évidemment, les productions coûtent plus cher à produire et que tu as moins d’argent pour les faire, ça veut dire ultimement qu’il y a moins d’argent dans la cagnotte totale. On fait moins de productions parce que chacune coûte plus cher à produire », explique-t-elle.
Au congrès de l’AQPM tenu au mois d’avril dernier, il a été révélé que les budgets de la télé québécoise ont diminué de près de 20 % en à peine deux ans.


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