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La paix en Ukraine serait-elle enfin en vue? Pour la première fois depuis le début de l'invasion russe à grande échelle, Ukrainiens, Russes et Américains se sont réunis à Abou Dhabi, les 23 et 24 janvier, afin d'explorer la voie des pourparlers de paix, près de quatre ans après le déclenchement du conflit. Un signe ne trompe pas: les discussions n'ont pas été vaines, puisque les négociations devraient reprendre dès le week-end prochain.
«Beaucoup de choses ont été discutées et il est important que les discussions aient été constructives», a souligné le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur le réseau social X. Washington est parvenu à s'imposer comme un médiateur se voulant impartial, tandis que les belligérants s'emploient à afficher leurs bonnes intentions.
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Quelques jours avant la rencontre d'Abou Dhabi, le président ukrainien s'exprimait au Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Il y a affirmé sa satisfaction quant aux garanties de sécurité d'après-guerre offertes par les États-Unis. Reste désormais à aborder la question la plus épineuse, celle des territoires, où les positions divergent fortement. «Tout est une question de territoire. C'est la question qui n'est pas encore résolue», a martelé Volodymyr Zelensky. Selon l'émissaire américain Steve Witkoff, l'accord serait pratiquement conclu, à l'exception –notable– de cette question territoriale. Le président russe Vladimir Poutine a, pour sa part, posé sa ligne rouge: le Kremlin entend, a minima, conserver l'ensemble du Donbass.
Actuellement, les forces russes contrôlent environ 80% de cette région. Les 20% restants –la «ceinture fortifiée» de l'Ukraine– correspondent à un réseau de positions défensives que Kiev juge indispensables pour protéger le pays contre toute future agression de Moscou. Les Ukrainiens s'opposent ainsi farouchement à l'idée de céder ce territoire stratégique, qu'ils ont défendu au prix de milliers de vies.
Sur le terrain, Moscou s'affaiblit
Comment sortir de cette impasse? Pour le Financial Times, il faudrait un changement majeur sur le champ de bataille afin de contraindre Moscou ou Kiev à revoir ses positions. Les responsables occidentaux de la sécurité mettent en avant les pertes considérables subies par la Russie ces derniers mois. L'armée russe aurait ainsi enregistré 30.000 pertes (morts et blessés) en décembre, soit vingt-cinq fois plus que les revers ukrainiens. Une situation qui s'explique par l'amélioration des technologies de Kiev, notamment en matière de drones, et modifie en profondeur la conduite des opérations militaires.
Au printemps 2025, nombre de spécialistes penchaient pour une guerre d'usure que l'Ukraine serait vouée à perdre, plus ou moins rapidement. Ce diagnostic apparaît aujourd'hui moins assuré. La capacité de la Russie à soutenir son effort de guerre suscite désormais le doute: le Kremlin peine à engager de nouveaux soldats, malgré des primes d'engagement qui explosent. L'économie russe est touchée de plein fouet par les combats, avec des réserves financières gouvernementales qui s'amenuisent, une croissance atone et une inflation galopante. Dans ce contexte, Vladimir Poutine peut-il légitimement exiger l'annexion du Donbass?
Côté ukrainien, la situation demeure fragile. Les attaques de missiles russes contre les infrastructures énergétiques du pays ont plongé Kiev et d'autres villes dans le noir et le froid la semaine du 19 janvier, alors que le mercure est tombé sous la barre du zéro. Volodymyr Zelensky a accepté de s'engager dans des négociations avec Moscou en partie pour éviter de s'aliéner Donald Trump, alors que la lassitude gagne son pays face à une guerre qui s'enlise depuis près de quatre ans.
Les Occidentaux, eux, semblent aujourd'hui s'accorder sur la stratégie à adopter: le Vieux Continent fournit l'aide militaire et financière nécessaire à Kiev pour poursuivre ses frappes, tandis que les États-Unis maintiennent le dialogue avec Moscou en vue de faire avancer les pourparlers de paix. Dans les chancelleries européennes, une crainte persiste tout de même: l'administration Trump pourrait-elle finir par perdre patience et se détourner du processus de paix exigeant en temps et en capital politique?
Les négociations visant à mettre fin à un conflit long et complexe peuvent s'étirer sur de nombreuses années –celles concernant la guerre du Vietnam ont par exemple duré près de cinq ans. À l'approche du quatrième anniversaire de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine, les prémices d'un véritable processus de paix sont désormais en place. Reste à savoir combien de temps il faudra avant que les armes se taisent.





























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