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L’Association musulmane de Pontivy (Morbihan) recherche un lieu pour ouvrir une salle de prière regroupant les associations cultuelles. Il est question de sécurité et de dignité.
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Par Emmanuel Verdeaux Publié le 23 sept. 2026 à 14h06
« On parle d’une religion, d’un lieu de culte, au cœur de tous les débats politiques ». Amine Yaakoubi, président de l’Association musulmane de Pontivy, n’est pas dupe. Il sait le sujet sensible.
Et a dès lors à cœur de bien expliquer ce projet porté en cette fin d’année 2026 par l’association qu’il préside : trouver un lieu qui permettrait de réunir en un seul endroit les associations cultuelles musulmanes du territoire pontivyen.
Fédérer les associations cultuelles en un seul lieu
Elles sont aujourd’hui disséminées en quatre ou cinq structures ou communautés. Il en va d’une question de sécurité et de dignité, pour « pratiquer notre religion avec une structure bien mise en place ».
Autre chiffre : celui de « 980 fidèles », passés en un mercredi dans une salle louée à l’occasion d’une fête religieuse récente. On peut imaginer à combien peut monter cette fréquentation lors de fêtes tombant en week-end : le besoin est réel.
Sécurité des fidèles, des riverains
La sécurité, tout d’abord. Celle touchant à la pratique elle-même, pour sécuriser les fidèles. Sécuriser, aussi, les riverains du futur lieu d’implantation de cette salle de prière que l’association recherche, disposant d’une offre en stationnements, en mobilité, en accessibilité, et destinée à regrouper toutes les associations cultuelles en un seul lieu « sous la lumière ».
Lutte contre le risque intégriste
Car le sujet de la sécurité est aussi abordé par l’Association musulmane de Pontivy en réponse au risque de communautarisme et de gestation de visions intégristes, qui « sortent des petites salles de prière ».
Amine Yaakoubi et Omar Moussaoui, secrétaire général de l’association, poursuivent :
L’objectif est de ne faire de mal ni à nous, ni à notre religion, ni à la France. Les intégristes, on ne peut pas les supporter.
Car, le rappellent-ils, « le mot islam, c’est la paix, d’entrée de jeu ». Et d’ajouter, à propos du culte musulman, que « le prêche, les cours, c’est le vivre-ensemble », expliquent-ils.
Autre objectif visé, dans ce contexte de débats politiques et d’idéologies du repli sur soi : « Lever la peur sur la religion musulmane », lutter contre les clichés. Toujours dans cet esprit du vivre-ensemble.
Et d’évoquer la possibilité de recevoir dans ce futur lieu de culte des non-musulmans, pour le partage, l’ouverture aux autres. Et « libérer cette peur » qui existe parfois, reprend Omar Moussaoui. « C’est un mauvais sentiment, la peur ne fait pas de bien ».
Pratiquer sa religion dignement
Le projet porté par l’Association musulmane de Pontivy est motivé, aussi, pour des raisons de dignité. Et les deux représentants de l’association cultuelle n’ont pas de mots assez forts pour l’ancienne équipe municipale.
Longtemps, aucun moyen digne de ce nom n’a été apporté aux associations cultuelles qui en faisaient la demande, affirment-ils. Et Omar d’illustrer par l’exemple. Alors qu’il s’était présenté comme représentant associatif et qu’il formulait la demande d’un lieu pouvant servir à la pratique religieuse, il s’est vu répondre qu’on « ne donne pas de salle pour ce genre d’événement », rapporte-t-il.
Une réponse qui l’étonne d’autant plus, lui originaire de Loudéac, que tant à Loudéac qu’à Locminé, des communes plus petites, « on donne les moyens ». Au point, d’ailleurs, que pour les grandes fêtes religieuses, nombreuses sont les personnes de confession musulmane qui se déplacent vers l’une ou l’autre de ces villes.
Compliments pour la Ville et les services de l’État
L’étonnement, et même la crispation, voire une certaine colère, dominent d’autant plus qu’une circulaire préfectorale incite les collectivités à faciliter l’accès à des lieux dignes pour la pratique d’un culte.
Ne pas avoir de lieu digne de ce nom est « injuste », estiment encore Amine Yaakoubi et Omar Moussaoui. « Plus qu’un abandon, c’est un rejet », déplore le secrétaire associatif. Et cela nourrit la frustration, elle aussi, comme la peur, mauvaise conseillère.
Les deux responsables associatifs ont, depuis les dernières élections municipales, trouvé des oreilles bien plus attentives à leur demande. Dans le cadre de leur projet, « sécurisé avec la sous-préfecture », ils ne tarissent pas d’éloges. « Je ferai tout pour vous accompagner », leur répond Soizic Perrault en mai dernier, alors qu’ils cherchent une salle pour fêter l’Aïd.
« En 2026, c’était la première fois que les musulmans ont pu pratiquer leur religion dignement », appuie le président associatif. Et de multiplier les compliments et remerciements envers la maire de Pontivy.
Des propos tout aussi amènes pour le corps préfectoral. « La sous-préfecture représente vraiment les valeurs de la République », faites des notions de liberté, d’égalité et de fraternité, avancent-ils, à propos de la sous-préfète Claire Liétard.
Trouver une solution d’ici fin 2026
Dans ce projet de lieu de culte unique, regroupant les différentes associations, l’Association musulmane de Pontivy revendique, notamment, un ralliement « à 99 % » de l’association comorienne. Et poursuit les recherches « menées avec Soizic Perrault » pour trouver le bon endroit.
« Il y a des pistes pour racheter un lieu privé », conclut Amine Yaakoubi. Autres pistes explorées : l’acquisition d’un terrain communal, des contacts avec des agences… Ceci avec un objectif : trouver une solution d’ici la fin de l’année. Avec cette précision en guise de conclusion : le volet financier sera porté intégralement par la structure associative.
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