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La Gendarmerie royale du Canada en Alberta indique avoir reçu quatre appels au cours de la semaine dernière faisant état de personnes qui seraient armées.
Les appels provenaient de High River, dans le sud de la province, de Fort McMurray, dans le nord, d'Edson, dans le centre ouest, et de Sherwood Park, une petite communauté à l'est d'Edmonton.
Ces appels ont contraint plusieurs écoles dans ces localités à se mettre en confinement ou en état d'alerte pendant plusieurs heures, selon la GRC.
Des accusations
L’appel pour un signalement d’Edson a donné lieu à des accusations contre une personne suspectée d’avoir jeté de la viande de bœuf séchée, qu’on appelle également charqui, sur des élèves tout en criant des versets de la Bible.
C’est ce qu’a indiqué le caporal Troy Savinkoff, responsable des relations publiques à la GRC. Il a ajouté que l’auteur présumé de l’incident aurait ensuite tiré trois fois avec ce qui semblait être une arme à feu devant un directeur d’école avant de s'enfuir.
L'arme s'est avérée un pistolet à amorces qui produit une détonation sans envoyer de projectiles. Le suspect de 39 ans, originaire de la Colombie-Britannique, fait face à plusieurs accusations.

Les quatre appels reçus par la GRC la semaine dernière provenaient de High River, de Fort McMurray, d'Edson et de Sherwood Park.
Photo : La Presse canadienne
Mercredi dernier, la GRC a répondu à un deuxième appel concernant un élève armé à Fort McMurray. Même si celui-ci ne portait pas d'arme ce jour-là, les enquêteurs de la police fédérale pensent qu'il en avait déjà apporté une à l'école.
L'enquête est en cours, a indiqué le caporal Savinkoff, précisant qu’un adolescent fait face à plusieurs accusations dans cette affaire, notamment pour avoir proféré des menaces.
Le même jour, les agents de la GRC ont répondu à un autre appel signalant une personne soupçonnée d'être en possession d'une arme à feu dans un parc situé à proximité de deux écoles de Sherwood Park. Ces deux écoles ont été placées en confinement.
Cette alerte s'est avérée sans fondement, mais la police croit que le signalement a été fait de bonne foi et non pour l'induire en erreur.
Le quatrième appel, provenant d'une personne utilisant un logiciel pour déformer sa voix, faisait état d'un tireur en route vers une école. Les policiers ont retrouvé le suspect présumé et confirmé qu'il n'était pas armé.

La hausse des signalements survient dans le sillage de la tragédie de Tumbler Ridge, dans la province voisine de la Colombie-Britannique. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Ben Nelms
Tumbler Ridge dans les mémoires...
La GRC dit qu’elle n’est pas en mesure d’affirmer si ces signalements étaient liés à la tuerie de masse survenue récemment dans une école de Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique.
Elle note toutefois qu’il n’est pas courant de recevoir un tel nombre de signalements dans un intervalle aussi court.
Le fait de recevoir autant d'appels en si peu de temps est inhabituel.
Adam Lankford, professeur de criminologie et de justice pénale à l'Université d'Alabama, affirme qu’une hausse de signalements, à la suite d’une tragédie comme celle survenue en Colombie-Britannique, n'est pas surprenante.
Les recherches qu’il a effectuées aux États-Unis ont montré que les émotions ressenties par les gens après une fusillade de masse sont très fortes.
Dans certains cas, la peur peut pousser les gens à réagir de manière excessive ou à pécher par excès de prudence. Ils signalent donc davantage d'incidents.
Adam Lankford souligne que la peur ressentie par les communautés après l’événement tragique de Tumbler Ridge reste forte, quand bien même les chances que cela se reproduise seraient minimes.
Il explique toutefois que la peur, voire la psychose, que ce genre de tragédie installe dans les esprits, est bien compréhensible : C'est un peu comme un tremblement de terre [...] où ce que vous avez à perdre est si important qu'il n'est pas forcément rassurant de savoir qu'il y a peu de risques que cela se reproduise.

En raison du fait que les tueries de masse ne sont pas courantes au Canada, la peur qu'a pu engendrer la tragédie de Tumbler Ridge risque de durer longtemps. (Photo d'archives)
Photo : The Canadian Press / Jesse Boily
... et pour cause
Par ailleurs, selon Adam Lankford, si les habitants des États-Unis où les fusillades de masse sont fréquentes peuvent parfois devenir insensibles, dans un pays comme le Canada, où ces faits sont rares, la peur peut se prolonger pendant une longue période.
Pour sa part, la GRC encourage le public à continuer de la contacter, sans se sentir coupable, s'il pense que quelqu'un est armé, précisant : La détection précoce de ces incidents, où chaque seconde compte, est extrêmement importante.
Avec les informations de La Presse canadienne


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