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Un résident de Saint Andrews, au Nouveau-Brunswick, se sent laissé pour compte après avoir obtenu un remplacement de la hanche dans le secteur privé au Québec.
Je me sens très bien. Le remplacement de ma hanche s’est bien passé. Je me sens fort. Mais je me sens abandonné par mon gouvernement provincial, affirme ce patient, Justin Dawe.
M. Dawe ressentait l’automne dernier une douleur qu’il décrit comme étant intolérable. Il est allé plusieurs fois aux urgences. Une radiographie en octobre a révélé une perte de cartilage de sa hanche droite et la friction des os l'un sur l'autre. Le remplacement de la hanche était la seule solution.
À ce moment-là, je souffrais énormément, explique Justin Dawe. Je prenais 16 comprimés Advil Extra Fort par jour et 8 Tylenol Extra Fort simplement pour être fonctionnel, me lever du lit. J’ai fait cela pendant environ cinq mois.
Il a été inscrit sur une liste d’attente pour consulter un chirurgien environ neuf mois plus tard. Ensuite, il aurait pu attendre encore des mois, voire plus d’un an, pour obtenir les soins chirurgicaux nécessaires.
Je ne pouvais bouger. J’ai 43 ans. Je ne pouvais pas travailler ni m’occuper de ma fille. Je ne pouvais pas sortir pour jouer à la balle avec elle, souligne M. Dawe.
Ne pouvant plus attendre, il est allé à Montréal, en janvier, subir le remplacement de sa hanche dans une clinique privée, ce qui lui a coûté plus de 30 000 $. Il est ensuite rentré chez lui et la clinique a fait un suivi médical à distance.
Mais M. Dawe a subitement souffert d’une embolie pulmonaire, un grave effet secondaire de la chirurgie qui l’a amené à nouveau dans le système de santé provincial.
Il a effectué divers tests qui ont confirmé qu'il ne s'agissait pas d'une crise cardiaque. On lui a donné son congé de l’hôpital, mais il y est retourné une semaine plus tard, ressentant toujours de la douleur. Un autre test a confirmé qu’il n’y avait aucun autre caillot de sang. Son traitement comprend un médicament anticoagulant.

Le Néo-Brunswickois Justin Dawe a subi un remplacement de la hanche dans une clinique privée à Montréal.
Photo : Gracieuseté/Justin Dawe
Justin Dawe se sentait dans l’incertitude, sans suivi ni prise en charge, chaque fois qu’il quittait le service des urgences.
Personne au Nouveau-Brunswick, aucun médecin ni système de santé ne me prenait en charge parce que j’ai eu une opération chirurgicale dans une autre province, explique M. Dawe.
À un moment donné, selon lui, on lui a dit de s’adresser à son chirurgien à Montréal. Qu’est-ce que Montréal pouvait faire pour mon caillot de sang au Nouveau-Brunswick?
Acheteurs, prenez garde, conseille le ministre de la Santé
Environ 18 000 personnes au Nouveau-Brunswick attendaient en janvier de subir une opération chirurgicale, selon le ministre de la Santé, John Dornan.
Le système de santé a effectué 1568 remplacements de la hanche en 2025, et ce, dans un délai moyen de 397 jours (un peu plus de 13 mois) dans 90 % des cas, selon le tableau de bord provincial des délais d’attente en chirurgie. Cette période d’attente commence au moment où le patient et le chirurgien conviennent d’effectuer l’opération.
Le ministre Dornan reconnaît que les patients peuvent demander des soins à l’extérieur de la province, mais il exprime des réserves.
Idéalement, le patient devrait être suivi par le chirurgien qui a effectué l’opération, comme ici au Nouveau-Brunswick. Lorsque les gens reçoivent une opération ailleurs au pays ou ailleurs dans le monde, le suivi médical ou les soins en cas de complication sont plus difficiles.

Le Dr John Dornan, ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, dit appuyer l'amélioration des temps d'attente en chirurgie dans le système provincial de santé.
Photo : Radio-Canada / Allyson McCormack
Les chirurgiens qui soignent des Néo-Brunswickois à l’extérieur de la province consultent souvent un autre chirurgien ou le médecin de famille du patient pour que le suivi soit effectué sur place, au Nouveau-Brunswick, mais ce n’est pas toujours le cas, selon le ministre, et les cliniques privées n’informent pas toujours les patients de ce fait.
Ces cliniques ne vous disent pas qu’en cas de problème, elles ne sont pas là pour s’occuper de vous. Vous dépendez des soins offerts dans votre province. Alors, acheteurs, prenez garde, dit John Dornan.
Le suivi est particulièrement plus difficile dans le cas des patients sans médecin de famille, ajoute-t-il.
Le patient doit être au cœur de nos priorités
La clinique privée Duval à Montréal effectue plus de 12 000 remplacements de la hanche ou du genou par année. De 20 à 30 de ces patients viennent du Nouveau-Brunswick et paient ces soins eux-mêmes.
Selon le Dr Pascal-André Vendittoli, chirurgien orthopédiste et copropriétaire de la clinique, la plupart des provinces font le suivi médical et reconnaissent les ordonnances de médicaments et de radiographies de sa clinique, et le Nouveau-Brunswick est l’une des provinces où ce suivi est un peu plus difficile.
Nous ne comprenons pas pourquoi il y a tant d'hésitations à reconnaître [nos ordonnances], car nous faisons économiser du temps et de l'argent au gouvernement de la province où réside le patient, et nous pensons que cela devrait être bien accepté, comme c'est le cas en Ontario ou en Alberta, par exemple, indique le Dr Vendittoli.

Le Dr Pascal-André Vendittoli, chirurgien orthopédiste, est copropriétaire de la clinique Duval à Montréal.
Photo : Gracieuseté/Pascal-André Vendittoli
Pascal-André Vendittoli estime que les services de santé privés et publics doivent travailler ensemble et que le patient doit être au cœur de nos priorités.
Justin Dawe a hâte de reprendre son travail au cours des prochaines semaines. Il ajoute qu’il n’y aurait pas de cliniques privées si les patients étaient soignés dans un délai raisonnable, et que ce sont eux qui en paient le prix.
Oui, j'ai retrouvé ma mobilité et je me sens mieux. Mais nos investissements et nos économies de toutes ces années sont dépensés parce que nous vivons au Nouveau-Brunswick en ce moment.
D’après les renseignements d’Allyson McCormack, de CBC


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