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Un locataire sur cinq au Québec a eu de la difficulté à payer son loyer en 2025

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Un locataire québécois sur cinq a eu de la difficulté à payer son loyer l’an dernier, selon un sondage Léger mené pour Vivre en ville et publié lundi. À la lumière de ces résultats, l’organisme réclame notamment un registre universel et obligatoire des loyers.

Une semaine après la publication des détails de la nouvelle méthode de calcul des hausses de loyer par le Tribunal administratif du logement (TAL), qui prévoit des augmentations de loyer d’au moins 3,1 % en 2026, l’organisme note une « détérioration alarmante de la situation des locataires québécois ».

Le principal message à retenir du portrait du marché locatif résidentiel, selon Adam Mongrain, directeur de l’habitation de Vivre en ville, c’est qu’« on compose avec un énorme recul de la stabilité résidentielle, de la mobilité résidentielle et de la sécurité résidentielle ».

À son avis, les locataires qui espèrent une détente du marché ne doivent pas se laisser aveugler par certaines nouvelles qui filtrent dans les médias, comme une hausse des mises en chantier. « Ce sont des choses qui sont enthousiasmantes, mais c’est tellement mince par rapport à la détérioration des conditions de vie de la population locataire au Québec au cours des cinq dernières années. »

Parmi les constats qui émanent du sondage de la firme Léger réalisé auprès de 5506 locataires québécois consultés sur le Web entre le 27 août et le 18 septembre 2025, on relève une détresse chez bon nombre de locataires. Ce sont 8 % des répondants qui ont rapporté recevoir un supplément pour payer leur loyer, une proportion en hausse par rapport aux 6 % observés en 2023.

L’accès à la propriété se montre quant à lui fortement dépendant du profil sociodémographique. Si 22 % des locataires sondés pensent pouvoir devenir propriétaire dans les cinq prochaines années, ce pourcentage grimpe à 47 % chez ceux ayant un revenu de 100 000 $ et plus, et à 35 % chez les diplômés universitaires.

Plaidoyer pour un registre des loyers

La clause G, la section du bail qui indique le loyer le plus bas payé au cours des 12 mois précédents, demeure peu connue, constate Adam Mongrain. À peine 20 % des locataires sondés affirment qu’elle avait été remplie par le propriétaire, tandis que 34 % soutiennent qu’elle ne l’a pas été et 45 % n’étaient pas en mesure de se prononcer.

Rappelons qu’un nouveau locataire peut demander au TAL de fixer son loyer s’il est supérieur à celui indiqué à la clause G. Il doit cependant présenter une demande à cet effet dans les 10 jours suivant la date de conclusion du bail.

La fameuse clause G demeure un écueil pour les locataires, car « cette information-là est révélée à la signature du bail », rappelle M. Mongrain. Dans les circonstances, l’organisme plaide à nouveau pour l’établissement d’un registre des loyers public, obligatoire et universel.

Pour le moment, « partout où des unités locatives sont mises sur le marché, l’historique de prix est connu du locateur, mais pas nécessairement du locataire », écrit Vivre en ville. « Cette asymétrie désavantage systématiquement les locataires au moment de la négociation de baux, ce qui a pour effet de tirer les prix vers le haut pour tous les consommateurs résidentiels. »

De bonnes relations

Le loyer mensuel moyen des personnes sondées est passé de 926 $ en 2023 à 1001 $ en 2024, puis à 1075 $ en 2025. Il s’agit d’une augmentation de près de 150 $ en deux ans. Malgré tout, 88 % des locataires affirment avoir de bonnes relations avec leur propriétaire.

« Je pense que c’est structurel, dans le sens où être dans une mauvaise relation avec son propriétaire, c’est très compliqué », croit Adam Mongrain. « En général, [les locataires] vont essayer le plus possible de garder les relations cordiales parce que [le propriétaire] est quelqu’un qui dispose d’énormément de pouvoir sur nous. »

On notera aussi la réaction des répondants au sondage face à une hausse de loyer qui dépasse la recommandation du TAL.

Ce sont 29 % d’entre eux qui affirment qu’ils accepteraient une telle hausse, « car [ils n’ont] pas de choix ». Au contraire, 40 % des sondés disent qu’ils n’accepteraient pas et resteraient dans leur logement, tandis que 13 % refuseraient et déménageraient.

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