NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Climat ∙
Environnement
Publié le 21/07/2026 07:23 Mis à jour le 21/07/2026 07:23
Temps de lecture : 5min
Les refuges climatiques à Barcelone sont indiqués par un symbole reconnaissable. (VILLE DE BARCELONE)
Les regards sont fortement tournés vers l'Espagne cet été, et pas seulement parce que ses footballeurs viennent d'être sacrés champions du monde. Sa politique en matière d'adaptation au changement climatique fait des envieux. Le réseau de "refuges climatiques" à l'espagnole notamment, pourrait bien arriver en France.
C'est un horizon des plus inquiétants. D'ici 2050, la France pourrait connaître cinq fois plus de vagues de chaleur, estime le Haut Conseil pour le Climat. Cet été, trois épisodes de canicule se sont succédé en trois mois et le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré. Dans son dernier rapport annuel, le HCC avertit que la France se trouve "face à ses responsabilités". L'une des questions qui se pose est de savoir comment protéger la population lors de ces épisodes de températures extrêmes amenés à se répéter.
"On pourrait avoir une ambition nationale que pendant les périodes de vagues caniculaires, il y ait, à moins de 10 minutes de tous les Français, un lieu climatisé qui permette de se protéger", propose pour sa part le Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan, Clément Beaune, dans son plan de lutte contre la canicule présenté le 10 juillet et intitulé "Pour une France du frais". Interrogé jeudi 16 juillet sur France Inter, Clément Beaune a précisé son idée : "On a regardé notamment ce qui se fait en Espagne, en particulier à Barcelone qui est une ville exemplaire à cet égard, où il y a des refuges climatiques. Ce sont des lieux publics ou privés qui proposent des haltes fraîches."
Refuge climatique : “On peut avoir une ambition nationale que, en période caniculaire, il y ait, à moins de 10mn de tout Français, un lieu climatisé pour se protéger”, propose Clément Beaune, haut-commissaire à la Stratégie et au Plan.
➡️ https://t.co/LRrN6NVLQl pic.twitter.com/c6MEINSIbx
En 2018, Barcelone a en effet adopté un plan climat qui prévoyait notamment que d'ici 2030, "100 % de la population soit située à moins de 5 minutes à pied d'un refuge climatique". À l'époque, le document appelait donc notamment à "identifier les espaces de refuge climatique existants et potentiels susceptibles d'offrir un confort thermique lors d'événements météorologiques extrêmes". En 2020, la ville a fini par mettre en ligne une carte interactive qui recense tous les "refuges climatiques" à disposition. Six ans plus tard, on recense plus de 500 abris. Parmi eux, on compte notamment une cinquantaine de bibliothèques, une soixantaine de parcs et jardins, une vingtaine de musées, mais également des complexes sportifs, des lieux de culte ou encore des pharmacies, des marchés, une université, des cours de récréation scolaires, des centres commerciaux...
En 2024, une nouvelle catégorie d'espaces a été introduite. Il s'agit de "micro-refuges" comme des magasins de vêtement ou des librairies. "Ce sont généralement de petits établissements de quartier qui peuvent offrir une ou deux chaises mais qui garantissent néanmoins un confort climatique pour aider la personne à récupérer des effets des températures extrêmes avant de poursuivre son chemin", explique Irma Ventayol Ceferino, directrice des services de l'Office du changement climatique et de la durabilité de la mairie de Barcelone. D'après les chiffres de la municipalité, à ce jour, 99,2% des citoyens de la ville disposent d'un refuge climatique à moins de dix minutes à pied, et 76,8 % à moins de cinq minutes.
Ces lieux ne sont toutefois pas choisis au hasard. Sur le site de la mairie de Barcelone, on peut lire qu'un refuge consiste en "un espace où l'on peut se protéger de la chaleur ou du froid tout en conservant sa fonction habituelle". Il peut s'agir d'espaces intérieurs comme des bibliothèques ou extérieurs tels que des parcs mais "ils doivent être facilement accessibles et, de préférence, comporter des chaises ou des bancs pour s'asseoir ainsi que de l'eau gratuite", précise la ville. Concrètement, concernant le confort thermique, les espaces intérieurs doivent maintenir une température de 26°C en été et 21°C en hiver, précise la ville et offrir un espace d'au moins 50 m².
Les refuges extérieurs, eux, doivent présenter une surface minimale de 0,5 ha. Ces lieux, à l'exception des piscines, sont gratuits et indiqués par un symbole reconnaissable. En revanche, la mairie précise bien que ces lieux "ne sont pas destinés aux personnes nécessitant des soins médicaux" et les appelle à se rendre dans un centre de santé compétent.
"Les espaces de refuge climatique qui ne remplissent pas ces conditions ne sont pas intégrés au réseau."
Irma Ventayol Ceferino, mairie de Barcelone
à franceinfo
"Pour les refuges non-municipaux, lorsque nous recevons une demande d'adhésion au réseau via notre site web, un questionnaire doit être rempli pour vérifier le respect de ces exigences. Par ailleurs, des visites en présentiel sont effectuées périodiquement dans ces espaces afin de vérifier qu'ils réunissent effectivement les conditions de qualité requises", détaille Irma Ventayol Ceferino. "Lors de ces visites, nous contrôlons l'aménagement de l'espace, le confort thermique, la présence du matériel de signalisation et de communication transmis, etc. Dans les espaces extérieurs, nous mesurons également la température et d'autres paramètres." Barcelone ne collecte pas régulièrement de données sur la fréquentation de ces lieux par ceux qui s'y rendent spécifiquement pour y trouver un confort thermique, en revanche, des enquêtes annuelles permettent d'établir qu'environ la moitié de la population (53,4%) connaît l'existence de ce réseau et que 22% l'ont utilisé à un moment donné.
Barcelone n'est pas la seule ville au monde à proposer des refuges climatiques. Rien qu'en Espagne, plusieurs villes s'y mettent. Le Réseau espagnol des villes pour le climat a notamment publié un guide de recommandations pour aider les municipalités à mettre en place leurs propres réseaux de refuges climatiques. L'office du tourisme du Portugal vient également d'annoncer la création d'un réseau similaire mais avec l'ambition de proposer un maillage national. Même si leurs caractéristiques peuvent diverger, on trouve également des refuges climatiques en Argentine, à Buenos Aires notamment, ou encore en Italie dans la ville de Bologne. En France, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) ou encore la région Ile-de-France proposent bel et bien leurs propres cartes d'abris climatiques sans que l'on ne puisse encore parler de "réseau". La carte de l'Ademe est une cartographie participative qui recense par exemple à ce jour 31 abris en région parisienne selon, notamment, qu'il s'agit d'espaces "très frais", "à fraîcheur modérée" ou "faible fraîcheur" et propose donc notamment les adresses d'églises ou encore de musées parisiens.
Dans un article publié dans la revue The conversation, des chercheurs estiment toutefois que ces refuges seront utiles "s'ils n'oublient pas de faire de la chaleur un objet politique". Ainsi écrivent-ils que "les refuges climatiques ne seront à la hauteur du problème qu'à condition d'être plus que des points frais sur une carte". D'après eux, ces refuges doivent notamment pouvoir également "proposer des services (eau, wifi, etc.) et être pensés, dès leur conception, comme des espaces d'hospitalité, ce qui suppose une animation et des personnels formés à ces nouveaux usages." C'est le sens des réflexions menées par la ville de Barcelone pour améliorer la qualité de son réseau. La ville rappelle notamment qu'en parallèle, elle travaille à augmenter les surfaces végétalisées, désimperméabiliser les sols, installer davantage de dispositifs d'ombrages artificiels ou encore des aires de jeux d'eau.
Sur le même thème
-
: Reportage
L'Espagne, double championne du monde de football, c'est "comme dans un rêve", savourent les supporters espagnols
-
"Ce n'est pas possible de soutenir l'Argentine" : des supporters des Bleus racontent pourquoi ils préfèrent une victoire de l'Espagne en finale de Coupe du monde
-
"Ni juste ni équitable" : l'Argentine a-t-elle été favorisée par l'arbitrage pendant la Coupe du monde ?
-
: Vrai ou faux
Surveillance de masse, analyses des messages, fin du chiffrement... On a vérifié six affirmations autour de la prolongation de "Chat Control" dans l'Union européenne
-
: Reportage
"L'Argentine ne meurt jamais" : d'Atlanta à Buenos Aires, la folle émotion des supporters de l'Albiceleste de Lionel Messi


3 day_ago
101


























.jpg)






French (CA)